Symptômes du lithiasis des artè
res coronaires.— Les malades chez lesquels on a trouvé, après la mort, le lithiasis des artères coronaires , et dont nous devons principalement les observations aux soins de Heberden (67), de Fothergil (68), de Parry (69), de Wall (70), de Percival (71), de Ring (72), de Black (73), de Sluis (74), de Kreysig (15), et autres (76), présentaient les symptômes de l'ANGINE DE POITRINE (77).
(64) Corvisart, 1. c., p. 215. (L'artère sous-clavière gauche était en même temps rétrécie.)
(62) Burns, 1. c., p. 188.
(63) Sénac, 1. c., p. 405.
(64) Kreysig, 1. €, p. 598. (D'après Pasta.)
(65) Corvisart, I. c.
(66) Cfr, c. xn, $ 7.
(67) Medical Transactions published by the college of physicians in Lond., 1778, t: 1, p. 59, ett. ur, p. 5. Commentarii de morborum historia et curatione. Edit. cura Sœmmering Fr. ad Viadr., 1804. L
(68) London medical Observ. and inquiries, t. V.
(69) An inquiry into the symptoms and causes of the Syncope anginosa commonly called angina pectoris illustrated by dissections. Bath ; 1799.
. (70) Arzneykundige Abhandl. von London, 3 B., p. 10:
(71) Auserl. Abhandi, f. pr: Aerzte, 10 B., p. 708.
(72) Medical and physical Journal of Edinburgh, 1807, n. 95.
(715) Mémoirs of the med, Sociely of Lond., 1. 1v, arts 20,
(74) Diss. de sternodynia syncopali.
Grœningæ, 1802.
= (75) In Horn’s Archiv. f. med. Erfahrung, 8 B., 4 Heft., n. à, et Op. ç., 2 tb., p. 512.
(76) Voyez plus bas, $ 4, n. 2.
(77) Du mot latin angere, Gotta déno+
MALADIES DU DIAPHRAGME
Voici quelle est la: marche dè cette maladie, que nous avons eu plusieurs fois occasion d'observer : le patient, qui , à part les incommodités de la goutte, jouissait encore peu de temps auparavant d’une bonne santé , est pris tout-à-coup, en marchant, ou lorsqu'il monte un escalier, et surtout après avoir bu avec excès , où après un repas copieux , d'un sentiment de resserrement sous le sternum , qui lui fait craindre la suffocation et le contraint de s’arrèter et de tourner le dos au vent. Cet état se dissipe au bout de quelques instants par le repos, en laissant une certaine faiblesse et l’impression de la mort imminente. Cependant la santé se rétablit entièrement, sous l'influence d’un régime convenable, jusqu’à ce que , après un temps plus ou moins long , un mois, un an, par exem-.
ple, et par l'effet des mêmes circonstances qui avaient provoqué le premier paroxysme , il survienne , et cela d'autant plus facilement que la colère viendra s'ajouter aux causes prédisposantes (78), un second accès , presque toujours plus long , plus fort, et accompagné de douleurs sous le sternum (79), où se faisait sentir d’abord une chaleur brûlante (80).
Après deux ou trois paroxysmes, les suivants deviennent de plus en plus fréquents , intenses , longs, ne cèdent plus äu repos, et se développent par la
mination n’a donc rien de commun avec celle d’angine, par laquelle on désigne communément l’inflammation dela gorge.
Les Allemands sont tombés dans l'erreur sous ce rapport, en donnant à l’angine de poitrine, qu’ils eussent dû appêéler Herzklemme ou Herzbeklemmung, le nom tout-à-fait inconvenant de Brustbraune. Les Russes ont adopté une dénomination analogue. Synon. Cardiogmus cordis siuistri (de Sauvages), asthme convulsif (d’Elsner), diaphragmatic:
gout (de Butter), asthme arthritique (de Schmidt), syncope angineuse (de Parry), asthme douloureux (de Darwin), asthme spasmodico-arthritique inconstant (de Stæller), sternalgie (de Baumés), $tenocardie (de Brera).
(78) Un malade dont j'ai écrit l'observation (Pamietnikow Towarzystwa Imperatorskiego Lekarskiego Wilenskiego, t. nu. Wilno, 1821, p. 65) eut un second accès pendant qu’il se mettait en colère contre son domestique, 1
(79) Tantôt à la partie moyenne, tantôt sur les côtés. (Butter, 1. €.)
(80) Butter. Je ne l'ai jamais observé.
DU PÉRICARDE, DU COEUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES. 453
moindre cause, par exemple , en chas-
sant, en allant à cheval, en voiture , en marchant dans sa chambre , En changeant de position, en toussant, en mangeant , en buvant, en allant à la selle ou en urinant (81), en parlant , en s'excitant à la colère, en dormant. L'invasion de l’accès est quelquefois précédée d'une inquiétude générale difficile à décrire , de pandiculations , d’obscurcissement de la vue et de vertiges; ou bien elle a lieu brusquement ; et dans les deux cas, on observe les symptômes suivants :
couleur livide de la face et des bras, qui se recouvrent en même temps de sueur; pouls ordinairement peu fréquent (82), irrégulier (83), tantôt petit (84), temblant, tantôt vibrant, semblable à celui des mourants (85), quelquelois normal (86); palpitations de cœur, tantôt fortes (87), tantôt à peine perceptibles ; vibration des carotides avec gonflement du cou, comme chez une femme en
Rens
(81) C’est ce que j'ai vu chez deux malades.
(82) Environ dix pulsations de plus par minute, que hors le temps du paroxysme. Jurine, 1. c., p. 60, 61.
(85) Fothergill, 1. c. —Schmidt (1. c., bp: 8): « Pulsus valde turbatus, sæpe cont'actus, parvus atque inæqualis, nec raro intermittens tangitur, et æger palpitationibus cordis angitur, »
(84) Wall, L. c.
(85) Je l’ai observé tel sur trois malades.
(86) Heberden, I. c. Je soupconne avec Parry (1. c., p.58) que le célèbre médecin de Londres n’a pas eu l’occasion d'examiner le pouls pendant le paroxysme même, occasion qui ne se présente guère qu'aux médecins des petites villes, que l'on peut appeler sur-le-champ au-
près d’un malade, au moment de l'accès.
(87) Butter, 1. c. Je ne comprends certes point comment Kreysig a pu écrire (l. c., p. 519) : « Niemals Ierzklopfen. » Sénac avait déjà dit (1. c.) :
« Un récollet était sujet à des palpitations. Les artères coronaires ossifiées formaient des rameaux semblables à des branches de corail. » Que si Parry (1. c., p. 68) ne compte point les palpitations de cœur parmi les symptômes de l’angine de poitrine, ne serait-ce point en vertu de l'hypothèse qui fait dépendre cette maladie de la syncope, et parce que dans la syncope, d’après Cullen, les mouvements du cœur sont ralentis, ou même quelquefois suspendus ?
travail; respiration quelquefois libre (88), dans d’autres cas, fréquente (89), difficile (90), étouffée (91) ; douleur obtuse d'abord, ensuite lancinante , à la partie inférieure du sternum , ou à la région épigastrique, d’où elle remonte, par la mamelle gauche (rarement par la droile (92) ), vers le bras du même côté (principalement au point d'insertion du muscle biceps (93)}, qu'elle suit quel-
(88) Heberden, Kreysig et Parry, qui dit (1. c., p. 62): « The two patients mentioned to me by Dr, Falconer, as well as the greater number of those whom 1 have attended, were so fur from being affected with any difliculty of inspiration (or of expiration as mentioned by Dr.
Butter), that they frequently made deep inspirations, and retained their breath, not with reluctance, buth with much pleasure, »
(89) Trente-huit fois dans une minute, Jurine, 1. c., p.61,
(90) Pour me servir de l'expression d’un de mes malades : « Comme si la respiration s’exécutait à l’aide d’un soufflet de forgeron. » Le docteur Wall dit aussi:
« À violent dyspnæa, or rather a sense of suffocation. » Et Parry lui-même :
« That some exemples of angina pectoris may be accompainied with dyspnœæa, I do not deny.» Ce qui prouve en outre que la dyspnée accompagne quelquefois l’angine de poitrine, c’est le volume énorme des muscles respiratoires que j'ai rencontré sur le cadavre d’un individu très-maigre, qui avait succombé à cette affection. (Pamietnikow, 1. €.)
(91) Home (Life of Hunter, p. 51) parait désigner cette modification, quand il dit : « Feel of oppression in breathing, although the action of breathing was attended with no real difficulty. » Il eu est de même de Cullen (Synopsis nosologiæ methodicæ, t. n, p. 225) : « Spirandi difficultas perpetua sine angustia (?) et potius cum repletionis et infarctus in pectore sensu, »
(92) Je ne saurais me ranger à l’opinion de Wall (1. c., p. 15), quand il dit :
« That in most, if not all the persons whom he had attended în this disease, the pain under the sternum constanily extended itself on each si de across the breast in the direction of the pectoral muscle, and affected one, or commonly both arms in the place where the muscle is inserted into the os Slerni, »
(95) Quelquefois, ainsi que l'observe Ieberden, 1. c., t. 111, p. 5: « À pretty full pain in the left arm a little above the elbow, which perhaps in half a minute
quefois jusqu'au coude, à l’avant-bras, à la paume de main et jusqu’à l'extrémité des doigts; dans d’autres circonstances, elle gagne les épaules, les jambes (94), une oreille ou les deux, à travers les parties latérales du cou ; décubitus exclusivement possible sur la partie antérieure du corps, le tronc étant fléchi et les mains appliquées sur la région épigastrique ou sur le dos , le corps étant étendu ; ou bien tout-àa-fait impossible :
en sorte que le malade est forcé de rester constamment assis ou debout, comme une statue ; déglutition abolie , avec un sentiment de contraction et de suffocation à l'œsophage , et défaillances. Le paroxysme ne dure quelquefois que quelques instants, mais très-souvent il se prolonge depuis une demi-heure jusqu'à une heure, et même, dans cerlains cas, pendant plusieurs jours (95). Il se termine ordinairement par une explosion de vents et par une toux suivie de crachats muqueux, laissant, après sa disparition , une sensation douloureuse vers la région du cœur, un pouls irrégulier (96), quoique normal quant à la fréquence , des fourmillements dans les doigts, de la faiblesse, des impétigo (97) , jusqu'à ce qu’enfin, au bout d'un cerlain nombre d'années, arrive, au milieu des plus vives angoisses, le terme depuis long-temps désiré.
$ IIT. Causes.