Symptômes de l’'anevrisme interne
— Les anévrismes internes doivent ordinairement leur origine à quelque affection générale des artères. Les malades se plaignent souvent de pulsations artérielles vagues qui parcourent le cou etles membres. Si la maladie a son siége sur l'aorte, on observe dans Ja plupart des cas (78): des vertiges , une irritabilité de caractère inaccoutumée, des insomnies prolongées (79), l’émaciation (80), l'impossibilité de se baisser en avant sans éprouver des étourdissements, des chaleurs nocturnes, le froid des extrémités, des pandiculations, des sueurs même dans l’état de repos, la fatigue prompte (81), une rétraction subite des parties postérieures de la tête (82), la lividité des lèvres, l’état variqueux des veines de la face, le trouble fréquent des yeux, la vue colorée (83), l’ouie dure (84), des tintements de l’une ou de l’autre oreille, et surtout de la gauche; des éternuments (85), des bâillements, la tension et les battements violents des arlères temporales (86), la vibration des carotides, le gonflement du cou, comme chez une femme en travail, des douleurs lancinantes à son côté gauche, des tumeurs scrofuleuses (87), une tumeur pulsatile occupant l’espace triangulaire qui surmonte le sternum (85) et s’éten-
(78) La description suivante de la maladie est le résultat de cent trent-sept observations qui me sont propres, et d'un nombre à peu près égal d’étrangères.
(79) L’agrypnie était très-inquiétante chez un homme de trente-deux ans (Zunowski).
(80) Dans un cas d’anévrisme de l’aorte descendante, j'ai vu le malade desséché comme s’il eût été atteint de phthisie pulmonaire.
(81) Burns, 1. c., p. 283.
(82) Ce symptôme avait lieu chez un homme de trente-ciuq ans (Korolko).
(85) Ce même Korolko voyait souvent les objets verts ou jaunes.
(84) Hodgson, I. c., p. 165, obs. 25.
(L’anévrisme avait son siége près de l’origine du tronc innominé.)
(83) Kreysig, op. c., 21h., p. 505.
(86) Ces symptômes étaient très-marqués chez Korolko. Cfr. Morgagni, ep.
vu, art, 17.—Burns, 1. c., p. 277.
(87) P. n1, t, vi, c. vi, $ 24, n. 1. (Edit.
de Leypsick.)
(88) « Die Geschwulst erscheint zucrst an dem Grunde des Halses und steiet
dent jusqu'aux clavicules, la constriction de ia gorge, la raucité de la voix, l'aphonie (89), l’ardeur de l’œsophage, la dysphagie (90), des rots bruyants (91), le hoquet , des pesanteurs d'estomac après les repas (92), des vomissements, des douleurs à la poitrine, aux clavicules, aux épaules, au dos, suivant la direction du diaphragme (93); aux lombes et aux extrémités, principalement aux supérieures (94); des battements tantôt obscurs, profonds, perceplibles seulement pour le malade , tantôt sensibles au toucher, à la vue et à l’ouie (95) (par le soulèvement du sternum el des côtes, et par la destruction de ces parties, ainsi que des vertèbres (96) ), mais très-apparents surtout dans les régions épigastrique (97 }, ombilicale, iliaque gauche, dorsale (98).
nach und nach hoher. » Hodgson, 1. ç., p: 192...
(89) Un jeune homme de Vilna (Starynski), qui avait conservé toute sa présence d'esprit, se voyant sur le point de
suffoquer, et ne pouvant proférer aucune,
parole, essayait de faire entendre qu'il voulait être saigné, par un signe de la main droite sur le bras gauche.
(90) Cfr. P. in, chap. de la dysphagie.
(91) On lira avec intérêt, sur ce sujet, Morgagni, ep. xvu, 16; ep. xvir, 17; ep. xxvI, 11.
(92) Symptôme très-commun.
(95) Simmons, in Medical communications, Î. 1.
(94) Michelotti a également observé
les douleurs des bras et des mains chez:
un moine, sur le cadavre duquel on a trouvé, au-dessus de la crosse de l'aorte, un anévrisme de la grosseur du poing.
La surface interne de la tumeur présentait en même temps des écailles osseuses.
(93) Ces pulsations se font sentir quelquefois dans le côté droit de la poitrine, de sorte qu’on pourrait croire alors à une transposition du cœur. (Rostan, dans le Nouveau Journal de médecine, chirurgie et pharmacie, 1818, mai, vol. nu, p. 29.)
(96) Voyez plus loin, le $ 3, n. 2.
(97) Concanen, in Med. comm. V.
Edinburg, 2 dec., 5 B., p. 98. J'ai senti dans l’épigasire, à la clinique de Vilna, les battements du cœur déprimé par un avévrisme de l’aorte.
(98) Vésale rapporte qu'il fut appelé, en 1557, auprès d’un homme de distinc-
‘tion, Léonard Velser, qui, à la suite d’une
violente secousse déterminée par les