Distinction d'avec la dilatation du cœur
Dilatalion du cœur.
a. Batiements du cœur lui-même.
b. L’étendue des battements correspond à celle du cœur.
c. Les sens sont à peine affectés , si ce n’est quand il y a imminence de syncope.
Anévrisme de l'aorte.
a. Battements dans la poitrine.
b. Les battements correspondent ra-
dans lesquels ces tumeurs remontaient si haut sur le cou, qu’elles laissaient un intervalle considérable entre elles et le slernum.
rement au siége et à l'étendue du cœur.
c. Les fonctions cérébrales , la vue, l'ouie, sont souvent troublés dès le début de la maladie. Du reste ces deux maladies viennent se compliquer mutuellement (14).
7. Distinction d'avec les varices de la jugulaire. — Les varices de la fin de la veine jugulaire interne se présentent sous l’aspect de tumeurs situées sous le sternum, non pulsatives, mais tremblantes. La compression les fait entièrement disparaître, phénomène qui ne saurait avoir lieu dans un anévrisme de l'aorte, avancé au point de franchir les limites du thorax. Enfin ces varices s’accompagnent presque toujours d’un état pathologique de la veine jugulaire tout entière (15).
8. Distinction d'avec d'autres tumeurs. — Des tumeurs quelconques, développées sur le sternum et les clavicules, peuvent être soulevées par les artères sous-jacentes, de manière à simuler des batlements qui leur seraient propres (16). Ces sortes de tumeurs peuvent aus- Si, en comprimant les artères situées au-dessous d'elles, produire la dyspnée, Ja dysphagie et l’irrégularité du pouls (17). Mais il est essentiel de rèemarquer que, dans le cas dont il s’agit ici, la tumeur ne fait que s'élever et s’abaisser alternativement pendant la systole et la diastole de l'artère, et qu’elle n’augmente ni ne diminue de volume et de tension, comme cela a lieu pour l’anévrisme. De plus, quand on écarte avec la main une tumeur de ce genre, elle cesse de présenter des battements, tandis qu'une semblable manœuvre n'apporte aucun changement à l'anévrisme.
9. Distinction d'avec la phthisie tracheale. — Bien qu’il nous soit arrivé autrefois de confondre l'anévrisme de l’aorte avec la phthisie trachéale (18), et
(14) Burns, I. c., p. 284. — Kreysig, 1. c., 2 th., p. 497.
(15) Burns, 1. c., p. 297.
(16) Une glande située au-dessus d’une
. artère peut même rendre plus forts les
battements de celle-ci. Burns, 1. c., p.
(17) Burns, 1. c., p. 294.
(18) Dans le mois de mai 1820, on vint en toute hâte m'appeler en consultation auprès de M. R..... Je trouvai le malade, qui m'était inconnu auparavant, sur le point de suffoquer. Il était dans un état de vive anxiété; la face et les extrémités présentaient une teinte livide; il y avait
que d'autres médecins Soient tombés
toux glapissanté, Comime dans le croup, ‘avec crachats peu abondants, putriformes, et mêlés de beaucoup de salive; respiration sifflante ; pouls régulier, petit, serré, égal aux deux bras. Le malade; atteint d’aphonie, portait continuellement, la main au bas de la trachée. Du reste, il n'indiquait aucun endroit douloureux.
La déglutition étaittout-à-fait impossible.
Le patient pouvait se coucher sur toutes les parties du corps, quoiqu'il préférât garder une position un peu élevée. Les battements du cœur n’offraient rien d’insolite, mais il ÿ avait à un très-liäut degré vibration des carotides, et oscillation des jugulaires. Le médecin ôrdinäire me raconta que le malade s'était adonné dès sa jéunesse à l’abus des plaisirs et de la boisson, qu'il avait été plusieurs.
fois atteint de syphilis, dont il ne s'était jamais parfaitément guéri; que les de- Voirs de sa charge l’obligeant à mener habituellement une vie sédentaire, il passait de cet état de repos trop longtemps prolongé à l'exercice excessif de la chasse, lorsque ses fonctions le laiïssaient libre; qu'un Certain jour de janvier 1820, après s'être échaulfé plus que de coutume äâvec des liqueurs, il partit pour la chasse, d’où étant revenu trèsfatigué, il commença dès lors à tousser, à avoir la voix rauque, à ressentir de la ‘douleür à la partie supériéure du sterrum, et de la dyspnée, surtout quand il montait un escalier; enfin que tous ces symptômes ayant été négligés, et le malade étant resté plusieurs mois sans employer aucun traitement, l'affection avait fait peu à peu des progrès, jusqu'à la veille du jour actuel, où elle avait pris le caractère de gravité que j'ai dépeint plus haut. Je crüs que le malade avait contracté une phthisie trachéale, à laquelle le croup était Venu se’surajouter en dernier lieu. La saïgnée, les sangsues, le calomel et la digitale améliorèrent son état; mais, quinze jours äprès, j appris qu'il avait eu un nouveau paroxysme, lequel ayant été dissipé comine le premier fut bientôt suivi d’un troisième qui vint enfin méüttre Un terme aux souffrances du malade, au milieu dés symptômes les plus alarmants, tels que : angoisses extrêmes, Lête portée en arrière, cou allongé, ÿeux brillants et Sortant des orbites, bras violemment étendus sur la partie antérieure du corps, poings serrés, bouche béante. L’autopsie montra un anévrisme faux de la crosse de l'aorte.
Le sac anévrismal , du volume d’un œuf de poule, adhérait à larparoi antérieure
MALADIES DU DIAPHRAGME
dans l'erreur contraire (19), nous crôyons !
néanmoins qu’il est presque toujours pos-" sible d'éviter cette confusion, pourvu que le diagnostic me soit point établi d’après les seuls symptômes de la maladie aVancte (20), mois en même témps ét surtout d’après ceux de son début et de sa marche (*). k: