CHAPITRE VII. =— DES MALADIES DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
$ Ier. Vices de conformation. Inflammation en general.
1. Vices de conformation. — On a trouvé le conduit auditif externe aplati ("), court et droit (33), double (34), bouché (**) tantôt par une membrane (35),
(23) Desmonceana, op. c., p. 363.
(*) Curtis, op. c., vers.. p. 21.
(24) P. 1, vol. 11, $ 88. (Édit. de Leyps.)
(25) Ibid.
(26) Ibid., $ 26, 5.
(27) Conrad, Handbuch der pathologischen Anatomie, p. 494. (Destruction par la suppuration.)
(28) -A la suite de la rougeole. V. P. r, vol. 1, S 58,:n. 5, du Décubitus (Saissy, 1. c., p. 28).
(29) Rien de plus fréquent qu’une semblable rougeur des oreilles, lorsque les hémorrhoïdes se portent à la tête.
(30) On trouvera l'explication de ce phénomène, P. u, vol..1, sect. 1, de cet ouvrage.
(31) Voy. sur la chute des oreilles par suite dela lèpre : Hensler, Vom abendland. Aussatze im Mittelalter, p. 153.
(32) Fischer, Abhandl. v. Krebse de Ohrs. Lüneb., 18053.
(*) Boyer, Traité des maladies chirurgicales.
(35) Haas, L. c.
(54) Hohler, Beschreib. d. physiolog.
n. patholog. Praparate d. Loder’schen Sammil. Jena, 1795, p. 148, n. 585%.
(*) Voy. le Dict. des sc. méd., art.
Imperforation. #1 l (55) Paulus Æginèta; 1. vi, C. XxHI.
— Lentilius,, Misçellanea mediço practs
DES YEUX, DES OREILLES ET DES NARINÉS. 5
tantôt par une masse ‘cornée (36), tantôt parle tragus excessivement développé (").
2. Inflammation. — Le conduit auditif externe est très-souvent affecté de flegmasie, soit aiguë, soit chronique, de nature traumatique, catarrhale, métastatique, sympathique, arthritique, scrofuleuse, vénérienne, compliquée avec tous les résultats de ces inflammations.
$ II. Différentes espèces d'inflammations.
1.1nflammation traumatique.—L'inflammation traumatique du conduit auditif externe doit principalement son origine à des corps étrangers qui ont été introduits (37), ou qui se sont glissés dans l’intérieur de cette cavité naturelle (38); tels sont : un pois (39), un noyau de cerise (40), un petit coquillage (41), une petite pierre (42), une boule de verre (43), un petit os (44), un grumeau de sang (45), une aiguille (46), un fragment de bois (47), du coton (48), un ver
Ulm, 1698, p. 226.—Trew, in Commerc.
liter. phys. med. — Lachmund, 1. c.— A. Wedel, 1. c., $ 4. — Henkel, Neue med. chir. Anmerk. Berl.,1769.Samml.1, Cfr. Misc. nat. cur., dec. 11; an. 7, 8, p. 158. |
= (36) Bartholinus, Ilist. anat. rar., cent. vi, t. 111, p. 259.
(*) Saissy, 1. e., p. 28.
(37) Ostalgia ab intrusis Sauvagesii morb., class. vir, xv, 4. |
(58) Bell's, Lehrb. d. Wundarzneyk., 4B., p. 100. V. le Dict. des scienc, méd., art. Corps étrangers.
(59) Valentin, in Misc, nat. cur., dec. 11, ann. 2, obs. 464.
(40) Marcellus Donatus, Med.
mirab., 1. 1i, €. xu.
(41) Foresti, Obs. et cur. med., 1. x1r,
(42) Gilibert, Advers., med. pract., p.
(45) Fabr. Hildanus, cent. 1, obs. 4.
(44) Hagendorn, cent. 1, obs. 64.
(45) Schmucher, Vermischte chir.
Schrift., 5 B., p. 284.
(46) La Motte, Chir. observ.; obs. 555.
—Hufeland’s Journ., 19 B., 2 st., p. 183.
(47) The Edinb. med. and surg. journ:
1815, jan.
(48) Les personnes qui voyagent dans es pays septentrionaux garnissent souvent leurs oreilles, pour les garantir du froid, avec du coton, qui, venant à s’introduire de plus en plus dans Je conduit
hist.
(49), une puce (50), un grillon (51), une fourmi (52), une araignée (53), une mou-
che (54), une sangsue (55), un acarus
equinus (6). L'action de tirer les oreilles, les coups et les autres contusions (qui donnent souvent lieu à une extravasation de sang), le cérum ou trop abondant, ou endurci (57), et les médicaments âcres introduits dans l'oreille ("), produisent également cette affection.
Ces diverses causes développent, suivant les cas, une douleur de différente nature
auditif, quand on oublie de le retirer, donne lieu à des otalgies, à des otites, ainsi que je l’ai observé plusieurs fois.
(49) Schulz, Misc. nat. cur., dec. r, an. 2, obs. 24.— Volkamer, ibid., an 5, obs. 265. — Menzel, ibid., dec. 11, an 9, obs. 57.—Nathorst, in Acrell’s Chir. Vorfalle, ubersetzt v. Murray,1 B., p. 221.— Camerarius, Diss. de verme auribus excusso. Tub., 4421.
(59) Celsus, I. vr, ©. vu.
(51) Crossel, ibid., an. 4, obs. 145.
(52) Clauder, ibid., an. 4, obs. 145.
(53) Stalpartus van der Wiel, Obs.
chir., cent. n, obs. 11.
(54) Klaunig, Eph. nat. cur., cent. viri, obs. 11,
(55) Bartholinus, Hist. anat. rar., cent. 1V, hist. 74, t. 11, p. 385.
(56) Pelargus, Med. Jahrgange, 1. vr, p. 280. —J. P. Frank, Oratio de signis ex part. posit. in delect. opusc., 1. vi, p. 18. Cfr. Schenk, Obs. mëd., 1, r, obs.
552, p. 510. — Solingen, Manuale der Chirurg. Amst., 1684, P. 1, c. 1, p. 152.
—Moinichen, Obs. med. chir., edit. Lanzoni. Dresd., 1691, obs. 16, p. 59.—Fabricius Hildanus, 1. c., cent. 1, obs. 6; cent. 117, obs. 4. Act. erud. Lips., 1715, p. 410. Journ. de med., t. xx, p. 150; t. xxxHII, p. 21; t. ExVI, p. 597. — Boneti, Medic. septentr., vol. r, p. 218; vol. 11, p. 429. — Manget, Bibl. med.
pract., p. 255. -
(57) « Scilicet cerumine multo collecto, si quis multum in pulvere versetur, is illapsus cum eo commiscetur, et coit in massam plus vel minus tenacem ; unde bhæc auditusdiffcilis causa sæpius in rustica p'ebe invenitur, quæ in horreis triturando, et frumentum eventilando multum occupatur : ut et in aurigis, atque ovium pastoribus, qui sicca, et calida æstate pulvere continuo circumdati sunt.»
Schulze, 1. c., $ 7. Le conduit auditif est souvent bouché aussi par du cérumen endurci, chez les nouveau-nés, (Curtis, 1. Ce» P: 81.)
(") Saissy, 1. c., p. 45.
qui se propage des oreilles aux parties adjacentes, quelquefois la fièvre et la dureté de l’ouié. On a lieu de soupconner l'existence d'un corps étranger ou d’une masse de cérumen endurci dans le conduit auditif, si la maladie, en même temps qu’elle n’affecte qu'une seule oreille, est survenue brusquement, ou du moins si elle s'accroît de jour en jour davantage, et si elle s'accompagne de sifflement, principalement pendant la mas tication, ainsi que de bourdonnements qui semblent produits par des coups de marteau, si surtout le malade est un enfant, s’il s'est senti indisposé après être resté couché sur l’herbe exposé au grand air; Au reste le diagnostic s'établit d’après l'examen de l’organe que l’on ne doit jamais négliger dans les maladies desoreilles (58). Afin de procéder à cet examen suivant les règles dé l’art, on doit fairé asseoir le malade dans un lieu bien éclairé, de telle sorté que les rayons solaires, si cela est possible, tombent dans le méat auditif. Un aïde soutiendra sa tête inclinée en avant. Alors le médecin écarte les bords de l’orifice du conduit,
soit avec une pince, soit à l’aide de l’in-:
strument appelé speculum auris. — Il ne faut pas, dès qu’on aperçoit un ver, une larve, un insecte, leur ‘attribuer aussitôt la cause de la maladie, car il arrive très-souvent qué des insectes déposent leurs œufs dans une oreille déjà malade. On doit avoir garde aussi de prendre pour un corps étranger un tophus ou une exostose du conduit audi:
tif (‘). Dès qu’on a reconnu l’existencé
(58) Il s’est présenté à moi déjà plu sieurs malades que d’autres médecins avaient traités sans succès, pendant des mois, à l’aide de sangsues, de vésica= toires, de moyens anti-rhumatismaux#
et chez lesquels, après un éxamen atten=
tif de l'oreille, j'ai fini par découvrir la cause du mal, soit dans du cérumen endurei, soit dans du coton caché dans lé fond du conduit ; la guérison a été dèslors facile. Déjà Celse avait dit (div. vi, c, var) : « Ubi gravius aliquis audire cœ= pit, imprimis aurem ipsam considerare oportlet, »
(*), Au rapport de J.-P. Frank; un chi rurgien imprudent commit cette erreur; et ilen résulta une irritation si violente; que le malade périt dans les convulsions.
On peut lire les controverses de Wright et Ford, sur l'extraction d’un corps étranger du conduit auditif, dans le The Lond.
med, repos, 1815,
d’un corps étranger quelconque, il faut, après avoir inslillé dans l'oreille quelques gouttes d'huile, procéder à son extraction (59) le plus délicatement possible, et én ayant soin de’ne pas l’enfoncér plus avant, car son séjour prolongé pourrait nuire non-seulement à l’ouie mais encore aux aulres fonctions (60).
D'il était impossible de le saisir avec des pinces, et qu’il fût trop mou, on devrait, à l’aide de ciseaux , le diviser en plusieurs fragments , ou il faudrait mêmé l'extraire par la section d’une partie du conduit auditif (61). On fait périr les insectes en instillant de l'huile dans l’intérieur de l’oreille, ou bien on peut procurer leur issue à laide d’un peu d'eau, de miel, ou de coton (62). Il serait à propos ici d'essayer la vertu de l’assa-fœtida (63) et du mercure. On ramollit et on extrait le cérumen endurci de la manière qui sera indiquée plus bas. Dans lé cas où la Cause du mal ne pourrait être promptement enlevée sans exciter une grande irritation , Ou si son éxtraction avait augmenté l’état inflammatoire de la partie, il serait nécessaire de recourir aux sangsues et aux eccoprotiques. Dans tous les cas le conduit auditif doit être préservé des vicissitudes de l'air par un linge pendant sur le pavillon.