Division. — I] suffit (31) d'établir
à Vienne, il lui parut que lorsqu'un élève était exercé à la parole, il devenait.
dès-lors moins exposé aux affections du *
poumon. (Castberg, Bemerk, üb. die Krankb, d. Taubstumm. Y. Leipz. Lit, Zeit., 1816, n. 298, Intelligenzbl.) £
(23) Aëtius dit : « L'exercice de la.
voix convient parfaitement à ceux qui souffrent de l’estomac et à ceux qui ont des éructations acides; » et Baglivi : « Si ceux qui ont la goutte ne peuvent être exercés autrement, qu'ils exercent leur.
voix, Soit en lisant à haute voix, en causant avec leurs amis ou en chantant. En effet, une lecture assidue et le chant sont rangés par Plutarque parmi les exercices.» (L. 7, €. 1x, t. 1, p. 160.)
(24) Les gens gais nous apprennent combien de plaisir on trouve dans la pa:
role. Que les orateurs, les avocats, les professeurs, et autres personnes babituées à parler en public, nous disent s'ils ne Janguissent pas lorsque, libres de leurs fonctions, ils n’y suppléent pas par un exercice d'un autre genre. Je connais plusieurs orateurs qui lorsqu'ils quittent leurs travaux, ne peuvent vivre qu’en lisant chaque jour une heure ou deux à haute voix.
(25) Chap. n, Ç1,n. 7.
(26) Diss. loquelæ symptomata. Argent., 1652.
(27) Traité de la mauvaise articulation de la parole, 1697.
(28) Diss. de eloquio ejusque vitiis.
Erlang., 1799,
(29) De l'éducation physique de l’homme. Paris, 1815,
(30) L.-N. Sheridan et R.-I. Loebel, Ub. d. Deklamation. Leipz., 1743.—Chironomia or treatise on rhetorical delivery, comprehend, many precepts, both ancient and modern, for the propre regulat of the voice. Lond., 18.
(51) Sauvages (1. c.) a établi huit espèces de mogilalie, et Swediaur (1: c.) a conservé le même nombre de divi-
DU LARYNX, DE LA TRACHÉE-ARTÈRE ET DU CORPS THYROÏDE
trois espèces de bégaiement : mogilalia ischnophonia, mogilalia traulismus , mogilalia psellismus.
4. Mogilalia ischnophonia. — On appelle mogilalia ischnophonia (32)un vice de la parole, dans lequel les mots et les
syllabes initiales en quelque sorte jusque .
Jà retenus, ne sont enfin prononcés qu’a-
près des efforts répétés et se succédant rapidement. Bergen (33) et Voisin (34) ont donné un traité spécial sur ce vice de la parole. La plus grande hésitation se manifeste dans la prononciation des lettres gutturales , tels que K, G, et les bègues, pour pouvoir prononcer ces lettres, agitent le visage, la tête, le cou, indiquant de diverses manières le désir qu’ils ont de parler, font des contorsions comme s'ils allaient suffoquer, jusqu’à ce qu'enfin ils parviennent, à leur grande satisfaction , indiquée par un soupir, à prononcer le mot tant désiré (35). « Dans la prononciation de ces lettres, on voit l’air faire explosion et passer dans la bouche après avoir été quelque temps retenu par le voile du palais, la luette et la base de la langue (36). » Le bégaiement augmente d'habitude (37) après le
sions. J'ai négligé cinq de ces divisions, parce qu’elles se rattachent à la paraphonie : psellismus gutturalis, nasalis, etc. Si en effet la voix est gutturale ou nasale, les lettres que l’on appelle gutturales et nasales doivent aussi être prononcées d’une manière vicieuse.
(32) Du grec 19yvw, je réprime, von, voix ; latin, hæsitatio, liñguæ hæsitantia, battarismus, balbuties; français, bégaiement; allemand, Stottern, Stammeln ; italien, tartagliare, balbettare; polonais, iakanie, iakliwos’c, zainkliwos’c.
(53) Diss. de balbutientibus. Francf.,
(34) Du bégaiement, ses causes, ses différents degrés, influence des passions, des sexes, des âges, etc., sur ce vice de prononciation; moyens thérapeutiques, etc. Paris, 1821.
(55) Il est mal sans doute de rire des malheureux, et cependant il est quelquefois impossible de garder son sérieux devant les bègues. La scène italienne possédait de montemps un acteur qui faisoit les rôles de bègues (il tartaglia) dans des comédies avec masques (le maschere).
(36) Sauvages, L!. c.
(57) Mercurialis, |. c., p. 254. « Aïnsi, un pays froid peut empècher les peuples de bien parler, et par la même raison, il arrive que, dans certains lieux et d’une
sommeil, par un changement de température ou un temps froid (38). Nous n’avons point remarqué que les hommes y fussent plus sujets que les femmes (39).
Les causes du bégaiement sont : la mauvaise éducation, les mauvaises habitudes, les chocs supportés par le cerveau (40), les affections cérébrales survenues dans l'enfance , l’apoplexie , l'ivresse (41), la crainte et la colère (42) , les pensées sérieuses, les veilles excessives, les désirs vénériens (43), et l'approche de la menstruation (44). Il y a des hommes, enfin, dont la voix n’hésite que lorsqu'ils parlent une langue étrangère (45), ou devant témoins, ou négligemment (46). La cause
manière en quelque sorte héréditaire, le langage des hommes soit vicié. » Aristote dit la même chose, 11 problematum sectio et 2, De part. anim. 17.
(38) Voisin, I. c.
(39) Idem.
(40) On trouve un exemple de bégaiement après une chute sur la tête, dans Eph. nat. cur., dec. 1, an. 11, obs. 120. J’ajouterai le fait suivant, qui m'est propre.
Un moine de Vilna, de l’ordre de Saint- François, homme d’un âge mûr, dans l’année 1814, en sautant sur une table, heurta avec violence de la tête contre une clé de poutre. Cette blessure fut guérie, et-il ne resta qu'un petit enfoncement dans la suture coronale et une céphalalgie tenace. En 1816, la céphalalgie augmenta, et la voix du malade commença à hésiter plus souvent. En parlant, le malade arrive inopinément à un mot qu’il ne peut prononcer, malgré tousses efforts, à moins qu'il ne change la phrase commencée.
(41) Aristote, sect. 111, Problematum.
Galien, vi, aphor. 32, et l'expérience de tous les jours.
(42) Mercurialis, 1. c. « On rencontre beaucoup d'hommes qui, pendant la colère, non-seulement balbutient, mais encore sont obligés de demeurer muets. »
(45) Mercurialis, I. c.
(44) Une femme de Vilna, Z.-A., hésite en parlant, à l'approche de ses règles.
(45) Un professeur polonais parie facilement sa langue, mais dès qu'il veut parler le français, qu'il connaît très bien, il balbutie aussitôt,
(46) Une femme également célèbre par sa noblesse et sa beauté, mais bègue, m'avait manifesté le désir de remplir le premier rôle dans une tragédie que la société de l’art théâtral devait donner au profit de la société de bienfaisance de Vilna. Me rappelant sun vice de parole, j'hésitai moi-même en lui répondant.
prochaine du bégaiément vient surtout de l'obstacle à l’action du cerveau sur les netfs des instruments de la voix (47).
Toutefois on né peut point exclure les vices mécaniques de ces instruments et surtout de l'os hyoïde (48). Le bégate ment diiinue avec les progrès de l’âge et quelquefois cesse entièrement. Mais en général, sice vice dé la parole est encien, ildemeure incurable. Le traitement doit être approprié aux causes. El est surtout nécessaire que l'instituteur (versé dans l'éducation des sourds-muets) s'efforce de vaincre (49) la difficulté qu'éprouvé le bègue à prononcer les lettres gutlurales ou certaines syllabes déterminées, par des efforts souvent répétés, et en employant tantôt la douceur et tantôt la séVérité (50); il est utilé de füire chantér lés uns (51), ou de faire suivre aux autrés l'exemple de Démosthèné (52).
5. Du grasseyement.— Le grasseyement (53), sur lequel Fournier (54) a écrit une dissertation que nous suivons, consiste dans une mauvaise prouonciatiôn de la lettre R, prononciation manquant de force, de sonorité et trop prolongée. En effet, la létitre R est bien prononcéé alors seulement que les màchoires sont rapprochées , que lés dénts incisives se touchent presque, que ia langue est allongée, que dans l’intérieur de la bouche elle touche par sés païlies latérales les dents molaires, qué par la
à Je vous enténds, dit-elle; vous craignez mon bégaiement; mais à torl, cat en publie je n’en suis Jamais affectée. » Et il est vrai qu'il ne lui ést pas arrivé une fois d’hésiter au théâtre.
(47) Voisin, l: c.
(48) Habn, L. c.
(49) On trouve dans Eph: nat. tur., dec. 1, an. 4, 0bs: 55, p. 119, l'exemple d’un enfant guéri de cette manière.
(50) Riedlin, Lin, med., an, 1695; p.
(51) Tissot, Gymnast. med., p. 307.
Voicin, L ce.
(52) Un acteur donna 10,009 drachimes à Néoptolème, qui lui apprit à déclamer plusieurs vers d’une seule haleine : c’està-dire à prononcer dés vers en montant ét en courant, la bouche contenant des cailloux. (Plutarque, in Lib, de decem oral.)
(53) Grec, Opavhauos ; Ooaslonts, Psellismus, rottacismus (Sauvages) ; français, Srasseyement, parler gras.
(54) Dictionnaire des sciences médi- Gales, & xx, p. 510,
partie supérieure de sa pointe elle touche le palais, et par la partie inférieure les dents incisives supérieures. Ainsi la colonne d'air chassée avec force des voies aériennes fait vibrer l'extrémité de la langue qui s'oppose à sa sortie de la bouche. Plus cette vibration est forte, plus
RE tard re
Lénine
le son de la lettre R est clair. Mais si la
pointe de la langue est portée vers la base de la mâchoire inférieure; la langue devient immobile et la vibration de l'air se faisant entre elle étl’isthme du gosier,
ÉMRTT dr ÈS
l'air tend à s'échapper par lés fosses nu-\
sales, et la lettre R-; formée par un son
multiple, manque de force et est accom-.
pagnée par un murmure prolongé qui
tons.
RE
empêclie en quelque sorte la perception des autres lettrés. Telle est la première.
espèce de grasseyement qui à un faible
degré plait assez à un grand nombre de personnes pour qu’elles l’imitent: Mais .
si ce vice êst assez grand pour que l'air ne puisse sortir de la bouche, il devient
tout-à-fait intolérable : la lettre R prend le son de gue; exemple: amogue (amor), guapuo (raro), Figäguo (Figaro). La seconde espèce dé bégaiement est celle dans laquelle ni la langué, ni la boucle, ni les dents ne concourrent à l’articulation de la lettre R, et dans laquelle tout 1e travail de l’ärticulation est exécuté pär les lèvres. La léttre R prénd alors lé Son du V, dé télle sorte que lé mot murmur ést prononcé muymuv Ov
ne EE
ne
SO
chassée de la gorge, est portée au devant
de l’arcade dentaire et atteint la lèvre :
supérieure. Dans cet état de choses une !
lettre étrangère au mot est ajoutée à la |!
lettre R commé un appui; exémple : !
Zralio (ratio), tedtes (très), matérze (ma- ! ter). Mais la plus grande inertie de la !
langue supprime éntièrément le son de :
là lettre R; exemple : hetoricä [rhetorica), Bodéaux (Bordeaux). En général la lettre R est difitilé à prononcer, et les enfants lui substituent Volontiérs la let-
tre L. Ce vice persistant (comme €hez | ÂAlcibiade) dans un âge plus avancé, ne |
peut être considéré comme bégaiement, qui, Comme nous l'avons dit, consiste
dans la mauvaise prononciation de la lettre R, qui, dans ce cas, n’est nuile-
ment prononcée. Les causes du bégaiement chez les diverses nations qui y sont plus üu moins sujettes (55), sont : l’imi-
(55) Je ne sais comment Fournier (1,
DU LARYNX, DÉ LA TRACHÉF=ARTÈRE ET DU CORPS THYROÏDE. 81
tation (56), l'habitude. (57) et les vices quelquefois héréditaires des instruments de la voix (58); on peut y ajouter : la brièveté, l'épaisseur de la langue et surtout de sa pointe (59), la langue retenue par un frein trop court (60), sa flacci-
RE rene RC VIT LIN TUTO ICI CP TITI LT EL TC FU
C., p. 516) a pu dire : « Parmi les nations modernes, il en est plusieurs chez lesquelles le grasseyement est sans exemple; telles sont en Europe celles d'Italie et d'Espagne. » J'ai rencontré beaucoup d’Italiens affectés de ce vice, et on ne peut pas chez eux accuser la mauvaise conformation des instruments de la voix, puisque quelques-uns prononçaient parfaitement la lettre R en chantant. Il est encore en opposition avec la vérité, lorsqu'il dit: « Si nous examinons maintenant quelles sont les langues où le grasseyement est habituel... nous verrons que ce sont celles. qui ont des consonnes multipliées et redoublées. » Il n’est peut-être pas d'idiome où l’on rencontre autant de consonnes que dans la langue polonaise, et cependant les Polonais grasseyent rarement. Ce qui se comprend facilement, car ceux qui parlent le polonais ont des difficultés plus grandes à vaincre que la prononciation de la lettre R. La difficulté de cet idiome est telle, que les Polonais apprennent sans beaucoup de difficulté à parler les langues étrangères, et s’ils pèchent en quelque chose, c’est plutôt en prononçant la lettre R avec trop d'énergie (exemple :
mon cherr).
(56) A Marseille et à Paris, la première espèce de bégaiement est très-commune, Elle est aussi très-commune, commel’atteste Storch (Kinderkrank., 3 B., p. 338) dans les villages de Rubl et Steinbach près Eisenach. (Jusqu’à notre époque !)
(57) À ce point, que les parents, loin de corriger leurs enfants lorsqu'ils prononcent mal la lettre R, les applaudissent et imitent en plaisantant leur langage.
(58) On pourrait ici accuser l’imitation, mais Storch (1. c., p. 337) cite-plusieurs exemples d'enfants qui ont grasseyé; bien qu’ils n’eussent jamais entendu parler leurs parents, affectés de ce vice de prononciation,
(59) Une telle variété dans la structure dela langue a été constatée, surtout parles médecins qui en examinent un si grand nombre chaque jour,qu’on peut facilement comprendre les différences dans la manière de parler. La langue ne doit point être exclue de l'étude dela physionomie,
(60) Amman, 1. c., p. 115. — Brouzet, Éducation des enfants, t. u, p. 112,
Frank, Tom. 1v.
dité (61), sa débilité et celle du muscle styloglosse (62), la perforation du voile du palais , et près des grosses molaires (63), l'absence dela luette (64),lamauvaise conformation du palais (65), la fissure du voile du palais (66). Le grasseyement dùû à ces vices de conformation ne peut être que difiicilement corrigé; mais il peut l'être s’il est dû à l’imitation ou à l’habitude, sion s’y prend de bonne heure et si les enfants sont dociles. Tout le traitement consiste à faire prononcer avec soin la lettre R, après avoir bien disposé les instruments de la voix et en ayant égard à l'espèce de grasseyement, Il faut, dès le commencement de l’étude, prononcer la lettre R, qu’elle se rencontre simple ou double. Quelques auteurs (67), cependant, conseillent de substituer à la lettre R les lettres T, D, parce qu’elles frayent la voie à la prononciation de l'R.
6. Du parler blès. — Le parler blès (68, est un vice dans lequel les lettres dures sont converties en lettres douces :
le Gen S, le T en C, le Ken D, l'R en L (69). Quant à ces vices de langage, s’ils ne peuvent se corriger, il faut éviter les mots qui contiennent les lettres citées plus haut (70).
7. Avertissement. — À ces vices que nous venons de décrire, d’autres peuvent être ajoutés ; exemple: si les lettres Fet I sont mal prononcées; si lalettreS est prononcée sans sifflement et d’une manière obscure, la langue placée entre les dents
en
(61) Amman, I. c., p. 112.
(62) Haller, Elem. phys., t. 1n, 1. 1x, sect. IV, p. 472.
(65) Sanctorius, Meth, vitandi error., p. 181.
(64) Eph. nat. cur., dec. 1, an. 5, p.
(65) Holder, 1. c., p. 76.
(66) Journal der Chirurgie und Augen« heilk. herausg. von Walther et Graefe, 41 B., 1 st., 1890.
(67) Le célèbre tragédien français, Talma. (V. Fournier, 1. c., p. 318.)
(68) Du grec Vliouos; latin, blæsitas; français, parler blès.
(69) Psellismus lambdacismus de Sau= vages.
(70) Storch (1. c.) raconte qu’un évèque affecté de lambdacisme, devant parler publiquement à la cour de l’empereur de Vienne, prépara son discours de manière à n'avoir pas une seule fois la lettre R à prononcer. On trouve un discours composé ainsi dans Christian Weis, Polit, Redner,
(71); si la dernière syllabe d'un mot terminani une période est répétée (72); si des mots étrangers à la phrase y sont intercalés (73), etc. Mais il est temps de nous occuper de choses plus importantes (74).
(74) A dire vrai, parler blès.
(72) Une femme de Pétersbourg parlait ainsi: Mon mari gagne beaucoup à être conuu nu.
(73) J'ai eu un élève qui intercalait les mots hedera et federa ainsi, lorsqu’à la clinique il rendait compte des malades à lui confiés : « Le malade à reposé cette nuit, hedera; il a été deux fois à la selle, federa.
(74) Je n’abandonnerai pas ce sujet sans dire un mot des ventriloques. Les ventriloques (éyyæorpuvdot) sont des hommes qui possèdent l'art (engastrimythismus) de moduler la voix, non-seulement de. manière à imiter différents sons, à reproduire exactement la voix des autes personnes, et à faire croire que l'on entend plusieurs interlocuteurs de sexe et d'âge différents, mais encore à indüuire en erreur sur le lieu d’où part le son, de telle sorte que la voix semble sottir tantôt de la chambre voisine, tanaôt de la rue, tantôt venir du haut du toit ou sortir du fond d’un puits. Comme ses variétés singuhères de la voix sont prpduites au milieu d'efforts manifestes et d’uncertain. gonflement du ventre, on pensait anciennement qu’une partie de l'air expiré par les poumons passait dans l'estomac, et, résonnant dans les anfractuosités du tube alimentaire, produisait ces sons variés. Cette opinion fut rejetée avec raison par Rhodicinus, Adrien Tourneboent (Apud Foesium, in OEconomia Hipp:); F.-U.-V. Helmont (Alphab.
nat., p. 22), Suidas ( Breslauer Samml., 4724, p. 667), M: Mart Cämell (Phil.
Trans., n. 307), qui pensèrent que dans ce cas la voix est formée pendant l'inspiration. Cette opinion fut partagée par Haller (Elemi, physiol., t. 11, 1. 1x, sect.
im, S 1; p. 454), C:. Sprengel (Inst. phys.
Amst., 1809, t. 1, lib. 1, c: v, p. 504) et M. Lenhossek ( Physiol. medicinal. Pestini, 1818, t.1v, p. 74). Mais bien que tout homme puisse produire un son pendant l'inspiration, la voix ainsi formée est rauque, inégale, faible, äpre et difficile à conduire, comme l’atteste Magendie (Précis élémentaire de physiologie.
Paris, 1816, t. 1, p. 255, 254), et diffère entièrement de l'art des ventriloques.
L'explication de ce phénomène donnée par Richeraud (Nouveaux éléments de
CITAPITRE Ill. + DU CROUP,
$ Ler. Définition. Explication du nom.
Histoire et bibliographie.
1. Définition, — Nous appelons croup une maladie qui affecte surtout les enfants, qui commence par les symptômes du catarrhe, qui esi marquée par une dyspnée, une voix rauque et une toux
physiologie. Paris, 1817, p. 586, t. n, 589), qui avait examiné un grand nombre de ventriloques, paraît se rapprocher
beaucoup Gé la vérité. Tout lartifice |
consisterait dans une expiration trèslente, trés-prolongée, modifiée dans son intensité et sa durée, infléchie, très-retardée par le mouvement des muscles expirateurs, et dans la pression de l'épi-
olotte sur là bâse de la langue Contractée.
Une partie de l’air expiré serait quelque
fois réservée par une forte constrietion de ,
là gorge, puis, comprimée par la Jangue, les dents et la boucle, serait avec de grands efforts peu-à-peu chassée ,; tantôt lentement, tantôt rapidement, comnie un fleuve ou comme un ruisseau. Chacune de ces expirations, modérée par ün tél artifice, serait précédée d’une inspiration forte et profonde, par laquelle uné grande quantité d’air serait introduite dans les poumons; d’où il résulterait que la réplétion de l’estomac, s’opposant
à l'abaissement du diaphragme, s’oppo=
serait à l’engastrimythisme. Cette opinion se trouve exposée dans Hlaller (in Bibl. anat:, t. 1, p. 695). Cet art demande de la force dans les muscles de la gorge, que l’engastrimythe doit fermer pour produire la voix avec l'air réservé dans la partie postérieure de la bouche: ce qui est confirmé par le témoignage de plusieurs engastrimythes, (Le ventriloque ou l’engastrimythe, par l'abbé Delachapelle. Paris, 1772, vol. 11.) Nous ne devons cependant pas jeter de côté l’ingénieuse hypothèse de Magendie, que cet art peut s’acquérir par les efforts d’imitation produits par le seul exercice des:
organes de la voix. Enfin, si l'opinion de Geoffroy Saint-Hilaire- (in Oken’s, Isis, 1819, 4 Heft., S. 548:49), que des fibres musculaires se trouvent plus nombreuses à la bifurcation de Ia trachée humaine, et constituent en quelque sorte une seconde glotte, est confirmée par l'expérience d'autres anatomistes, peut-être l'exercice fréquent de ces fibres chez les ventriloques pourrait contribuer à produire certains sons graves et certaines variétés de la voix.
TEE ER
pu LARYNX; DE LA TRACHÉÉAATÉRE ET DU Corps rHyroipe;
glapissante qui rèviennent souvent par intervalles, et caractériséé pâr un état inflammatoire du larynx ou de la trachée avec tendance à produire une éxsudation de matière coagulable et accompagnée d’un dangét imminent de suffocation.
2. Explication du nom. — Le mot croup paraît plutôt dériver dû mot écossais croup (1), que du mot français roupie (2). Nousrangeant de l’avis d’un homme distingué (3), nous avons préféré ce mot barbare, parce qu'ilest plus vulgaire, parce qu’il n’est lié x aucune idée erro- née, parce qu’il ne représente rien et n’établit aucune hypothèse. Les noms d’an- gineet de trachéite des enfants indiquent seulement l’âge auquel la maladie sur-
vient spécialement, et n’offrent rien d'ex- plicite (4); ceux d’esqüinancie stridulente, angine sifflante n’indiqueñt que le son de la voix et de la toux ; ceux d’asthme des enfants, d’orthopnéé membranéuse ne font connaître que l’état de la respiration ; ceux d’esquinanciée sifflanté, angine trachéalé, laäryngite ét trachéité n’indiquent que le lieu ordinaire de l’inflammation (5); ceux d’angine suffocante, suffocative, strangulante, de maladie
(1) Chéyne, EssayS ôn the diseas. of Children with éas. and disséct., vol. fr, p. 14. Cooke (Maladies des enfants, Iverdun, 1770) assure qu’en Écosse le mot croup est très-usité pour désigner là pellicule qui se forme à la pointe dé la langue, chez les poules affectées de pépie.
(2) Quoique le croup soit accompagné dés symptômes du catarrhé, néanmoins l'écoulement du sang par les narines (én français, roupie) joue un trop petit rôle
ans cette maladie du larynx, pour qu'éllé ait pu lui donner Son nom.Haasé en citant l'ouvrage, p.73, dit :« Le mot croup ou roup, prononcé à pleine boüthé, rend ce son (de la toux) en quelque manière, et cela doit être la raison pour laquelle on à donné ce nom à la malädié. »
(5) Royer-Collard, Dictionnaire des sciences médicales, t. vit, p. 413.
(4) Cfr. SA, n.1. | |
(5) Albers dit, appuyé de l’autorité de Soemméering, qu'on peut désiguers ous le nom de trachée tout le canal aérien (Luftrphre), le larynx ét les bronches; mais qu'en conclure? de puis äppeler tube alimentaire le canal qui commence à l’œsophage et qui se términe au rectum : pourquoi non? À moins que nous ne devions distinguer l’inflimmation de l'œsophage de la gastrite, et la gàstrite dc l’entérite.
strangulante suffocante, de maladie menaçant la vie des enfants, indiquent seulement le dangèr qu'offre la maladie. Les langues vivantes ne nous offrent pas de mots plus convenables (6). ad
83. Histoire etbibliographie.—On cherche en vain des notions surle croup chez lé$ anciens (7). Les premières träces de cette maladie se rencontrent dans les ouvrages de Ballonius(8). D'autres vestiges se trouvent dans les ouvrages de Fabrice de Hilden (9), de Marcé-Aurèlé Severin (10), d'Ettmüller (1), dé Boërhaavé (12).
Nouüs devoris üne description complète du
(6) Allemand, Hautigé Braune, pfeifende Braäune,; Huhuérhusten, Hüulinerwélie Schaafhusten, Fell auf dér Brust ; añglais, The rising of the lights, chôk, stuifing, the bladdér in thé Sore tliroat, the hives ; suédois, StrypSinsckä ; hongrois, Hartyas Torokgÿéz où Lévegôtsopip, ou d’uñ seul mot, Pip.
(7) Les passiges d’Hippocräte qui peuvent être appliqués au croüp sont fort obscürs. Prog.; e: xv: V: Hipp.; Ob genüina : récens et préfatio est Albertts Haller, t. 1, p. 1488. Coacæ prænot., cap:
XIVe Ib; t. n, p. 4735. Aph. 55, Sect. iv.
Cfr. Gorter, Med. Hippocratica, p: 507.} Dans Galien (Method. med., k v, c: x:
De loc..aff., 1, 1, Cfr. Vaidy, in Journ. génér. de méd., 1814; nov.), dans Cæl, Aurelianus {Morb. chron., l.r1,c. 1), dans Aretée (De causis et sign. acut. morb. ; 1.1, c. vir. De angina); dans Paul Æginète (1. ur, ©. xxvir. De re medica), dans Aëlius (tetr. 11, sermo 1v. De angina et ejüs Spéciébuüs), Î. c.
(8) Giul. Ballonii, Op. med., t. 1, Epid., 1. 1. Const. hyem. 1756 (où un homme distingüé, Baillou, décrit l’épidémie de toux coñvulsive qui a commencé à se montrer à Paris en 1570), Cfr. Mém. de la soc. royale de méd., t. vu, p. 8, de l’histoire et les essais de méd., par Wattonet Guérin, t, 1, p.218.
(9) Dans tous les ouvrages qui restent de lui. Obs. chir., cent: in, obs. 10.
Francf. ad Moen., 4646.
(10) Pardanchone; De pestil ac præz foc. pueros abscessu (ïl décrit l’épidé:
mie d’ésquinancie gangréneuse qui à envalii Naples en 41618, mais én même temps il fait l’histoire du croup).
(11) Operum medicorum theéoreticopracticorum, tom. 11. Francf., 1697, p4
(12), Aphorismorum de cognoscendis ét curandis morbis; S 80. Venetits, 1723.
croup à Martin Ghisi (13). Starr (14), Bergen (15), Clossy (16), Wilche {17), donnèrent des descriptions approximatives.
Home (18), auteur de la première monographie du croup, recueillit les faits épars et ajouta ses propres observations. Vinrent ensuite Wahlbom (19), Halen (20), Millar (21), Murray (22), Scherwin (23), Blomm (24), Engstroem (?5), Rush (26),
(15) Lettere mediche, la prima delle quali tratta di vari mali curati col mercurio crudo, e la seconda contiene l’istor delle angine epidem. degli anni 1747, 1748, p. 9. Je possède un exemplaire de cet ouvrage, que l’auteur lui-même avait donné à mon père, en l’accompagnant d’une lettre écrite le 23 novembre 1792.
Elle prouve la grande modestie de l’auteur. Dans sa vieillesse, il avait entendu mon père faire le plus grand cas de son ouvrage, parce qu'il contenait la première description du croup : « E che posso io dire se non ringraziarla di tanta sua bonta propria degli nomini grandi che sanno compatire anche i deboli. »
(14) Philos. transact., n. 495, art. 6, (On y trouve la description de l'épidémie anglaise de 1748 à 1749).
(15) De morbo truculento infantum hoc anno hic Francofurti grassante. Nova acta nat. cur., 1761, t, 11, p. 157.
(16) Obs. on some diseas of the hum.
body. London, 1765.
(17) Præside Aurivillio, Diss. de angina infantum in patria recentioribus annis observata. Upsal, 1764. V. Sandifort, Thesaur. dissert., t. 11, p. 352.
(18) An inquiry into the nature, cause and cure of the croup. Edinb., 1765.
Uebersetzt von Mohr mit Vorrede u. Anmerk. von Albers. Brem., 1809.
(19) In Forshaetting of provincial doctorerras Beraettelser. Stockholm, 1765,
(20) In Fortshaett. of Berraettelser.
Stockholm, 1765, p. 141.
(21) On asthma and hooping cough, vers. germ. Lipsiæ edita, 1769.
(22) Abhandlung von einer bosartigen Braune und einer widernatürlichen Haut in der Luftrohre. Gœtt., 1769. Y.
Comm. soc. Gœtt., t. 1v, p. 55.
(25) Von einer gefahrl. Verstopfung in d. Luftrohre. V. Medic. Commentarien von Edinburg, 9 B., 1 th., p. 69.
(24) Beraettelser till riksens stand.
(25) Beraettelser till riksens stand,
(26) On the spasmodiç asthma of chil«
Crawford (27), Baeck et Salomon (28), Maese (29), Lentin (30), Mahon (31) et Callisen (32); puis, l’histoire du croup devint classique, éclairée par la mono-
graphie de C.-F. Michaël (33). Bayley |
(34), Chambon (35), Vicq-d'Azyr (36), Dixon (37), Vieusseux (38), Monro (39), Lotich (40), Elsner (41), Borrow (42),
dren, Lond., 1770, et Medical inquiries
and observations, 1789. Vers.
Lips. edit., 1792, p. 188.
(27) Diss. de cynanche stridula. Edinb., 4771. V. Smellii, Thes. sive disp. in
germ.
acad Edinb. ad rem medicam pertinen- 1
tium delectus. Edinb., 1783, p. 210.
(28) K. Vetensk. Acad. Handi., 1772," p. 357, et Abh. d. k. Schwed. Akad. d.
Wissensch., 34 B., p. 328.
(29) Diss. de angina tracheali. Edinb. ,!
prakt.
4777. V. Webster, System d.
Arzneyk., 1 B., p. 175.
(50) Beob. d. epidem. u. einig. sporadin
Krankh. am. Oberharze. V. Jahre, 1777,
bis 1782. Dessau u. Leipz., 1805, p. 157,
(31) Observations sur une maladie analogue à l’angine polypeuse, ou croup des enfants. V. Mémoire de la société royale de médecine, 1777-78. Paris, 4780, vol. 11, p. 206.
(52) Obs. de concretione polyposa cava, tussi rejecla, in primo vol. Actor.
soc. Havn., p. 79. Hayn., 1777.
(33) Diss. de angina polyposa seu membranacea, Gœtt., 1778.
RS ge
(34) Cases of the angina trachealis. |
with the mode of cure in a letter to W.
Hunter. New-York, 1781.
auserl. Abhandl. f. pr. Aerzte, 7 B., p.
(35) Observationes clin. curat. morb.