Fra
(42) Ainsi la Russie doit son premier établissement de sourds-muets à Marie Fedorowna; mère du grand empereur de Russie. Le plus ancien protecteur des sourds-muets fut l’empereur Julien. V.
Ammian Marcellin, Ubersetzt, V, Wagner, 24 B,, Giv,
muet acquiert en quelque sorte un idiome universel (13). Les sourds - muets réunis, et ceux qui causént avec eux, acquièrent rapidement ce langage des signes (14). Si à ce langage vient s’ajoutér l'alphabet des doigts, et qu’on y joigne l'écriture, le sourd-muet peut arriver même aux nolions métaphysiques.
Bien plus, l'attention des sourds-muets qui n’est nullement distraite pàr les sons, leurs autres sens souvent plus actifs, et la méthode analytique qu'on doit employer pour les insiruire, favorisent leur instruction. Ils excellent surtout dans la grammaire et dans cette partie de la poésié qui consisie à faire des comparaisons (15). Ces résultats s’obtiennent encore plus facilement si on appelle la langue au secours des deux autres méthodes.
« Souvent, en éffet, les lettres et les mots mis par les gestes en rapport avec les idées, sont de vains signes pour les sourds-muéts (16), » Si, au contraire, on obligé les sourds-muets à prononcer lés mots par le mouvement de la trachée, de la langue, du palais, des dents, elc., l'impression produile en quelque sorte par un tact interne, les aide dans la formation des idées. Le procédé pour amener les sourds-muels à prononcer les mots est le suivant. Que l’instituteur dispose avec sa main la bouche de son élève comme il le convient pour prononcer la lettre A. Qu'il lui ordonne ensuite de produire un son el de-recommencer jusqu’à ce que la prononciation de la lettre À soit distincte. Qu'il fasse ensuite Ja même chose pour tout l'alphabet en commençant par les voyelles. La doctrine qui indique la manière de disposer les instruments de la voix pour la prononciation de chaqué leltre, se trouve dans l'ouvrage classique de Kempels (17), et dans lés ouvragés sur l'éducation des sourds - muets. Le maître dessinera chaque lettre que l'élève apprend à pronon-
c vs e k
(13) Je pense que si on pouvait établir un langage de gestes élégant et raisonnable, les chœurs des théâtres (ballets) en tirerdient un grand avantage:
(44) L'auteur des lettres sur les sourds et muets, Amstelôd., 1772, a très-bien traité ce sujet. | scoot à
(15) Eschke, Uber dèn Hang der Taubstummen zum Reimen. V. Eunomia.
Berlin, 1805. #
(16) Eschke, I. c. | (17) Vom Mechanism, d, mensehl, Spraçhe. Wien,
cer, et la lui fera dessiner après lui, afin qu'il connaisse bien la liaison qui existe entre la lettre dessinée et le mouvement des organes ; de plus, la lettre dessinée lui sera en quelque sorte rendue présente. En outre l'élève observera attentivement les lèvres, les dents, la langue, le palais (18) du maître lorsqu'il prononce les mots indiqués, non -seulement pour apprendre à imiter le mouvement de ces parties, mais encore pour comprendre, par ces mouvements exécutés par d’autres, quelles sont les paroles prononcées. De cette manière, en effet, un sourd et muet peut converser d’une manière lucide avec un homme quelconque qni parle sa langue. Il comprendra facilement combien cette route est longue et ennuyeuse, et il n'espérera pas que l’homme élevé par un tel instituteur, instruise à parler un grand nombre de sourds-muets. [l n’espérera pas non plus que la parole du sourd et muet devienne jamais mélodieuse. Elle est, en effet, toujours monotone (19), et plus ou moins gulturale ; ce qui n'empêche pas que la parole, quelque désagréable qu’elle soit à celui qui écoute, ne soit très-utile à celui qui parle. Le sourd et muet, en effet, parlage avec ceux qui l’écoutent les avantages de la parole.
6. Avantages de la parole.—Par rapport à la sauté les avantages de la parole sont très -remarquables (20). En effet, l'exercice de la voix, en causant, en déclamant, en lisant à haute voix, en chantant dans de sages limites (21), fortifie les poumons (22), l'estomac (23), et égaie l’âme.
eme mc
(18) Amman (I. c., p. 81 ) voulait en outre que, pendant qu'il parlait, l'élève perçût avec ses doigts les mouvements du larynx, et imitât ensuite les mêmes mouvements,
(19) « Les muets de naïssance ne peuvent parler, mais émettent toujours un même son, et semblent, en émettant ce son, s’efforcer de parler. » Hippocrates, Lib. de carnibus.
(20) Alberti, Diss. de loquelæ usu med. Hal., 1737.
(21) « Les voix aiguës produisent des distensions de la tête, des palpitations des tempes, des pulsations du cerveau et
des tintéments d'oreilles. » Arelæus, De
cur, morb. diuturn., ]. 1 PCT
(22) Lorsque le célèbre Gall remplissait [es fonctions de médecin ordinaire dans un établissement de sourds-muets
$S V. lu begaiement. 1. Définition. — Le bégaiement (25)!
est la difficulté on impossibilité de bien !
prononcer certaines lettres ou certaines | syllabes. K., 4 | 2. Bibliographie. — Le bégaiement a
appelé l'attention des médecins, institu- :
teurs, et des orateurs , comme le prouvent les ouvrages de Riedlin (26), Lavaux (27), Weiler (28), Friedlander (29), et de quelques autres (30).