‹ Traité de pathologie interneChapitre 70 sur 277 · Symptômes. — Le goitre, dans le · texte numérisé non relu

Symptômes. — Le goitre, dans le

plus grand nombre des cas, se forme len-

tement. La tumeur envahit tantôt tout le corps thyroïde (sous la forme d’un croissant de lune), tantôt le lobe moyen, tantôt les lobes laléraux. Cette tumeur a plus de largeur que de hauteur, elle est indolente, de la même couleur que la

(48) À mem. concerning the disease of goitre as it prevails in different parts of North-America. Philadelph., 1800.

(49) Mémoire à consulter, et réponse sur un cas de suffocation par suite d’un violent accès de colère chez une femme qui portait un goiître très-considérable du côlé gauche de la gorge. V. Recueil périottique de la société de médecine, rédigé par M. Sédillot, 1801; vol. x, p. 63.

(50) Diss. inaug. sur les maladies de la glande thyroïde. Collection in-8 des thèses de la Faculté de médecine de Paris, 1805.

(51) Considérations générales sur le goitre endémique. Paris, 1804.

(52) Recherches, observations et pro= positions sur quelques sujets de mêédecine et de chirurgie. V. Collection des Thèses de la Faculté de méd. de Paris, 1808, et Dictionnaire des sciences médical-s, vol. xvui, p. 522, art. Goître.

(53) Diss. de strumæ ætiologia et diagnosi nonnulla proponens. Lips., 1809.

(54) Ueber d. Erkenntnissu. Natur, u.

Heilart d. Kropfes. Horn’s Archiv. f, med. Erfahr., 4813, may.

(55) Diss. de glandula thyroidea tam sana quam morbosa, inprimis strumosa, Wurceb:, 1810.

(56) Diss. sur le goître. Paris, 1813.

(57) Diss. sur le goître. Paris, 1815.

(58) Neue Heilart des Kropfs durch Uuterbindung d. obern. Schilddrusen- Schlagader. Sulzbach, 1817.

(59) Découverte d’un nouveau remède contre le goître, communiquée à la So= ciété helvétique des sciences naturelles, à Genève, dans la séance du 925 juillet 4820. V. Bibl. univ., t. xiv, 1820, juillet, p. 190. Ibid., 1821, févr., el Hufeland's Journ., 1822; jan., p. 26.

(60) Loco infra citando.,

(61) Der Kropt uach seiner Ursaches Verhutung u, Heilung. Wien, 4822.

peau, à peine distinctement circonscrite, Spongieuse et molle. Elle ne conserve pas l'impression du doist. Après trois ans d'existence, la tumeur marche plus rapidement et croît plus en hauteur qu'en largeur. Elle devient tendue et élastique, et suit les mouvements du larynx. La tumeur exp'orée présente la forme d'une vu de deux olives arrondies résistant plus à la pression que les parties voisines, et oïfre des inégalités au toucher. Les veines sous-cutanées dilatées divisent cà et là la tumeur et se font remarquer par leur couleur azurée.

Le plus souvent la tumeur se dirige vers le sternum sous la forme d’une poire

renversée et adhérente par son pédicule;.

elle devient quelquefois teilement monsStruruse qu’elle atteint les genoux (62).

Plus elle est volumineuse, plus elle est flasque. Dans d’autres cas, elle s'étend davantage sur les côtés : on l’a vue atteindre la tête, la nu que, les épaules , les apophyses mastoïdes (63). IL en résulte que la trachée, l'œsophage, les veines jugulaires sont comprimées, et que de la dyspnée , de la dycphagie et des Congestions vers la tête surviennent (64).

Les personnes affectées de goître ont toutes la voix rauque, cassante, la parole brisée et viciée, la respiration stertoreuse et nasale. La maladie faisant des progrès, la partie, affectée surtout par les temps humides, est quelquefois le siége d'une douleur pongitive, tensive, pulsative, et devient rouge.

2. Autopsie cadaverique. — Les goitres disséqués ont présenté le corps thyroïde augmenté de volume et d’une structure ceiluleuse (65), les cellules 1à- Ches (66), vésiculeuses (67,, remplies de

diverses matières (65), de sérosité coa- NS RER PMR LUE BE END NOUP PME ZE à AP M

(62) Fischer, 1. c., $ 5, fig. 1.— Mittermeyer, |. c. On trouve des exemples de goîtres énormes, dans le Journal de médecine, t. Li, p. 515; t. Lv, p. 494.

(65) Fischer, 1, c., & 3.

(65) Büillie, Series of engravins. Fasc.

y; phti figs 2:

(66) Fodéré, 1. c.

(67) « Eæ vesiculæ nativi ipsius glandulæ acini esse videbantur remorantis bumoris vi in eam magnitudinem dilatali. » Morgagni, Adversar. anat,. 1, P: 55.

(68) Bonet, Sepulchr., 1. av, sect. 11, 0bs. 5. — Morgagni, De sede et caus.

morb., épist, 2, art, 51 ; Dissert, anat, 1x;

gulable (69), d’albumine (70), de substance mielleuse (71), glutineuse (72), caséeuse (73), lardacée (74), farineuse (75), de sang (76), d'hydatides (77) orga= nisées (78), de stéatomes (79), de cartilages (80), de concrétions osseuses (81), terreuses (82), calculeuses (83 , et, si on

peut y ajouter foi, de poux (84) et autres !

a nanenesnnnn enr nn

Advers. anat, 1. — Haen, Rat. medendi, CENTS

(69) Boerhaave, Epist. ad Ruysch, De fabrica glandularum. Lugd. Bat., 1722.

(70) Fodéré, I. c.

(71) Celsus, lib, var, ce. xnir.

(72) Stoll, Ratio medendi, t. 1, p. 203.

—Baillie, I. c.

(75) Heister, Diss. obs. med. mise.

Helmst., 1750.

(74) Chambon de Montaux, Merkw..

Krankengeschichten u. Leichenoffnungen mit eig. Anmerk. Leipz., 1791, p. 51.

« Vidi.... partem glandulæ in pinguis lardi speciem degeneratam.+ Haller, Elem. physiol., lib. 1x, sect. 1, t. ay ps 400. Lausan., 1766.

(75) Chambon, I. c., p. 517.

(76) Alix, Obs. chir., fase. r.—Fodéré, 1. c., p. 5%.—Cloquet et Béclard. V. Rullier, Dict., p. 595.

(17) Hewnden, in Philos. transact,, n. 508. V.Leske, Auserl. Abhandi.,1 B:

P- 11. —Beaumes, Traité élémentaire de nosologie, t. 1, p. 112.

(78) Rullier, Dict., 1. c., p. 528, dit:

« Nous parvinmes par des moyens méca-

niques à vider le goitre d’un grand nombre de ces animaux (l’hydatide globu-M laire qu’il contenait). » (Sur un homme

vivant )

(79) Portal, Cours d’anat. méd., t. 1Y, p. 562.

(80) Panarole, latrologism. Pentecost. r.

(81) Wepfer, Obs., p. 684. Eph. nat. !

cur., dec. n, an. 5, obs. 134: — Douglas, in Phil, trans., n. 305. V. Leske, 1. c., p. 59. — Muralt, Chirurg. Geschichten, n. 118.

(82) Laurent, 1. c, sum. »— Îlaller, 1. c. — Morgagni (où il parle du corps thyroïde devenant pierre), 1°

(83) Ford, in London med. Journal,

« Sabulum effu-

vol. x1. Marandel nous apprend que c'est

du phosphate de chaux, Dicr., Î. c., p.

526 ; et Exposé des travaux de la Société anatomique de Paris. Opuscule publié par M. Petit. Paris, 1807. |

(84) Schenk, lib. v, obs. 40, ex Fo= :

resto,

dl DU LARYNX; DE LA TRACHÉE-ARTÈRE ET DU CORPS THYROÏDE.

pue ‘85), et de poils (86). En outre, les artères, les véines, les Vaisseaux lymphatiques et les nerfs du corps thyroïde affecté de goître, ont été trouvés angmentés de volume (87), et la surface externe du corps thyroïde revêtue en quelué sorte par une capsule cartilagineuse et osseuse (88).

S IL. Causes.

1. Causes prédisposantes et excitanles. — Le développement du goitre est favorisé par l'hérédité (89), l'enfance et la jeunesse (90), le sexe féminin (91),

(85) Eph. nat. cur., dec. 11, an. 4, ohs.

15; an. 5, App., p. 8.

(86) Laurent, 1. c.

(87) Portal, op. c., t. 111, p. 160.—Fodéré, 1, c. — Rullier, Recherches, et Dict., 1. c:, p. 524.

(88) Cloquet, Rullier, Dict., 1, c., p.

(89) J'ai vu, dans des pays peu favorables au développement du goître, quelques familles y être sujettes; il n’est donc point étonnant que Fodéré ait jugé le

goître héréditaire dans les pays où il est

endémique.Mais cet homme remarquablé affirme que le goître ne se perpétue pas dans les familles, si les parents l’ont acquis par accident, ou s’il n’existe que chez le père ou la mère, et non chez les deux. Ce qui est contredit par mes observations et celles de Rullier (Dict., PC., p. 534).

(90) Hippocrate enseigne que le croup se développe chez des enfants assezgrands (Libr. aphor., sect. 111, xxvi). Sœmmering dit que les enfants ont le corps thy-

roïde plus pâle et plus grand en raison :

du volume de leur cou, que les adultes (De corp. humani fabrica, t. 1v, p. 40, $ 54). Sperling atteste que dans Île vil-

lage de Hongrie Procliod, les enfants

naissent souvent avec le goître (1. c., corol. 1). Fodéré affirme la même chose, 1: c., p. 29. « Rarum tamen ante septi- #um vel undecimum ætatis annum tra- - pin bne est, » J.-P. Frank, L. c., p.

(91) Je puis opposer dix cas de goître chez les femmes, à un chez les hommes.

Cette proportion cependant n’a aucune valeur pour les pays où le goître est en-

démique. Valentin (1. c.) et Godelle

(Vues, générales sur la topographie de l’arrondissement de Soissons. Biblioth.

médicale, t. xxx1x, 11) regardent la nudité du cou chez les femmes comme une çause très-fréquente de goître, et disent

la menstruation difficile (92), sa suppression (93), la grossesse (94), le travail de l'enfantement (95), l'habitation dans les régions alpines (96), une température humide et chaude (97), le manque d’électricité dans l’atmosphère (98), la boisson d'eau de neige (99), l’eau impure

qu’en Russie, les hommes aussi portent le cou nu, et sont pour cette raison plus exposés à cette maladie. Je me rangerais plutôt à l'avis de Coindet, qui dit : « Cette fréquence me paraît due à la sympathie qui existe entre le cou et le système reproductif, » (L. c.) On verra plus loin (S 4, n..2) que cet accord se retrouve aussi chez les hommes.

(92) J.-L. Petit, Traité des maladies chirurgicales, et des opérations qui leur conviennent, 1.1, p. 224. Paris, 1774.

(95) Brune, I. c.

(94) Rullier, Dict., 1. c., p. 532.

(95) L'expérience de tous les jours apprend que le goitre se développe souvent pendant l’accouchement. Est-ce dû aux efforts pour expulser le fœtus ou à la sympathie qui existe entre la gorge et l’utérus ? Je n'ose le décider.

(96) Le goître est endémique en Carinthie, en Styrie, au Tyrol, en Helvétie, en Savoie, aux Apennins, aux Pyrénées, dans le Derbyshire, dans le Glocestershire, dans le Shropshire, dans la Tartarie chinoise, eu Russie, près du fleuve Okka et Motmos, dans l'Amérique septentrionale, à Sumatra (Mersden, Beschreib.d. Insel Sumatra,1787),etc.Adams attribue le goître à l’état de servitude du peuple (Med. and phys. Journ. by Fothergill, and Want. 1815, juny), mais rien n'est aussi étranger aux habitants des Alpes que la servitude.

(97) Fodéré, op. c., p. 179, et Saussure, Voyages dans les Alpes, vol, 1v.

« C'est donc dans les lieux abrités, exposés au midi, garantis de l’influence des vents du nord, comme les gorges des montagnes, et les bocages épais, qui s'opposent au renouvellement de l’air, et qu'échauffent d’ailleurs les rayons directs du soleil et ceux que réfléchissent les rochers qui leur servent d’enceinte, qu’il arrive plus spécialement de rencontrer le goître endémique. » Rullier, Dict., 1, C., p. 535.

(98) Fodéré, 1. c. — Mühlibach, 1. c.

(99) Hippocrate (1. c.) dit: « Frigidum valde venas frangit, et tussim citat, ut nix, glacies; contrahit ut pherea et gongronæ. » — Bartholin (De usu nivis medico, c. xxxiv).—Bruni (Quæst. quædam card, Monspel., 1618),—Borgella (Journe

(Suite dés hotes.) dé santé, par Capelle, t. 11}, êt quelques autres, ont cherché dans l’usage de l’eau de neige fondue l'origine du goitre.

Cette ôpinion est combattue par Saussure (Lc., p. 391) et Fodéré (I. c., p. 83).

Cértés, le goitre est très-commun dans l'ile de Sumatra et à Genève, où l’on ne boit poiit l’eau de neige; d’un autre côté, on ne le rencontre point dans le Labrador, où la principale boisson est tirée de l’eau dé neige liquéfiée, ni dans là partie Séptentrionale du Kamtschatka, ôù le peuple Koraki boit, dit-on, de la néige liquéfiée sur le feu (Langsdorf, Reise um d. Welt in d. Jahren 1803 bis 1807, 2 B., p. 276. Toutefois je réponds avec J.-P. Frank (1. c., p. 89):

« Nullas in insula Sumatra nivales aquas potari, plurimos tamen in illa gutturosos reperiri, id, si multum est, saltem non omnem causäm in pôtu glaciali quærendam esse, docet. Sed quid vetat fontes ejus insulæ subterraneis, profundis et vastis e terræ pelvibus aliunde ab aquis aut liquefactis à nivibus, aut alia ratione mutatis, continuo repletis, scaturire, aut démum uündas particulis alienis, gutturi infensis, inquinatas, Sitientibus offerre ?

Genevam, cui tamen Alpes à non tantis distantiis, aquas nivales transmittere possé ac adéo debere, negari haud potest, his ipsis non uti, non quovis dubio caret. » (Coindéet lui-même dit : « Des causes différentes m'ont évidemment paru produire le goître à Genève ; la première ést due à l’usage des eaux dures, ou eaux des pompes des rues basses de là ville... » L. c.) « Peninsulæ Labrador incolas etsi vix aliis,.quam ex nive liquefacta, äquis utantur, non tamen esse gutturosos; hoc equidem, si paucorum Europæorum $atis instructorum, illas per oras peregrinantium, sat fida sit relatio, aquarum Sanitatem nivalium sibi non parum vindicarêt; cui interim tam rara éxceplio innixa sit principio, id quidem hucusque nos latet. » Constat enim ex cerlissimis ob$ervationibus in parte superiore fluminis Sybirici Lenæ, strumas esse cCommMunissimas, evanescere autem, aquæ fluminis Kutschei dum potantur (J.-P. Frank, |. €,, p.91). Ce qui résulté aussi des ouvrages de Forster sur le voyage des Anglais autour du monde, Sous la conduite du capitaine Cook; les marins manquant d’eau à bord, et ayant Du de l’eau de mer convertie en glace, bien que cette eau fût très douce, eurent pendant quelque temps les glandes du cou gonflées, et ne les virent revenir à leur état primitif, que lorsqu'ils burent de l’eau que le froid n'avait pas modifiée, ë

(100), la viandé crue, grasse, fumée, :

lée (1), les cris (2), le rire (3), l'habitude ! de porter des poids sur la tête (4), la | fléxion violente de la tête (5), la toux et le vomissement (6), les affections tristes de l'âme, surtout le chagrin et la terreur (7), l'imagination (8), peut-être le mercure (9). Quelquefois le goître paraît .

excité par les maladies du cœur et des | gros vaisseaux (10).

(100) On attribue le pouvoir de pro= :

duire le croup, non-seulement à l’eau de neige, mais“ encore aux eaux impures, contenant de l'argile (Borgella, 1. c.), de t la marne (Pallas, Neue Nord. Beitrage, !

2 B., p. 125), etc.

(1) Sperling, 1. e., 66.

(2) Wichmann, 1, c., p.115. |

(3) Riedlin, Lin. med., 1696, p. 356.

(4) Wichmann, L c., p. 117. — Neuhoff, Med. national. Zeit., 1698. Suppl, p: 156. ah

(5) Winkler, in Nufeland’s Journ., Î 8 B., 5 st., p. 184. Andry regarde comme | très-blämables les nourrices qui posent

osrgnS

mal leurs nourrissons sur les senoux (Orthopédie, p. 109), et Brouzet (Essai | sur l'éducation médicale des enfants, * t, 11, p.275).

(6) « A tussi vehementiori introductas novimus strumas. » Rolfink, 1, c,, cap. # viir, p. 15. Ce que confirment Wich- | mann, |. c., p. 115, Tardiveau, p. 24. … |

(7) Fodéré, 1, c. En mai 1820, une | femme dans ma clinique se trouvait af- | fectée d'un goître lymphatique. Elle, & avoua que cette maladie lui était surve- | nue après un accès de terreur, et qu’elle augmentait pendant la pleine lune.

(8) « Nimirum nutrix quædam ante !

circiter anni spatium duos pueros alum- | nos secum habens, alterum ulnis, manu, | alterum gestans. Dum transierat rivulum,®| alter incidit, hunc demum extrahere la- | borat, de improviso natu minor eodem à momento incidit. Ambo inyersis capi- * tibus extracti sunt, ut aquam deglutitam « emoverent, sicque servarentur. Quid fit?, non longum post tempus amborum colla intumescere cœperunt, et strumæ apparebant, sed adhibita opera nostra disparuere iterum. Mater vero horum filiorum w prægnans ex falsa et præconcepta imaginatione, atque mœærore, paucarum fere M septimanarum spatio filium peperit, stru- w mam colli gestantem.» Rolfink, 1. c., :

C. VII, p. 14. - 2 (9) Jos. Langius, 1. r, Epist. med. 45, cite un orfèvre affecté d’un goître d’un poids énorme, dû au mercure, y: 0 ae V. plus bas le traité de çes mala=. |

16$e Det: 1

DU LARYNX, DE LA TRACHÉE=ARTERE ET DW CORPS THYROÏDE

2. Cause prochaine sl cause prochaine du goitre était attribuée à la lymphe lente et tenace (11), à l'humeur pituiteuse et mélancolique (12), à l’absorption du mercure par là voie pulmonaire (13), à la pénétration de l’air dans le parenchyme du corps thyroïle (14), etc.; série d'hypothèses à laquelle nous n'ajouterons rien (15).

S IV. Diagnostic. Pronostic.

… 1. Diagnostic. — Le goitre, regardé par les habitants des Alpes plutôt comme un ornement que comme une maladie (16), se développe quelquefois en dedans (17), et peut alors être confondu avec le

. (14) Rœmbild, L c., thés. vu.

(12) Fabr. ab Aquapendente, De tumor. præternal, Cap. Xx1.

(13) Quércetan, Tetrad. affect. capit.

Cap. v. | | (14) Häller, Elem. physiol., t. mi, p.

: (15) Rullier dit très-bien : « On ignore entièrement quelle est la cause immédiate ou prochaine du goître. Un voile impénétrable caclie le principe de l’aberration qui survient alors dans la nutrition du corps thyroïde, et par suite dans sa composition organique. » Dict., 1. €., p. 530.

(16) « Némo, juxta Juvenalem, in Albibus tumidum guttur miratur, immo tantum potius incolis est ornamentum, Quantum aliis auréa diademata, gémmis ét unionibus intertexta. s Dans ces pays te advenis et proficiscentibus structura élegantiori corporis præditi vitio ab incolis verlitur, ac si membro ab iis pro principali habito destituerentur.., s Alitér véro sentiunt æqui formarum specta:

torés, qui gratiam Corporis in legitima partium strüctura quærünt, eamqué or- Bganorüm proportione convenienté metiuntür, atque colli potissimur æqualèem et féré circulirem rotunditatem laudant. » Sperling, 1. c., $ 4.

… (17) « Uné des formes du goître qui n'est pàs trôs-raré, est ce qu’on nommé Yulgairement goître en dédans. Le dévelôppement de l’un ou des deux lobés sé fait à l’intérieur. Il enveloppe la trachéeartère, la comprime, l’aplatit dans une Cértaine étendue. La voix est altérée, la respiration constamment gênée, surtout si lé malade fait quelque exercice, ou quelque marche pénible. » Coindet, I. ce.

(De struma introrsum evoluta lege prætérea Fodéré, 1: c., p. 68, et Ruillier, Dict., 1$ C. P: 529.) ‘

bronchocèle proprement dit, ou hernie trachéale (18), avec des tumeurscystiques et mélicériques à la partie antérieure du cou, quelquefois placées’ autour du corps thyroïde ou entre ses lobes (19), avec ur anévrisme de l'artère carotide (20), avec l'obésité du cou (21). où un emphysème fugace (22), et avec les engorgements scrofuleux des glandes du eou, et surtoat des glandes maxillaires, qui-par leur for:

me imitént la tumeur à deux lobes du corps thyroïde. Le goitre se divise en plusieurs espèces : 1° goître lymphatique (23), le plus commun de tous. L’hu= meur lymphatique, renfermée dans les cellules du corps thyroïde comine dans autant de kystes, est tantôt limpide,

es

(18) Cfr. K 1, n. 2,

(19) Le diagnostic dé ces tumeurs est d’une grande difficulté en chirurgie.

Le célèbre Dupuytren déclare qu'il est souvent difficile de les distinguer du got= tre (V,: Bruu, I. &., p. 17), et pense que la plus grande partie des observativns dans lesquelles le croup a été extirpé avec succès doit être attribuée à la difficulté de le distinguer des autres tumeurs.

(20) Bien que ce diagnostic soit difficile en chirurgie, cependant nous pensons que la table suivante de diagnostic comparatif, donnée par Rullier (Dict.;, 1, c.; p. 541), ne pourra nuire :

Anévrisme de la carotide.

4, La tumeur apparaît d’un seul côté dit cou: *:

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