LVI
(100) Morgagni, epist. vi, 12; epist. # XX, 95; epist. XXI, 35, 84. ‘ (4) « In tantum vero tuinorem inflammatus pulmo aliquando effertur, ut in eodem thoracis cavo vix non ampliori costarum frequenter vestigia, formamque albescente ex flayo materia delineatam ostenderimus; quod in dextro inprimis thorace, per hepatis, interdum prægrandis et ad quartam, tertiamve ex veris Costam, apud multos in pectus ascendentis volumen adauctum non raro contingit. » J.-P. Frank, I. c., p. 130.
Aussi, je m'étonne que Laennec (I. c., « p. 163) nie ce fait. Pinel et Bricheteau se montrent de mon opinion, dans le Dict.
des sciences médicales, vol. xzut, p.
426, en disant : « Nous avons plusieurs fois observé les traces de cette compres-!
sion, dont Frank fait une mention spéciale; autorité qu’on peut opposer avec avantage à ceux qui nient la possibilité!
d'un tel phénomène, fondé sur ce que” l’augmentation du volume du poumon*
DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS. 165
tantôt dans toute son étendue, tantôt dans une partie seulement, adhère par des fausses membranes à la plèvre costale, au médiastin (2), au péricarde, au diaphragme (3). Les fausses membranes de cegenre, quelquefois très-denses (4), pourvues de vaisseaux sanguins (5), recouvrent dans quelques cas (s'ils ne lui adbèrent pas (6)) la superhcie des parlies enflammées (7). Entre lés pseudo-membranes et la plèvre, ou entre elles et la superficie du poumon et les lobes pulmonaires, une matière purulente se réunit comme dans des sacs et simule un abcès :
simule, dis-je, car ces sortes de collections purulentes ne peuvent jamais être assimilées aux abcès francs, puisqu'elles ne sont jamais accompagnées de l'érosion du poumon ou de la plèvre (8). On ren-
n’est qu'illusoire, ce qui nous semble erroné. »
(2) Sennert, Prax., 1. 11, P. nu, ©. xvr.
— Plater, 1. 11, c. xvr. — Ettmuller, Op.
med., p. 350. — Bonet, Sepulchr., 1. 1,
sect. 1v, obs. 2, — Portal, Cours d’anatomie médicale, t. v, p. 28. — Haygarth, in Arzneyk. Abhandi. von London, 5 B., p- 22.
(3) « Non raro ad diaphragmatis arcum, cui bepar subjicitur, inferior dextri pulmonis lobus cum hoc septo connascitur. » J.-P. Frank, 1. c., p. 130.
(4) Morgagni, epist. 1V, V, VI, vit, XIV, XX, L, LIV.
(5) « Aliquoties in novissima ac tremula adhuc membrana, innumera, quinque vel sex dierum spatio generata vas-
Cula auditoribus, quod iterum alii ante nos jam fecerant, ostendimus., » J.-P, Frank, 1. c., p. 132. C’est ainsi qu’au mois de décembre 1794, j'ai vu mourir à Ja clinique de Pavie une belle jeune fille, de cette affreuse maladie. Les pseudomembranes furent envoyées par mon père à l’habile professeur d'anatomie de Brescia, qui en injecta les vaisseaux sanguins au mercure. Cette belle prépara- tion se trouve dans le musée pathologi- Que de cette université.
(6) Portal, 1. c., p. 67. — Renard, Journ. gén. de méd., chir, et pharm., 1814, octobre.
(7) La pseudo-membrane du poumon ressemblait à un sac, dans Morgagni, 1, c., epist, xx, art, 47. — Stoll, op. c., vol. 11.
(8) « Hunc saccum inter ac pulmonem non raro plurimum purulentæ colligitur maleriæ; quæ primo quidem intuitu abscessum pulmonis amplissimum menti-
contre cependant et assez fréquemment (9) des exemples d'abcès francs du poumon. Ces vomiques s’observent presque toujours dans les lobes inférieurs des poumons (10), et même dans la partie postérieure et latérale (11). Nous en avons aussi rencontré dans la partie su-
périeure. Les vomiques du poumon sont
de grandeur variable, et leur diamètre s'étend d’un demi-pouce à trois pouces et au-delà. Le plus souvent elles ont la forme d’un œuf. Lorsqu’elles sont entières, elles contiennent un liquide blanc ou jaune, cendré, verdâtre , et quelquefois fétide. Lorsqu’elles sont rompues, le liquide prend une couleur plus ou moins rouge. Plusieurs rameaux bronchiques s'ouvrent dans la cavité de la vomique, et établissent ainsi une communication avec les rameaux voisins et contigus. Les rameaux de l'artère et des veines pulmonaires qui surmontent la vomique sont contractés et quelquefois obturés par une matière fibreuse, qui obture également les extrémités des vaisseaux sangnins qui se terminent dans la cavité de la vomique. La parlie du poumon voisine de la vomique est enflammée, et résiste à l’entrée de l'air par la trachée. Le parenchyme du poumon est rempli par une Iymphe coagulable, quelquelois de couleur noire (12), qui peut
tur; sed attentius ab hoc ipso abstersa, visceris superficiem intactam prorsus ostendit. « J.-P, Frank, 1. c., p. 152.
(9) Bien que je sois persuadé que les
médecins ont souvent pris de faux abcès
pour des vomiques, cependant je ne sau-
rais être de l’avis de Laennec lorsqu'il
dit (1. c., p. 161):<«1I1 n’y a pas de lésion organique plus rare qu'une véritable collection de pus dans le tissu pulmonaire. »
(10) « Les parties inférieures äu poumon sont le lieu qu’occupe ie plus ordinairement la péripneumonie. » Lacnnec, 1, C., p. 167.
(11) J.-P. Frank, 1. c., p. 131.
(12) Le 18 mars 1818, j'ai ouvert le cadavre d’un homme de soixante ans, qui, dans le cours d’une pneumonie qui l'avait fait succomber le huitième jour, rejctait des crachats couleur de chocolat, et fétides. Le poumon gauche était friable, et son parenchyme rempli d’une lymphe sanguinolente semblable aux crachats. Des pseudo-membranes unissaient la surface de ce poumon et la plèvre. La surface interne des bronches présentait
êtreexprimée par la compression, comme l’eau l’est d’une éponge. Dans un degré moindre de la maladie, le parenchÿme crépite encore et conserve sa structure alvéolaire. D’autres fois, l’inflammation rend la substance du poumon tellement compacte, que si on en présentait un morceau à un anatomiste expérimenté, il jurérait avoir sous les yeux un morceau du foie (13). [l n’est donc pas étonnant que le poumon ainsi constitué, ayant perdu sa structure celluleuse (14) et acquis une structure granuleuse, soit plus pesant (15), et tombe au fond de l’eau à la surface de laquelle on le place (16). On trouve l’inflammation et ses suites, tantôt dans les deux poumons, tantôt dans un seul (17); et dans ce dernier cas, le côté trouvé affecté sur le cadavre ne correspond pas toujours au côté souffrant du malade; l’inflammation du poumon se rencontre également dans l’un et l’autre côtés du thorax (18). Le lobe du poumon
une couleur rouge livide. La vésicule du fiel contenait des calculs.
(13) Poumon hépatisé, poumon carnifié. Portal, 1. c., p. 72. C’est à tort qu’un médecin, in The Edinb. med. and surgical, 4807, vol. 11. Cfr. ibid., 1809, vol. v, prétend qu'un tel état des poumons peut survenir sans inflammation.
(14) Le poumon dont le parenchyme est enflammé et compacte tombe seul au fond du vase. Il n’en est pas ainsi du poumon dont l'inflämmation n’atteint que la superficie. Stoll, op. c., vol. 1.
(15) « Un dés caractères physiques de l'inflammation des poumons est l’augmentation de leur poids, qui de sept à huit onces s'élève jusqu’à quatre livres et plus, dans les pneumonies très-intenses. » (Pinel et Bricheteau, Dict. des Sciences méd., vol. x£nr, p. 426.)
(16) Haller, Opusc. pathol., p. 32, — Morgagni, epist. vu, 4, 9; epist. xiu, 3; epist. KVI, XIX, 98; Episl. xxI.
(17) Joubert, Tract. de affect. thora- Cis, C. Vir, p. 385; —Rolfink, Epit. affect.
partic., 1. n, P. 1, c. 1v, p. 133; — Sennert, Med. pract., l. 11, P. u, Cap. Il; — Schenk, I. 11, Obs. med. de peripn., obs.
95, ont trouvé un seul poumon enflammé.
(18) « Je ne crois pas non plus que la péripneumonie ait plus souvent son siége à droite qu’à gauche, comme quelquesuns l’ont dit, nos observations ne nous ayant rien appris qui puisse nous faire croire que cette maladie ait plus souvent son siége d’un côté que de l’autre, » Portal, 1. c., p. 66. Déjà Wendt a réfuté l'opinion de çeux qui prétendent que le
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES
enflammé comprime le lobe voisin (19).
Le plus souvent lesbronches sont enflammées avec le reste de la substance du poumon (20), et leur surface interne est obturée par une matière Spumeuse, du mucus puriforme (21), quelquefois sanguinolent, oudes concrélions polypeuses (22). Quelquefois l’inflammation des bronches s'étend jusqu’à la trachée, sans que le poumon ou la plèvre participe à cette inflammation (23). Beaucoup d’auteurs citent des cas d’inflammation isolée!
de la plévre (24), mais les observations d’autres médecins (25) et les nôtres ap-
côté droit est plus souvent affecté que le gauche. De 75 malades qu'il vit affectés.
de pleurésie, 38 se plaignaient de douleur au côté droit, et les autres de douleur au côté gauche, et le décubitus ne paraissait pas plus dangereux chez ceux qui se plaignaient du côté gauche. » L. €.
(19) Stol,L €,, YO
(20) Nous avons rencontré l’inflammation des bronches presque dans tous les cas où le poumon avait été malade. Les bronclies contenaient une humeur spumeuse ou sanguinolente et purulente, semblable à celle qui, pendant la maladie, était rejetée par la toux. J.-P. Frank, J, c., p. 151.—Reil, L. €., p: 469.
(21) Cullen; 1. c., $ 340. — Reil, Fiéberlebre, I. c., p. 469,
(22) Portal, 1. c., p. 67. — Renard, Journal de méd. chir. et pharm., 1814, oct.
(25) 3. P. Frank, 1. c.—Badham, L c., et moi-même souvent.
(24) La plèvre seule fut trouvée en flammée dans les cadavres par Diemerbroek, L. c., p. 447; Riverius, 1, VI, €. D; Riolan, Anthropologia, I. 111, c: V; Bonet, Anat. pract., l. 11, Sect. 1v, p. 498
(25) Welschius (Cons., et cur., dec. 1, c. 1) dit de l’archiätre romain Sérvius, qu’il se gloriliait d’avoir disséqué à l’hô:
pital du Saint-Esprit plus de trois cents cadavres de pleurétiqués, et d’avoir tous jours vu l’un ou l’autre côté du poumon enflammé, et la plèvre légèrement en= flammée. Lieutaud dit : « Inter innume= ros inflammatione pectoris sublatos, quos!
secandos curavi, binos dumtaxat genuinaï pleuritide affectos reperii. » La même chose est constatée par Portal, Sarcone,, J.-P. Frank, 1. c., qui dit: «....centeno= rum inquisitio cadaverum nos docuity!
quod jam a magni nominis scriptoribus animadversum fuit, in paucissimis, qui ex pleuritide, aut pleuro-pneumonia cum Singulis aliis decubüerant, inflammatio=| nis Sedem ad ipsam pleuram hæsisse;)
DE LA PLÈVREÿ DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS, 167
prennent qu'il est très-rare que sur Îles cadavres des péripneumoniques on trouve la plèvre costale enflammée sans que le poumon ou les bronches le soient en même temps ; la plèvre costale, dis-je, car plusieurs fois nous avons trouvé la plèvre qui recouvre les poumons d’une couleur rosée et en quelque sorte érysipélaäteuse (26). On rencontre très-fréquemment l'inflammation simultanée des plèvres costale et pulmonaire; du parenchyme du poumon et des bronches.
La gangrène du poumon (27) et de la plèvre (28), rare d’après les observations des autres et les nôtres; doit être Soigneusement distinguée des ecchÿmoses.
Dans la gangrène , la substance du poumon est noire, flasque , friable, et présente une sanie fétide. Dans l’ecchymose on trouve du sang extravasé dans le tissu pulmonaire (29). Ces ecchymoses sont de deux espèces : les unes sont noirâtres et formées après la mort (sous l'influence de la position horizontale ; le sang, en raison de son poids, afflue à la partie postérieure du poumon (30)); lesautres,
rouges, sont le produit de l’inflamma-
tion (31); en effet, les artères et Les veinés du poumon participent à l'incendie général. Le ventricule droit du cœur est souvent gorgé de sang et contient des
vix autem non omnibus, sine pleura pulmones inflammatos fuisse. » |
(26) Morgagni (epist. xx, n. 12) ne nie point que l’inflammation du poumon consiste quelquefois dans une rougeuür fugace, lorsqu'elle est érysipélateuse. Haenius défend la même opinion, lorsqu'il observa les lobes inférieurs du poumon enflammés, mais non durs comme dans les autres pneumonies.
(27) Blancard, Anât. pract. rar., cent. r, obs. 67, p. 149. — Lieutäud, op. c:, obs.
297, 525, t. 11, p. 93. — Watson, Med.
observat. by a soc. of London, vol 1v. — Laennec, 1. c., p. 181.
(28) Lieutaud cite un exemple de gangrène de la plèvre, Hist. anat. med., obs. 741, 742, Le poumon était aussi gangréné.
(29) J'ai observé plusieurs fois lé sang éxtravasé dans le parenchymé du poumon; ce qui a été observé par Häller (Opusc. pathol., p. 28), Cullen (First lines of the pract. of phys., 1 vol., 6558), Reïl (l. c., p. 469, et Memorab. clin. , vol. n, Fasc., p. 127).
(50) Morgagni, epist. Li, art. 54.
(31) Baïllie, op, c. vérs. — Sœæmmering, not. 77, | | |
concrélions polypeuses (32). La veine cave ascendante et le foie sont le plus souvent gorgés de sang (33). On a trouvé des vers dans l'intestin (34). L'encéphale et le canal vertébral présentent souvent des congestions sanguines et quelquefois un épanchement de sérosité (35). D'après les recherches de Reïl (36), on n'aurait pas constaté l’inflammation du nerf vague. ù $ III, Causes.