‹ Traité de pathologie interneChapitre 88 sur 277 · Peripneumonies traumatiques · texte numérisé non relu

Peripneumonies traumatiques

Nous donnons le nom de péripneumonies «

traumatiques à celles qui sont produites par les violences extérieures sur le thorax, par l'introduction de corps étrangers ou l'inspiration de vapeurs âcres dans les.

bronches. Pour les reconnaitre, l’exploration de la surface externe du thorax est souvent nécessaire et permetde constater les blessures des côles (59), les bles-

sures, les hernies et l'emphysème du" poumon. Chez les enfants, il faut exa="

corps étranger ne s’est pas introduit dans

PU UE VON fs

miner si pendant la déglutition stars]

les voies aériennes , surtout si la maladie#

s’est développée spontanément et sans” autre cause évidente. En effet, les pneu<.

monies traumatiques offrent ce caractère particulier, qu’elles se développent d’a= |

bord dans le point enflammé et ne font

à la maladie. | 18. Peripneumonies inflammatoires:

— Les péripneumonies inflammatoires,

que plus tard participer le corps entier |

les plus fréquentes de toutes , sont dues

à l'impression d’un froid vif long-temps prolongé (60). Les personnes qui y sont

le plus exposées, sans en excepter les

vieillards, sont celles qui sont sujettes

à des hémorrhagies (61), et celles qui

ot | |

(58) Lib.1, de cris, cap. v. Galien, avait divisé les pneumonies , d’après les | humeurs, en sanguine, bilieuse, pitü | teuse et mélancolique. | (59) J'ai connu un cas dans lequel les | médecins traitèrent, par. les médica:!

ments béchiques et expectorants, une pneumonie déterminée par une fractures de côtes, qu'ils méconnurent. Ileureux ceux qui ne séparent point la médecind} de la chirurgie.

(60) Baglivi, Prax. med., L.1, app:

ad pleuritidem, $ 1, dit : « Refrigoriferæ igitur pleuritides sunt vere inflammatos riæ pleuritides, in iisque sanguinis mis= sio juvabit, dummodo cætera consens# tiant, ac permittant. » Il ajoute : « Si vero cum rigore non inceperit, spurian solet esse, ab aliis causis, non vero ins flammatoriis dependens. » Idem ib. J'ai montré ailleurs (Acta mea clin., an. m4 p. 55) qu'il y avait des exceptions à cell égard. PI (61). « Et quia corpora hæmorrhagiis!

DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS. ; 181

sont adonnées aux liqueurs fermentées (62). La maladie ayant son siége, comme il arrive souvent , dans le parenchyme du poumon, il faut prendre. garde que la mollesse du pouls qui se rencontre d'habitude dans les pneumonies (63), ne fasse méconnaître le siége de l’inflammation.

. 19. Peripneumonies rhumatismales el métastatiques. — Les péripneumonies rhumatismales proviennent de la suppression de la transpiration. Elles sont accompagnées de fièvre et de symptômes rhumatismaux (64); la-douleur de poitrine se fait surtout sentir ,et change souvent de lieu. Le siége principal de la maladie est la plèvre ou costale ou pul- monaire. Et si la cause rhumatismale (ou exanthématique) se porte sur la membrane muqueuse des bronches , la bronchite se développe.

20. Péripneumonies gastriques, bilieuses el vermineuses. —. Les péri- Paeumonies gastriques, surtout bilieuses, ont été très-bien décrites par Baillou (65), Portal (66), Colombier (67), Lepecq de la Cloture (68), Stoll (69), Romain (70), mm pe admodum obnoxia, plerumque sanguiucæ sunt Complexionis, et spasticis in imo ventre stricturis patent, hinc fit, ut juvenes, qui largas narium hæmorrhagias, sputum cruentum , et hæmorrhoides præmaturas experiuntur, perquam facile, accedentibus occasionalibus causis, in pleuriticas et pueumonicas febres

incidant. » F. Hoffmann, Med. rat, syst., t. iv, sect. v, ©. vi, S 8.

(62) Rien n’est plus éloigné de la vérité que de dire que les vieillards sont peu exposés aux maladies inflammatoi.

res, J'ai guéri heureusement, par la saignée, des pneum ons inflammatoires des octogénaires,

M(64) P. 1, vol. 1, cap. vi, 8.64, 5.

(65) Op.

- (66) Dict. des sciences médicales, I, C., p. 405.

à (Gr) Code de médecine militaire, t. 1v,

(68) Obs. sur les maladies épidémiques. Paris, 1776.

(69) Rat. méd., p. 1, vol. vu, p- 112, 417, 546. | fs

(70) Essai sûr la manière de traiter les péripneumonies bilieuses, Mez. 1779.

Ackermann (71) , Jansen (72), Guidetti (73), et quelques autres (74). Elles se développent quelquefois épidémiquement (surtout par un temps chaud et une constitution annuelle favorisant les maladies gastriques) chez les gens mal: nourris, chez ceux qui font des excès de table ou qui sont exposés aux peines vives de l’âme. Elles revêtent souvent la forme de la pleurésie ou de la pleuro-pneumonie. La fièvre, accompagnée de sympt6mes gastriques, ouvre la scène. L'aspect du malade (la couleur jaune dela face et des yeux, la rougeur circonscrite des joues, la pâleur du nez et des lèvres} indique l'affection gastrique. . A ces symptômes se joignent la pesanteur de têle, l’amertume de la bouche, les crachats jaunâtres (75), les exacerbations du soir, les rémissions du matin, la prostration des forces, et la petitesse, la mollesse et l’irrégularité du pouls. Le vomissement spontané et la diarrhée bilieuse adoucissent les symptômes, dont quelques-uns, tels que la prostration des forces et le mauvais état du pouls, s’aggravent par les. saignées répétées. Il faut prendre garde de diagnostiquer. sur un seul signe une pneumonie-.de cette nature. Il n’est pas rare, en effet, que des pneumonies inflammatoires , sans parler de la cardite, présentent l’appareil des symptômes gastriques , et surtout le vomissement bilieux. Et cela n'offre rien d'étonnant. De même, en effet, que l’état inflammatoire des organes abdominaux détermine l’inflammation du poumon, de même l'état inflammatoire du poumon détermine l’inflammation des organes:

abdominaux. En effet, l’action du nerf pneumo-gastrique agit également en haut

(71) R. pleuritidis biliosæ brevis adumbratio. Kilon., 1785.

(72) Diss. de peripneumonia biliosa.

Goett., 1787. +

(73) Diss. de pleuritide biliosa. Heidelb., 1790.

(74) Chatelanat, in Muséum der He:lk., 2 B. — Caucanos fils, Annales de la Soc.

de méd. pratique de Montpell., t. xxxu, p. 517.

(75) Je pense qu'il faut attribuer cette couleur jaune non à la bile, mais à uno petite quantité de sang mêlé à du mucus ou à une humeur puriforme, parce que ces crachats, même lorsqu'ils présentent un aspect bilieux, ne produisent aucune saveur amère sur la langue du médecin qui les goûte. &

ét en bas. Oatre l’action des nerfs, on peut, pour expliquer la cause des symptômes gastriques , ‘invoquer la pléthore abdominale ‘en raison de la difficulté :que la veine cave ascendante

éprouve à se vider (76) ; l’inflammation

du foie ; puisque la pneumonie s’associe

souvent à l'hépatite (77) chez les person-

nés affectées d’hémorrhoïdes, adonnées à

la boisson ou livrées aux passions tristes.

Quercetanus (78), Paulin (79), Schenk (80), Riverius (81), et quelques autres (82), ont décrit longuement les pneumo- - nies vermineuses. Noussoupconnons leur présence si l’état du malade, le climat et la constitution annuelle favorisent le développement des affections vermineuses ; si le pouls est quelquefois petit, mou,

faible et inégal ; siles malades éprouvent

la sensation d’un ver qui monterait vers la gorge et Les menacerait de suffocation ; si tantôt ils ont chaud et rougissent, et tantôt ont froid et pâlissent, et si des vers se montrent dans les vomissements ou dans les selles. Cependant , il ne faut pas oublier qu’une évacuation semblable peut arriver accidentellement.

21. Péripneumonies intermittentes.— Nous avons dit que les fièvres intermittentes peuvent se présenter sous la forme de péripneumonies (83). Morton (84), Semac(85),Torti(86), Haen (87), Strack(88),

(77) Pleuritis hepatica. Bianchi (ist.

hepat., spec. 1, 1, p.254). |

(78) Pharmac, dogm. rectif:, cap. im, p. 651.

(79) Misc. act. n. ç., dec: 5, an, 4, p.114, obs. 68. : |

(80) Lib. 1, obs. 92.

(81) Cent. 1, obs. 75.

(82) Hufeland’s Journ., 6 B., p. 826, 829. — Roustan, Journal de méd,, t..1x, p. 269. — Reveltat, Annales de Soc. de médec. prat. de Montpellier, t, 1v, P. 1,

(83) P. 1, vol. 1, cap, ur, S 24, 2.

(84) De intermittent. diagnosi, p. 353.

— Pyret., p.141.

La De récondita febrium natura, 4759,

(86) Therapeutice specialis ad febres quasdam perniciosas inopinate ac repente lethales, una vero china, peculiari modo ministrata, sanabilis, Mutinæ, 1742, 1, y, C: V, pe 523. se

.(87) Rat. med., t. n, p, 91.

(88) Le. Ces P: 115,

MALADIES DES PAROÏS THORACIQUES y

Medicus (89), Blom (90), Hoven (91). J.- P. Frank (92) et beaucoup d’autrés (93), ont décrit des péripneumonies semblables, intermittentes ou périodiques. Nous avonsrencontré dans l’Insubrie et l’Austrie un si grand nombre de ces affections que nous sommes étonnés que Reil ait pu les révoquer en doute (94). La maladie, comme les fèvres intermittentes pernicieuses , se manifeste le plus ordinairement par le vertige, le frisson et des vomissements ; les deux mamelles deviennent le siége d’une douleur pongi= tive, brûlante, obtuse et que de fortes et profondes inspirations augmentent presque toujours. Le malade respire difficilement, est tourmenté d’une toux sèche.

Ces symptômes, bientôtsuivis de chaleur, atteignent un grand degré d'intensité; en même temps survient le délire, les crachats sont puriformes et sanguinolents, une sueur générale, une urine jumenteuse ou chargée d’un dépôt couleur de brique terminent habituellement la cri-.

se ; de sorle que le malade, sauf sa faiblesse, semble entrer en convalescence :

lPapyrexie dure six ou ‘huit heures , quelquéfois une journée entière, jusqu'à ce que de nouveaux accès semblables à celui que nous avons décrit se succédant sans relâche, la maladie se termine par la guérison ou la mort. Nous avons observé une maladie qui se présentait sous l'aspect d’une fièvre tiercedouble dont lés paroxysmes, de deux jours l’un seulement, offraient les symptômes de la péripneumonie. Il est bien facile de reconnaitre la péripneumonie périodiques il suffit pour cela d'observer avec soindle malade le jour et la nuit (95),et.de tenir

(89) Von periodischen Krankh., p. 118.

(90) In Meckel’s Neuem Archiv. d. pr.

Arzneyk., 1 th., p. 252.

(91) Versuch uber das Vechselfeber, 4 B., p. 55.

(95). Horn, 1, ©. — Marcus, Magaz. f.

specielle Therapie, 2 B., p. 337: — Matthey, Giorn. della soc. med. chirur. di

Parma, vol. 11, p. 117. — Bondi., ibid.,

p. 125. — Monton, in Annal. de la Soc.

de méd. prat. dé Montpellier, t. xxvn, p. 135.

-1(94) Lic., p.509. « Obauch die Pneumonie vollkommen intermittirend ge= funden werde:, und, in der. Apyrexie die!

Entzundung vollkommen verschwinden!

konne, bezweifle ich sehr. » |

(95) Au printemps de l’année 1801, une

DE LA PLEVRE, DU, MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS

compte des changements subits, soit en bien, soit en mal qui ne sont point ordinaires aux péripneumonies , ainsi que du caractère épidémique favorable aux fièvres intermittentes.

22. Pneurmonies arthritiques. — Il arrive quelquefois qu’une goutte ou un érysipèle. habituels aux extrémités étant entravés dans leurs . développements, une maladie qui les remplace se déclare dans les poumons et principalement dans les bronches. Un simple catarrhe survenant également au milieu de l’accès de goutte habituel , toute la violence de cetie maladie se porte aux bronches. Dans les deux cas, cette affection, que Musgrave (96) et Barthez (97) ont parfaitement décrite, est désignée sous le nom général de péripneumonie arthritique. Le frisson, l'agitation, signalent son envahissement : bientôt une chaleur brûlante s'empare du malade; enfin se présentent fous les symptômes de la bronchite et de la pleurésie. Le mal devient plus grave, bien qu’un seul côté de la poitrine soit attaqué par l’inflammation ; mais l’autre côté se trouvant pris également par suite d'un nouvel accès, le malade succombe au moment où l’on pouvait croire à sa convalescence. On reconnait qu’une. péripneumonie artbritique est sur le point de prendre fin, soit à un accès de goutte ordinaire, soit lorsque l'urine est accompagnée d’un dépôt arthritique ou d'une sueur visqueuse et fétide.

23. Péripneumonie typhoïde. — La péripneumonie prend le nom de typhoïde lorsque la fièvre l'accompagne, que les symptômes se contredisent et que celui qui en est atteint éprouve une grande prostration de forces , un affaiblissement général du système nerveux (98). On doit

nes nnnereer sense

flemme, à l’hospice civil de Vienne, était affectée d'une graye péripneumonie. La personne qui la gardait me dit qu'elle dormait tranquillement toute la nuit. Comme un repos: semblable pen= dant la nuit ne s’accordait pas avec la sravité de son état pendant le jour, et que les fièvres intermittentes se manifesaient alors, je visitai cette: femme vers le milieu de !a nuit, et je la trouvai dans un état complet d’apyrexie.

(96) De arthritide anomala, cap. x1.

(97) Abhand. über die Gichtkrankh, aus. d. Franz, von Biechoff, 2 1h. Berlin, 1805, p. 288.

(98) Syn, peripneumonia péstilentia-

la description .de cette maladie, qu’elle se présente avec un caractère épidémique ou sporadique, à Gall (99), Camerarius (100), Sthal (1), Schenk (2), Baillou (3), Wier (4), Eller (5), Sigwart (6), Bang (7), Huxham (8), Sarcone (9), Sauvage, (10), Sandras (11), Elsner (12), J.-P. Frank (13), Kreysig (14), Schmitt (15), Cappel ,(16),. Hoffmann (17) et à d'autres médecins (18). — Au début de la maladie, les forces s’affaissent , le. visage s’altère, le malade brüle et frissonne en même temps, il respire avec peine, sa poitrine est op=

lis, p. nervosa, p. putrida, p. asthenica, p. adynamica, p. ataxica, p. maligna.

(99) Fascic. de peste, peripneumonia pestilentiali, cum sputo.sang. Brix., 1565.

(100) De pleurit, maligna miliarib. soluta. Tub., 1755,

(1) Diss.. de pleuritide vera maligna cum purpura alba feliciter curata. Erf., 1728. <

(2) Obs., lib. vi.

(3) Op., t. 1; Epid. et ephemer., 1. 1, p. 15; Constitutio verna, an. 1571.

(4) De obs. rar. déscribitur epid., an.

(5) Observ. de cogn. et curandis mor bis, p. 194. {115

(6) De pneumonia maligna. Tubing.;

(7) In Act. reg, soc. med. Hayn., vol.r,

(8) De aere et morbis epid., 4745.

(10) Nosol. method., t. 11, P.r, morb.

cl. im, gen, xur, spec. 15. Describit epidemias grassantes, an. 1741, mense febr.

Forolivii Galliæ provinciæ; 1745, mense martio, Aquismortuis, et 1747, Meloorii.

(11) Diss. historia peripneumoniæ cum conditione putrida. Lugd. Bat., 1789.

(12) Diss. de peripneumonia putrida, Regiom., 1791.

(14) Commentatio de peripn. nervosa, Lips., 1796. |

(15) Diss. de perip. nervosa. Erl.,

(16) De pneumonia typhode seu nets vosa. Goelt,, 1798.

(17) Sur la péripneumonie typhode.

Strasb. , 1804.

(18) Francus de Frankenau, De pleuritide cum purpura maligna leihalt. — Misc. acad, n. c., dec. 5, an. 1, p. 298, —Hildebrand, De purpura alba, ab initio pleuritidem mentiente, die sexto lethali.

Nova acta n. c.,t. 11, p. 374. — Carron, in Sédillot, Recueil périodique de la Soc.

de méd, de Paris, t. Lx, p. 289.

pressée, la toux fréquente et pénible ; tantôt celte toux est sèche, tantôt des crachats sanglants l’accompagnent. S'il est debont, la difliculté qu’il éprouve à respirer l’oblige à s’asseoir ; mais, même dans cette position , les forces lui manquent, il tombe facilement en défaillance, une horrible douleur de tête se fait sentir vers l'occiput, ‘et souvent à ces cruelles angoisses se joint ün délire sombre ou furieux. Avant l'accès de fièvre, ou même pendant sa durée, la poitrine devient si douloureuse qu’elle ne peut supporter aucun attouchement ; le malade étouffe et vomit de la bile, pour lui pas de sommeil ou bien un sommeil pesant ; sa langue est sèche, aride; il éprouve des tremblements, un hoquet convulsif s'empare de lui, ses urines sont troubles , aqueuses, noirâtres, sanguinolentes, furfuracées. Le médecin peut encore observer ou des sueurs glutineuses, abondantes , avec des pétéchies livides et noires, où une éruption miliaire, ou enfin des némorrhagies presque toujours funestes, qui se font passage par le nez, le ventre et les autres voies. Cependant une trève légère paraît être accordée au malade, la respiration n’est plus aussi difficile, mais il est en proie à une horrible soif, des aphthés entourent sa bouche et la rongent , il tombe en défaillance. Le sang qu’on perd dans cette maladie n’a point ordinairement de consistance, il ne se coagule pas ; quelquefois pourtant nous l'avons vu se couvrir d’une couenne dure et sanguinolente ; lorsque le malade doit succomber , il tombe dans un sommeil léthargique , dans une torpeur mortelle, quelques convulsions l’agitent, ses extrémités deviennent froides, à peine son pouls se fait sentir, tout est fini pour lui.—I1 peut arriver, lorsque l’abdomen devient le siége d’un embarras gastrique, qu'une légère diarrhée arrête le développement dessymptômes. Alors, et comme d'heureux présages, des abcès paraissent à la surface de la peau, de légères excoriations se groupent autour des lèvres; le corps, où apparaît un exanthème miliaire, laisse en même temps échapper une sueur abondante, laquelle exhale une forte odeur. Dans l’autopsie d’un individu mort de la maladie qui nous occupe nous avons trouvé l’un des poumons gonflé à sa partie postérieure, plein de sang, mais ne présentant aucune dureté; il n’était point pesant comme dans une péripneumonie véritable, ni entouré de sérosités et d'une lymphe facile à se coa-

MALADIES DES PAROÏS THORACIQUES

guler(19).— Dans les cadavres des For liens, les poumons étaient couverts de points noirs, livides, semblables pour la forme à des graines de millet, remplis!

d’une liqueur fétide. Une liqueur sem“ blable se trouvait, avec une grande quan-.

tité de vers dans les premières voies. À !

notre arrivée chez les Melgoriens , le pidémie cessait ; nous n ‘avons donc pu examiner aucun cadavre; mais, d’après’ ce qu'on nous à rapporté, nous avons’ conjecturé que desinflammations gangréneuses de la poitrine et du ventre avaient | emporté beaucoup d'individus (20). —:

Dans les cadavres que nous avons ou-* verts, nous avons surtout remarqué des” érysipèles à à la surface des poumons (pleu:

ropneumonie); nous avons donc pensé que les pleurésies appelées érysipélateuses malignes (21), ne sont rien autre que des péripneumonies présentant les Carac:

tères d’une affection typhoïde ou gastri= que, de sorte qu'on ne saurait douter que ces espèces de maladies ne se lient quel-, quefois aux péripneumonies tÿphoïdes, ou, ce qui est la même chose, au typhus avec péripneumonie (22); 1l est con stant en effet que des symptômes de ca=!

tarrhes se manifestent au conimencement!

du typhus (23); de là l’action particulière!

de la maladie typhoïde sur la membrane! | muqueuse des br onches, aussi avons-nous | très-souvent remarqué, surtout en temps!

de guerre, que des soldats attaqués du ty-” plus et exposés aux intempéries de l'air” et à tous les accidents qui pourraient leur“ faire contracter des péripneumonies, ne manquaient pas d’être frappés de la dou= ble affection, c'est-à-dire, qu'au typlhus qu'ils avaient déjà se joignait la péripneumonie. Cette dernière maladie peut enfin!

par suite de quelque embarras dans les:

voies respiratoires (24), et en raison de

(19) J.-P. Frank, Luc.

(20) Sauvages, 1. c.

(21) C’est Hippocrate qui enseigne que les poumons peuvent être attaqués d’érysipèle. Liv. de Int. affect., n.8. Ont traité. la même matière : Baglivi, 1. c., Append." ad pleur. ; Wolfgang ; cent, k} fol7; ==

Schenk, obs. 47, in Scholiis. Cfr. S2; n. 2.

(22) poses léez

(23) P.u, vol. 1.

(24) Les observations de Nvsten méri= tent: d’être lues (Recherches de physiologie et de chimie pathologique, p. 195).

Il en résulte qu'un individu, atteint d’uné* très-grave péripneumonie, n'avait; deux jours ayant sa mort, aspiré el rejeté que

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