DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN
Ja difficulté de l’oxygénation du sang, dégénérer en diathèse typhoïde. Mais prenez garde que la faiblesse et l'abattement du système nerveux qui se manifestent dans la péripneumonie ne doivent pas, par cela seul, faire considérer cettedernièrecomme ayantun Caractère typhoïde, car ces symptômes, qui la signalent ordinairement, prennent souvent naissance dans des congestions vers la moelle épinière (25) et le cerveau. En effet, les poumons étant soumis à une forte inflammation et leur parenchyme rempli d’une lymphe facilement coagulable, le ventricule droit du cœur doit nécessairement éprouver une grande difhiculté à pousser le sang par les artères des poumons. Ce point accordé, il suit nécessairement que la veine cave ne peut se décharger qu'avec une peine extrême dans l’oreilletie droite du c®ur ; et comme la veine cave ascendante recoit la veine azigos et celle-ci presque toutes les veines intercostales, il faut absolument qu’il se fasse dans la colonne vertébrale une congestion san guine. De là vient que les parties de cette colonne qui recoivent des nerfs, ou languissent, ou sont frappées de paralysie.
Il est assez facile de rendre raison des congestions sanguines de l’encéphale qui accompagnent les pneumonies. En effet, le même obstacle qui s’oppose à ce que là veine cave se décharge. dans l’oreillette droite du cœur, se retrouve dans les véines jugulaires, lesquelles recoivent les veines de l’encéphale. Les effets que produisent ces congestions dans la moelle épinière et dans le cerveau, et qui consistent en une certaine liqueur s’épanchant goutte à goutte, se retrouvent dans beaucoup de péripneumonies ; c’est ce qu'ont démontré jusqu’à l'évidence les autopsies dont nous avons parlé plus haut (26).
* 24. Complications. — Dans l'examen qu'on fait des différents caractères des péripneumonies , il est bon de ne point oublier les complications, non-seulement celles qui sont communes aux fièvres et
meme mmmenmuttf
la onzième partie de la quantité d'air atmosphérique qu'aspire et rejette un liomme en santé, et qu’il avait ainsi absorbé une portion bien moins forte de gaz oxygène.
(25) Otto, Glückliche Behandlung eines aus einer Lungénentzündung entwickelten Typhus, in Hufeland’s Journ, der. pr.
Heiïlk., 1821. Annon., p. 28*
DU THYMUS ET DES POUMONS. 185
aux péripneumonies, mais celles aussi quiserencontrent dans les maladies chroniques, telles que la mauvaise conformation de la poitrine, des tubercules latents du poumon, des vices du cœur, des grands vaisseaux et du cerveau. — C’est pourquoi, lorsqu'on est au lit du malade, il faut se demander si la péripneumonie qu'on a sous les yeux, quel qu’en soit le siége ou le caractère, s’est attaquée à un homme vigoureux et sain avant la maladie, ou bien affaibli déjà par une affection quelconque. Rappelons à ce sujet un beau mot de Galien : Pour bien apprécier, dit-il, les chances de mort et de guérison, il faut comparer la force de la maladie et celle du malade (27).
$ V. Pronostics generaux.
1. Si vous ne découvrez tout d’un coup le pronostic de la péripneumonie d’après le siége de la maladie, la condition particulière dans laquelle se trouve le malade, ou sa constilution, vous obtiendrez peu de lumières de la vague interprétalion des signes qui appartiennent à Ja séméiotique.
2. Pronostic d'après la condition du malade. — Les péripneumonies sont très-graves, 1° chez les nouveau-nés et les enfants en général ; 2° chez les vieillards dont les forces sont brisées ou qui ont certaines dispositions aux maladies du cerveau (les vieillards ‘sains et robustes, pourvu qu’ils soient bien traités, reviennent facilement à Ja santé) (28); 3° chez les bossus et les individus dont la poitrine est étroite (29); 4° chez les femmes enceintes , surtout lorsqu'il survient un avortement; 5° chez celles qui sont en couches ; 6° chez les ivrognes ; 7° chez les individus atteints de scrofules ou de maladies chroniques du cœur, des grands vaisseaux et du foie; 8° et chez tous ceux enfin qui, ayant déjà souffert des péripneumo-
(27) I Progn., 1, vi.
(28). C’est ce que m'a appris une pratique journalière. Il n’y a pas un an
qu’ayec le secours de Dieu j'ai rendu à
la santé des septuagénaires et même des octogénaires atteints de péripneumonies très-graves, et que, pour la plupart, ils avaient négligées.
. (29) De même que dans de vastes bâtiments un incendie est facilement éteint, ainsi peut-on détruire l’inflammation des viscères placés dans les cavités largement construites d’un corps humain bien conformé.
nies, en ont conservé soil de la dypsnée, soit une petite toux.
8. Pronostic d'après le siège de la maladie, — La pléurésie serait la moindre des péripneumonies, si on n’avait à redouter qu’elle ne se transformät soit en pneumonie, la plus dangereuse de tou-
tes (30), soit en hydropisie aiguë des ca=
vités de la plèvre et du poumon, soit en adhérences morbides. Ces accidents sont beaucoup plus graves quand ils se rencontrent dans une pleuro-pneumoniejointe à une pleurésie, La pneumonie n’a pas de plus grands dangers que l’inflammation des deux poumons, surtout sile cœur ne peut s’en garantir (31); cependant, nous ne trouvons pas les pneumonies qui affectent le côté gauche plus fâcheuses que celles qui se prennent au côté droit.
La bronchite et le croup diffèrent à peu près également de la pneumonie, Les enfants et surtout les vieillards sont atteints de cette maladie (32), et le plus souvent il reste de la bronchite un asthme et une toux chroniques. Enfin lorsque la bronchite se joint à la pleurésie (33), il faut craindre une hydropisie aiguë des cavités de la plèvre (34), et même que la maladie ne se transforme en pneumonie; plus il se trouve de parties enflammées, plus grand est le péril.
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(30) A pleuritide peripneumonia malum. Hippocrate, aph. 11, sect. var.
(51) Hippocrate dit (Coac. prænot, , n. 401, Charter, t. vur, p. 875) : « Quibus vero totus pulmo inflammatus fuerit cum
corde, sic ut ad latus procedat, resolvi-
tur totus æger et jacet frigidus sine sensu, et moritur secundo aut tertio die. » — Swièten ajoute : « Mirum certe videtur Hippocratem hæc notaré potuisse, nisi vel ex cognitis circulationis legibus , vel ex cadaverum peripneumonia defunctorum sectione illa didicisset.»—Cum enim cor a quatuor magnis vasis sanguiferis pendulum in pericardio hæreat, horizontali fere situ positum, sic ut yentriculus dexter cordis una cum dextra auricula antériorem corporis partém spectet, patet ratio, quare corde dextro, et auricula distentissimis (ob impeditum sanguinis per pulmonem inflammatum transilum), sinistro vero corde, et auricula fere va-
Cuis, cor versus antériora procidat, et
Jatus tangat. (Comment., 6 848.)
(32) Parce que probablement ils n’ont
ni assez de force ni assez d'adresse pour rejeter ies crachats. | (83) $ 4, 15.
(34) Badham, 1. c,, p. 152.
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES