ŒSOPHAGISME. — SPASME DE L’ŒSOPHAGE
frottement perçu à l’auscultation pendant les efforts de déglutition des liquides offre la rudesse d’un vrai bruit de râpe; la déglutition devientelle impossible, on peut encore percevoir la régurgitation sonore. Telles sont les principales données que fournit ce nouveau mode d’exploration; mais elles ne me paraissent pas avoir pour le diagnostic de l’œsophagisme la portée clinique qui leur est attribuée par Hamburger.
Le pronostic du spasme œsophagien est rarement grave; cependant on connaît quelques cas de mort; mais cette terminaison n’a guère été observée que dans l’hydrophobie non rabique chez des sujets très-fortement impressionnés.
Toutefois il n’est pas fait mention d’accidents hydrophobiques dans l’observation rapportée par Pomer en 18G6, relative à un homme de 48 ans qui mourut d’un rétrécissement spasmodique de l’œsophage; l’examen microscopique ne révéla chez lui l’existence d’aucune lésion appréciable. Dans un cas cité par Howship, l’œsophage présentait dans un point limité une coarctation intense et sans altération de tissu. Quant aux faits observés par Baillie, Monro et Ch. Bell ils sont fort contestables.
Enfin la maladie peut être chronique et présenter une désespérante opiniâtreté. On l’a vue persister près de 15 ans (Seney), et Lasègue a rapporté un fait d’œsophagisme d’une durée presque indéfinie (près de 30 ans).
TRAITEMENT
L’indication thérapeutique la plus urgente est de pourvoir à l’alimentation des malades, laquelle est parfois rendue presque impossible par la violence de la dysphagie.
• Le cathétérisme de l’œsophage n’est pas seulement le meilleur moyen de nourrir le patient; il constitue aussi l’une des plus précieuses méthodes de traitement. On se servira de préférence de sondes de gros calibre, car les petites réveillent quelquefois la contraction réflexe des fibres musculaires du conduit œsophagien, ou exagèrent le spasme quand il existe déjà. 11 faut avoir soin d’introduire la sonde avec lenteur et de la maintenir patiemment en présence de l’obstacle jusqu’à ce qu’on soit parvenu à le franchir; une fois ce résultat obtenu, on laissera pendant quelque temps le cathéter engagé dans la portion spasmodiquement rétrécie. Il a suffi dans certains cas de la simple introduction de la sonde œsophagienne pour faire cesser définitivement le spasme (Boudard), mais le plus souvent le cathétérisme a dû être répété plusieurs fois pour produire une guérison complète et durable. Si la sensibilité de l’œsophage rendait l’introduction de la sonde douloureuse, ou même impossible, on pourrait, suivant le conseil de Mondière, enduire le cathéter d’extrait de belladone.
MALADIES DE L’ŒSOPHAGE
A ce traitement mécanique, il sera bon d’associer certains médicaments internes; les préparations opiacées à hautes doses semblent avoir donné d’excellents résultats. Johnston ne craignit pas de faire prendre 15 gouttes de teinture thébaïque toutes les quatre heures, et à la sixième prise, le spasme, qui était des plus violents, cessa pour ne plus reparaître. La jusquiame, la belladone, Y acide cyanhydrique (Mac Swiney) ont été également administrés avec succès. J’ai réussi parfaitement chez un malade, âgé de 52 ans, par l’emploi simultané de pilules de belladone et d’iodure de potassium. Hamburger a rapporté deux exemples analogues.
Dans le cas où la gène de la déglutition est portée à ses degrés extrêmes, on peut recourir avec avantage aux injections hypodermiques de morphine ou d’atropine. L’électricité a paru donner quelques résultats satisfaisants (Duncan, Th. Percival, Courant, Hunter, Monro), mais on a rarement aujourd’hui recours à ce moyen. — Les boissons froides ou l’ingestion de fragments de glace ont été réellement utiles dans certains cas;Jobert a guéri un spasme œsophagien rebelle parla cautérisation ponctuée au fer rouge, sur le devant du cou et de la poitrine. Enfin Broca a employé dans un cas la dilatation forcée à l’aide de pinces dont les branches l’estent écartées de 6 centimètres ; le succès fut complet et ne s’est pas démenti depuis six ans.
MALADIES DE L’INTESTIN