CHAPITRE III
GRIPPE. — INEEUENZA.
L’usage vulgaire d’appliquer indistinctement la qualification de grippe à toutes les phlegmasies catarrhales des voies aériennes qui se développent pendant l’hiver et durant les saisons de transition, n’a pas peu contribué à l’assimilation erronée de la grippe à un simple catarrhe bronchique. La mention additionnelle du caractère épidémique de la première de ces maladies ne suffit même pas pour faire disparaître l’erreur contenue dans cette synonymie, et ce n’est que par une convention arbitraire que l’expression bronchite épidémique peut être considérée comme l’équivalent médical des termes grippe ou influenza.
En fait, la grippe diffère du catarrhe bronchique commun non-seulement par son développement épidémique, mais par ses symptômes, sa marche et souvent aussi par sa gravité. Il y a plus : pour constantes qu’elles soient, les déterminations catarrhales sur les voies aériennes ne tiennent pas toujours la première place dans les manifestations symptomatiques; il n’est pas très-rare que les accidents prédominants occupent l’encéphale ou les organes digestifs, et la division de la grippe en grippe thoracique, cérébrale, abdominale, a été inspirée par une exacte observation des faits. Par l’ensemble de ses caractères, qui sont d’autant plus accusés que la maladie est plus grave, l’infiuenza s’affirme donc une maladie générale dont les déterminations locales occupent l’appareil respiratoire auquel elles peuvent rester limitées, tandis que, dans d’autres cas, elles affectent en même temps, avec une intensité variable, le système cérébrospinal et l’appareil digestif.
Pour ces motifs, je n’ai pu ranger la grippe parmi les maladies des bronches ; et j’ai dû la classer dans les maladies généralisées, auxquelles j’ai
assigné pour caractères distinctifs l’absence de localisation fixe, univoque, et la diffusion des déterminations morbides. Les notions que nous possédons sur les causes génératrices de la maladie sont assurément bien imparfaites; telles qu’elles sont pourtant, elles sont suffisantes pour établir la puissance morbigène de. certaines conditions atmosphériques ou telluriques mal déterminées; de là, la place que j’ai assignée à l’influenza (1) à côté de la malaria et de la suette.
GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
« Il est probable que la grippe dépend avant tout de l’influence tellurique, et qu’elle reconnaît pour cause quelque perturbation dans les agents physiques qui modifient la surface extérieure de notre planète; mais, dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons faire ici que des conjectures, sous peine de nous perdre dans des investigations purement spé-
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