‹ Traité de pathologie interne (volume 2)Chapitre 27 sur 47 · GRIPPE. — INFLUENZA · texte numérisé non relu

GRIPPE. — INFLUENZA

dilatoires. » Encore aujourd’hui cette déclaration de Graves conserve toute sa valeur, nous ne pouvons y substituer aucune notion positive.

L’influence étiologique attribuée aux saisons est nulle : en janvier 1837, l’épidémie de grippe sévit à Londres et en même temps au Cap, c’est-àdire au milieu de l’été; en novembre et décembre 1836, c’est-à-dire à la fin du printemps et au commencement de l’été, elle avait ravagé la Nouvelle-Hollande et tous les antipodes.

La température en elle-même est également sans influence sur le développement de la maladie : l’épidémie européenne de 1762 apparut au mois de mai; en 1782, la grippe sévit au commencement de l’été. En 1837, la maladie fut très-intense à Dublin et cependant la saison était remarquablement douce.

Les conditions barométriques et hygrométriques ont été invoquées à titre de causes prédisposantes, mais elles doivent prendre une bien faible part dans la production de la maladie, puisque la grippe a régné en même

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On a remarqué que, pendant certaines épidémies, soufflaient surtout les vents d’est et de nord-est, ce qui pourrait expliquer la marche et la diffusion de la maladie de l’est à l’ouest; mais d’autres observations météorologiques ont montré que la grippe peut aussi marcher contre le vent.

La propagation n’est pas influencée par la fréquence des relations ni par les voies de communication. Parfois les routes les plus parcourues, les villes les plus populeuses ont été presque entièrement épargnées, tandis que les lieux les moins habités, les bourgs et les villages éloignés des grands centres de population étaient seuls atteints.

Tout ce que l’on peut dire, c’est que dans notre hémisphère, en hiver, la grippe marche de préférence de Test à l’ouest, et au printemps de l’ouest à l’est (Gluge, Seitz).

Depuis les travaux de Schônbein sur l’ozone, il importe d’étudier de très-près l’état ozonométrique de l’atmosphère en temps d’épidémie ; dans sa relation de la grippe épidémique de Gênes en 1858, Granaro a eu soin de tenir compte de cet élément dans ses expériences sur la constitution

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GRÜ PE. — üNFLGENZA.

de l’atmosphère et il est arrivé à des conclusions qui ne manquent pas d’intérêt. A la fin de décembre 1857, la proportion d’ozone était à peu près normale; au commencement de janvier 1858, elle faiblit notablement et elle atteignit son minimum au moment où l’influenza sévit avec le plus de violence. A partir du 1er février, les conditions thermo-électriques et hygrométriques de l’atmosphère furent modifiées et il y eut une élévation subite de 7 degrés dans les indications ozonométriques; alors la grippe disparut; elle fut remplacée par des pneumonies nombreuses. Peut-être n’est-ce là qu’une simple coïncidence; mais, en tout cas, on n’est point encore autorisé à nier complètement l’influence de l’atmosphère sur le développement de la grippe épidémique.

D’un autre côté, il n’est pas inutile de rappeler que Fauconnet attribue la grippe, qui règne presque tous les hivers à Lyon, aux grands mouvements de terrain qui ont eu lieu dans cette ville depuis quelques années. D’après lui, ces fouilles pratiquées dans un sol riche en débris végétaux et animaux, donnent lieu à des miasmes, qui sont la cause déterminante de la maladie. Que l’on songe maintenant à la grippe légère qui s’est développée parmi nous depuis la fin de l’hiver 1861, que l’on tienne compte des travaux considérables exécutés dans ces dernières années dans l’enceinte de Paris et l’on pourra faire, si je ne me trompe, un rapprochement intéressant de ces deux ordres de faits parallèles.

Il n’y a aucune exclusion entre la grippe et d’autres maladies épidémiques. Suivant quelques auteurs, certaines épidémies auraient disparu au moment de l’apparition de l’influenza; Smart rapporte qu’une épidémie de scarlatine cessa tant que dura la grippe de 1803, et revint aussitôt après; il en aurait été de même pour des épidémies de variole (Busch) et de typhus (Currie); Gallicio et Panum ont fait la même remarque pour la fièvre intermittente en 1830 et 1833. D’autre part, Escherich, Stoscli et Galli prétendent qu’il n’est pas rare de voir la grippe dégénérer en fièvre intermittente, et déjà, depuis longtemps, Stark avait admis une certaine affinité pathologique entre ces deux maladies. — Il n’est pas probable qu’il existe un rapport entre la grippe et le choléra, quoique l’inlluenza ait précédé en 1831 et suivi en 1837 l’épidémie cholérique.

La grippe frappe toutes les constitutions et toutes les classes; elle atteint rarement, il est vrai, les individus déjà sous le coup d'une maladie aiguë, mais, au moment de la convalescence, cette immunité cesse (Graves). Plus fréquente chez les adultes que chez les enfants et les vieillards, elle est en général très-grave chez ces derniers. A l’égard du sexe, il n’y a pas de différence constante. Les médecins de Londres ont constaté que les hommes étaient affectés en plus grand nombre que les femmes, l’inverse a eu lieu pour d’autres contrées. On a noté qu’en général, au début de l’épidémie, les hommes sont plus spécialement atteints; plus tard, il y a égale répartition entre les sexes (IL Gintrac).

Les causes des cas individuels en temps d’épidémie, sont réellement insaisissables; le refroidissement n’est même pas nécessaire à la production de la grippe, puisqu’on a vu des individus en être affectés sans avoir quitté leur chambre.

La marche de l’épidémie d’une localité à une autre, a une rapidité trèsvariable, sans qu’on puisse saisir la raison de ces différences; mais le développement individuel est très-prompt; il n’y a pas de période d’incubation, et l’étranger qui arrive dans une localité infectée peut être frappé quelques heures après (Biermer). Ce fait suffit pour prouver l’absence de

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