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ALCOOLISME CHRONIQUE

L’imprégnation alcoolique habituelle détermine, ainsi que je l’ai dit plus haut, des altérations multiples et diffuses portant principalement sur les éléments glandulaires, sur les éléments conjonctifs, et sur les éléments parenchymateux; de là résulte une modalité organique vicieuse qui, à son plus haut degré, produit la cachexie alcoolique. Ces altérations, dont le groupement constitue l’anatomie pathologique de l’alcoolisme chronique,

(1) Magnus Uüss, Clironische Alkoholskrankheit ( Aus dem Schwedischen von Von don Bnscli). Stockholm und Leipzig, 1852. — Marcet, On chrome alcoholic intoxication. London, 1853. — Lasègue, Arcli. gén. de méd., 1853-1800. — Dezwakte, De l'influence de l’abus des alcooliques sur la marche et le traitement des maladies aiguës , thèse de Paris, 1860. — Goodfei.low, Med. Times and Gaz-., 1800. — Smith, The Lancet , 1801. Launay, Union méd., 1862. — Duménil et Pouchet, Gaz. hebdom., 1862. — Raffaele, Sulla degenerazione adiposa per abuso di bevande alcooliche (Morgagni, 1862). — Krieger, De alcoholismo chronico. Berolini, 1864. — Bénard, Amincissement des os du crâne chez trois buveurs d’absinthe ( Mèm . de méd. milit., 1861). — Lancereaux, Anat. path. (Gaz. hebdom., 1865). — Surmay, De quelques formes peu communes de ta cachexie alcoolique, et particulièrement de sa terminaison par l’intoxication urémique sans albuminurie (Union méd., 1868). — Mac Clintock, Remarks on tke semiologg of chronic alcoholism ( Dublin Journ. of med. Sc., 1873). — Garman, On habituai drunkennesi (Brit. med. Journ., 1874). — Carpentier, De l’alcoolisme chronique (Presse méd. belge, 1874).

n'ont rien de spécial si ce n’est leur cause; entre l’athérome sénile et l’athérome alcoolique par exemple, il n’y a aucune différence notable, aussi est-ce une simple énumération de ces lésions, classées par appareils, qu’il convient de faire ici, car une description proprement dite ne serait que la répétition d’un cerlain nombre de nos chapitres. Ce qui crée l’alcoolisme chronique, ce qui justifie jusqu’à un certain point la conception qui a fait de cet état une entité morbide, ce n’est point le caractère des lésions observées, c’est leur développement simultané sous l’influence génératrice d’une même cause. Qu’on supprime la notion de cause, et il est impossible de distinguer ces altérations des lésions similaires produites par les causes communes; c’est par là que l’entité, alcoolisme, retient quelque chose d’artificiel.

De même les symptômes enge.mlrés par ces lésions n’ont aucune particularité qui soit en rapport avec la cause alcoolique, ils expriment cliniquement le désordre organique en lui-même, abstraction faite de son origine; qu’il s’agisse d’endocardite ou de sclérose hépatique par exemple, les phénomènes morbides sont les mêmes, qu’elle soit alcoolique ou non, car ils sont en rapport avec la lésion de l’organe, et non point avec la cause de celte lésion. De là résulte qu’une description symptomatique pour chacune des altérations de l’alcoolisme serait, elle aussi, un double emploi, la jiotion des lésions anatomiques entraînant naturellement la notion des symptômes, qui en sont les signes révélateurs ordinaires.

On observe toutefois chez les alcooliques des phénomènes vraiment spéciaux, qui doivent être l’objet d’une description détaillée; mais cette apparente exception est la confirmation des principes généraux que je viens d’exposer, car de ces phénomènes les uns sont de simples troubles fonctionnels, tel le delirium tremens dans le groupe des psychopathies, les autres ne sont spéciaux que parce que la lésion même qui les engendre doit à sa cause un caractère spécifique, tel le catarrhe alcoolique dans le groupe des gastropathies. Ces réserves faites, le tableau de l’alcoolisme chronique ne peut être que l’énumération, à la fois anatomique et symptomatique, des désordres créés dans l’organisme par l’usage excessif et habituel des boissons spiritueuses.

Appareil digestif (1). — La rougeur anormale de la muqueuse linguale et pharyngée, chez les alcooliques, reconnaît aussi souvent pour

(1) Leudet, Etude sur l’ictère déterminé par l’abus des boissons alcooliques (Soc. biologie, 1860). — Des ulcères de l'estomac à la suite des abus alcooliques ( Congrès de Rouen, 1863). — Giieize, De la pituite stomacale alcoolique, thèse de Paris, 1863. — Pennetier, De la gastrite dans l’alcoolisme, thèse de Paris, 1866. — Gandil, De la cirrhose alcoolique, thèse de Paris, 1868. — Gali.ard, Troubles digestifs dus à l’alcoolisme (Union méd., 1863). — Aron, De l’ictère grave de cause alcoolique (Gai. hebdom., 1869.) — Picot, Même sujet (Eodem loco, 1870).

INTOXICATION ALCOOLIQUE

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