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CHAPITRE III

CYANOSE. — MALADIE BLEUE.

Pris dans son acception la plus large, c’est-à-dire au point de vue sémiologique, le mot cyanose désigne toute coloration bleuâtre des téguments, quelle que soit d’ailleurs la cause qui la produise. Mais une pareille définition, quelque exacte qu’elle soit en sémiotique, ne peut être admise en pathologie, car elle aurait pour effet de confondre un bon nombre de conditions qui n’ont d’autre trait similaire que la teinte anormale de l’enveloppe cutanée, et qui ne peuvent être réunies dans une description commune. Au point de vue nosologique, qui doit seul nous guider, la cyanose est un état moudide résultant des vices de conformation qui permettent le mélange du sang rouge et du sang noir. C’est cette maladie qui fai t le sujet de ce chapitre (1).

(1) Synonymie : Icteritia cœlestina seu cijanea (Paracelse) ; — ictère violet (Chamseru) ; — cijanopalliie (Marc) ; — cyanodermie, dyshématose (Tarira) ; — maladie bleue (Schuler, Kanninerer, Tolder) ; — cyanose (Baumès, C.intrac).

Senac. — Chamseru, Mém. Soc. roy. de méd., 1789-1790. — Coryisart, Essai sur les maladies du cœur. Paris, 1811.

C.intrac (E.), Recherches analytiques sur diverses affections dans lesquelles la peau présente tme coloration bleue. Paris, 1814. — Observations sur la cyanose. Paris, 1824.

Farre, Malformations of the Ileart. London, 1814. — Farre and Travers, Meckel’s Archiv, 1815. — Chevrier, De la maladie bleue, thèse de Paris, 1820. — Louis, Arch. yen. de méd., 1823. — Recherches anal, patli. Paris, 1826. — Ferrus, Art. Cyanose in Dict. de méd., 1823; 2e édit., 1855. — Gregory, Med. cliir. Transact., 1821. — Bouillaud, Noitv. Journ. de méd., VI. — Creveld, Uufeland’s Journal, 1826. — Lexis, Ilufeland’s Journal, 1835. — Lacrouts, Communications anormales entre les cavit 1 * * 4

MALADIES DE L’ENDOCARDE.

GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.

La cause première de ces désordres est autant dire inconnue; la cause seconde paraît être, dans la majorité des cas, un arrêt de développement qui fixe le cœur à l’une des phases transitoires de son évolution; d’autres fois, il est permis d’invoquer l’influence pathogénique d’une endocardite ou d’une myocardite (de la cloison interventriculaire) développées durant la vie intra-utérine. Au delà de ces deux formules fort peu précises, il faut en convenir, on ne sait rien de positif; car il faudrait saisir les causes de cette endocardite fœtale, et on les ignore; il faudrait saisir les causes de cet arrêt de développement, et on ne les connaît pas. — On voit souvent la persistance du trou de Botal, l’inocclusion de la cloison interventriculaire coïncider avec un rétrécissement de l’artère pulmonaire, et ce dernier peut être considéré, à hon droit, comme la condition pathogénique de l’ouverture anormale; cet effet mécanique n’est pas douteux; mais la difficulté n’est que reculée, car comment s’est fait ce rétrécissement pulmonaire ? La pathogénie reste muette sur ce point. Bref, il est

droites et les cavités gauches du cœur. De la cganose. Thèse de Paris, 1810. — Burguières, Thèse de Paris, 1841. — Magnus Iluss, Cyanose in Clin. méd. de l'hôp. des Séraphins à Stockholm (Gaz,, méd. Paris, 1843). — Déguisé, Thèse de Paris, 1843. — Fletcher, Cases of malformation of the Heart (Med. chir. Transact., XXV). — Friedberg, Die angeborenen Kranklieiten des Ilerzens and der grossen Gefdsse. Leipzig, 1844.

— Norman Chevers, London med. Gaz., 1846. — Lesage de Lahaye, De la cganose, thèse de Paris, 1845. — Peacock, Report of the proceedings of the patli. Soc. of London, 1847. — Strehler, Medizinisch.es Correspondenzblatt bayerischer Aerzte, 1850.

— Roger, Obs. de cyanose, etc. diagnostic par l'auscultation (Soc. méd. hôp., 1852).

— Pjze, Anomalies cardiaques et vasculaires qui peuvent causer la cyanose, thèse de Paris, 1854. — Dorsch, Die Herzmuskelentzïmdung als Ursache angeborener Uerzcyanose. Erlangen, 1855. — Meyer, U cher angeborene Enge der Lungenarterienbahn ( Vir chow’s Archiv, 1857). — Peacock, On malformations of the human lleart. London, 1858. — De Buman, Pathologie de l’art pulmonaire, thèse de Paris, 1858. — Gautier du Df.faix, Communient. des cavités droites et gauches dit'cœur, thèse de Paris, 1800.

— Ferber, Archiv der Ileilkunde, 1800. — Ollendorff, De vitiis valvularum cordis de. vtri. Bcrolini, 1807. — Gintrac (HA, Art. Cyanose in Nouv. Dict. de méd. et chir. pratiques, X. Paris, 1809.

Sheehv, Autopsy of a case of eyanosis (The Lancet, 1870). — Bouchut, Cyanose cardiaque (Gaz. hôp., 1870). — Alvarenga, Des perforations cardiaques à propos d’une obs. remarquable de communication interauriculaire, interventriculaire et pulmo-aortique avec trochocardie (Gaz. méd. Paris, 1870). — Sutherland, Case of morbus cœruleus (Med. Times and Gaz., 1871). — Jullien, Maladie bleue (Lyon méd., 1871). — Doebner, Zur Casuisük der Missbildungen des Ilerzens ( Wiener med. Presse, 1872). — Schumacher, Befund eines angeborenen Ilerzfehlers (Wiener med. Wochen., 1873).

CYANOSE. — MALADIE BLEUE.

nécessaire, en face de l’impossibilité d’assigner à la cyanose une étiologie précise, de s’en tenir à l’énumération des causes banales et communes.

La maladie affecte de préférence le sexe masculin (28 fois sur 44) et son maximum de fréquence appartient à la période comprise entre la naissance et I’age de douze ans. Constatée assez souvent en Angleterre, en Allemagne et en France, elle paraît plus rare en Italie, en Hollande et en Prusse (E. Gintrac). — La cyanose est souvent observée chez les enfants dont les parents ont été atteints de lésions organiques du cœur ou de rachitisme (Strehler); elle est favorisée par toutes les circonstances qui troublent et gênent la circulation pulmonaire, telles que la faiblesse des nouveau-nés, l 'inertie des puissances inspiratrices, ['étroitesse anormale du thorax, Y atélectasie pulmonaire, etc.

Les causes occasionnelles qui ont été signalées, sont pour la plupart douteuses : les efforts expiratoires, les quintes de toux, les cris aigus et répétés, les chutes, les exercices violents, les contusions de la poitrine, voire même les émotions morales vives, qui figurent dans le trop vaste champ d’une étiologie empirique et surannée, né doivent être acceptées aujourd’hui qu’avec une extrême réserve.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Le mélange des deux sangs peut résulter de lésions multiples. Les anomalies qui causent la cyanose siègent dans le cœur (lésions cardiaques ); dans les gros vaisseaux (lésions vasculaires) ; souvent aussi elles sont complexes. C’est sur cette base que Pize a établi la meilleure classification qui ait été donnée de ces désordres.

Les anomalies cardiaques (1) doivent être considérées comme des ar-

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