‹ Traite de pathologie interne (volume 3)Chapitre 108 sur 132 · SUETTE MIL1AIRE. 6 H · texte numérisé non relu

SUETTE MIL1AIRE. 6 H

plemeni FefRH des sueurs sur la peau. Le développement de la miliaire dan* le rhumatisme, la fièvre typhoïde, dans toutes les maladies à sueurs abondantes, les faits positifs de suettc sans éruption, témoignent en laveur de cette opinion .

Quoi qu'il en soit, l'éruption miliaire débute presque toujours sur la face antérieure du tronc, puis on la voit dans le dos, et enfin sur les membres dans le sens de la flexion ; elle est rare à la figure. L'abondance est très-variable ; quand la confluence est totale, on peut à peine saisir un interstice entre les vésicules, et la peau donne au doigt une sensation inégale, chagrinée, des plus caractéristiques. 11 est exceptionnel que l'éruption soit complète d'emblée ; elle a lieu par poussées à douze ou vingtquatre heures de distance; et chacune de ces poussées est marquée par un redoublement des sueurs, de la fièvre et de l'angoisse thoracique. Dans la forme rémittente, les manifestations éruptives suivent le rbythme de la lièvre.

Quand l'éruption est achevée, pas avant, la fièvre diminue ainsi que la sueur, la céphalalgie cesse, les nuits sont plus tranquilles, la construction épigastrique perd de sa violence et n'est plus continue, la dyspnée ne reparaît pas. et les accidents cérébraux, qui ont pu persister jusqu'alors, cèdent également. Vers le troisième jour de l'éruption, le contenu des vésicules devient opaque, la saillie épidermique se vide et s'affaisse, la rougeurjdes téguments s'éteint, et du cinquième au septième jour (de l'éruption), la desquamation a lieu soit par petites écailles furfuracées comme dans la rougeole, soit par grandes plaques comme dans la scarlatine. Ordinairement cette desquamation ne dure que quelques jours, mais on l'a vue persister durant six à sept semaines (Grisolle); il y avait sans doute alors de nouvelles poussées vésiculeuses.

Telle est la marche de la suette dans les cas qui guérissent; la durée moyenne est comprise entre un minimum de sept à huit jours (cas légers), et un maximum de quinze à seize (cas intenses). La convalescence est longue et pénible ; les individus conservent des palpitations, des vertiges, d'autres ont un catarrhe gastro-intestinal qui empêche l'alimentation et le retour des forces; d'autres encore sont simplement faibles et anémiques. Les rechutes ne sont pas rares, mais elles sont courtes et sans gravité; elles se développent fréquemment sous l'influence d'écarts de régime.

La mort, dont la fréquence varie beaucoup dans les diverses épidémies, peut être très-précoce; elle a lieu dans le stade diaphorétique du deuxième au quatrième jour [suette foudroyante), au milieu des phénomènes du collapsus et de la parésie cardiaque. Le plus souvent la mort est amenée par des accidents cérébraux, délire, convulsions, coma, qui reconnaissent pour cause, soit une congestion de l'encéphale, soit plutôt l'insuffisance de l'hématose. Dans d'autres cas la terminaison fatale parait provoquée par

des hémorrhagies multiples qui ont lieu surtout à la surface des muqueuses; enfin, dans les formes vraiment rémittentes, la mort peut avoir tout l'imprévu de l'accès pernicieux. Dans toutes ces circonstances la terminaison est assez rapide, elle a lieu dans le premier septénaire; mais dans la suette compliquée elle est plus tardive, différée souvent jusqu'au deuxième et au troisième septénaire, et la mort est produite par des complications viscérales, notamment par des pneumonies, fibrineuscs ou eatarrhales, et par des inflammations gastro-intestinales.

Le diagnostic n'offre aucune difficulté si l'on ne perd pas de vue les symptômes initiaux qui précèdent l'éruption et l'indépendance de la maladie. Toutes les erreurs commises, et elles sont nombreuses, résultent de la confusion entre la maladie suette miliaire (suette idiopathique), et l'éruption miliaire symptomatique qui apparaît si souvent comme épiphénomène dans les affections les plus diverses.

TRAITEMENT

Les cas simples ne réclament qu'une diète légère, et une hygiène convenable. Pour les autres, l'indication fournie par les symptômes gastriques du début doit toujours être remplie au moyen d'un vomitif; du reste, les émétiques ont été employés avec succès comme traitement initial, dans les cas môme où la période prodromique était nulle ou peu accusée. La médication varie selon les prédominances symptomatiques, mais l'indication la plus fréquente de beaucoup est fournie par l'adynamie et la tendance au collapsus; on laissera donc de côté tout moyen débilitant et l'on maintiendra les forces par des toniques et des stimulants. Des injections sous-cutanées de morphine pourront être utiles pour atténuer la douleur épigastrique, et si l'oppression est forte on ne doit pas hésiter à faire des applications répétées de ventouses sèches en grand nombre sur les membres inférieurs. Les sueurs ne sont point salutaires ; loin de les favoriser, il convient de les restreindre ; conséquemment on doit se garder d'étouffer les malades sous des couvertures entassées contre toute raison ; il faut les couvrir légèrement, changer fréquemment les linges avec les précautions convenables et si la température est très-élevée, il ne faut pas négliger les lotions ou les aspersions froides méthodiquement pratiquées. D'après les observations de Daudé, le perchlorure de fer (à la dose de 15 à "20 gouttes par jour), qui agit d'ailleurs comme tonique, a l'avantage de modérer la diaphorèse — Lorsque les rémissions sont régulières, l'indication du sulfate de quinine est positive.

La convalescence exige une surveillance attentive ; l'alimentation doit

être modérée et graduelle, c'est ^meilleur moyen d'éviter les rechutes et les accidents consécutifs. En raison de l'absence d'immunité, le changement de résidence jusqu'à la tin de l'épidémie doit toujours être conseillé.

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