‹ Traite de pathologie interne (volume 3)Chapitre 117 sur 132 · Période de réparation · texte numérisé non relu

Période de réparation

Les différences que présente la maladie dans sa durée permettent de répartir les faits en trois groupes, savoir : durée courte (dix-huit à vingt jours) ; — - durée moyenne (vint et un à trente-cinq jours) ; — durée longue (trentecinq à quarante-neuf jours). Or, les formes graves sont de durée moyenne ou longue, les formes légères sont de durée courte ou moyenne ; ainsi est justifié le rapport direct que j'annonçais plus haut entre la gravité et la durée; à ce rapport je ne connais qu'une exception : elle est fournie par la forme grave entre toutes, par la forme ataxique primitive {forme hyperthermique) qui peut tuer du sixième au quatorzième jour. — Le rapportentre

Fie-. 78.

Fièvre typhoïde; déferveseeuee brusque du 131' au 14e jour.

Homme de 20 ans.

Fie;. 79

Fièvre Ivphoïdo. forme abortive. De&rvescence brusque du IFau.12* jour.

Ilominode 18 ans

Ô Rettissionchi /' jour -X, un atif.- + un<* toIpIpHp , Febris norois durant doux jours

la gravité et la durée est également exact si l'on considère la convalescence et les suites de la maladie : les formes légères ont une convalescence rapide et ne sont presque jamais suivies de ces accidents secondaires qui, après une fièvre grave, retiennent parfois le malade au lit pendant six, sept ou huit semaines, de sorte que la durée totale (entendue jusqu'au rétablissement d'une santé parfaite) peut dépasser trois mois.

Dans certains cas qui, sans être absolument rares, sont assez exceptionnels pour être distraits d'une supputation générale, la durée de la fièvre typhoïde, jugée par la défervescence fébrile, n'atteint pas même le minimum de la série précédente ; c'est sur la période de réparation que porte d'ordinaire l'abréviation : ta défervescence par lysis est remplacée par une défervescence brusque, qui est complète en quarante-huit ou même en vingtquatre heures, et la durée de la maladie est ainsi limitée entre quatorze et ■dix- huit jours (voy. fig. 76, 77, 78). Ces faits, dans lesquels le processus typhique est à sa plus faible expression, puisque la réparation se confond à deux jours près avec la convalescence, ces faits, dis-je, établissent une transition naturelle entre les formes communes à durée courte, et les formes vraiment abortives du typhus abdominal ; cette transition facilite l'intelligence de ces dernières, en en démontrant la véritable signification.

Formes abortives (1). — De même que le typhus exanthématique a ses formes atténuées, décrites par Hildenbrandt sous le nom de typhus levissimus, de même le typhus abdominal a des formes imparfaites, dont le peu de durée est inconciliable avec l'évolution complète de la lésion anatomique ; de là le nom très-juste de typhus abortif, qu'a proposé mon ami Lebert, et qui est généralement adopté. Le début est celui de la fièvre typhoïde à invasion brusque, rarement il y a de la céphalalgie un jour ou deux avant la fièvre ; celle-ci présente les mêmes caractères thermiques que dans le typhus commun, fait de majeure importance pour l'interprétation nosolo- -ique de ces formes; il y a une diarrhée modérée, du météorisme, du gon-

lement de la rate, parfois des épistaxis, et un léger catarrhe bronchique, V exanthème rosé est fréquent, sauf dans les cas extrêmement rapides ; l'urine peut être temporairement albumineuse (Gricsinger), puis du septième au

niatorzième jour « la maladie tourne court, se comportant à l'égard du typhus abdominal comme la varioloïclc à l'égard de la variole (Jaccoud). » La étante de la fièvre, qui est le signal delà guérison, coïncide très-ordinairement

(1) Synoque simple, synoque prolongée des anciens.

Wegelin, Dissertation inaug. Zurich, 185 4. — Lebkrt, Reitragc zur genaueren Kehntmss der verschiedenen Formea des Typhus. Ueher Abortiv-Typhus (Prager Viertetjahr., 1857). — Sciimid, Ueber den Typhus levissimus. Zurich, 18G2. — Jaccoud, Clinique méd. Paris, 1867. — Guu.bf.rt, Sur la fièvre typhoïde très- légère {Union méd., 1809).

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avec des sueurs abondantes; il n'y a pas de période de réparation, et à peine de convalescence {roy. fig. 79, 80, 81, 82). Je n'ai pas observé la défervescence avant le septième jour, maisGriesinger l'a vue une fois au cinquième. Il est possible, mais non démontré, que dans les formes abortives l'altération intestinale soit bornée à l'infiltration des glandes, et que la résorption remplace la nécrose et l'élimination consécutives. — Je reviens à la fièvre typhoïde commune dont j'ai conduit l'étude jusqu'au moment de], la convalescence.

Convalescence. Suites. — La durée de la convalescence est fort variable, elle dépend de la gravité, de la longueur de la fièvre,fde la présence ou de l'absence des accidents graves de la période de réparation ; cependant, même après les formes courtes et légères, cette phase intermédiaire qui s'étend de la maladie à la santé dure au moins de dix à quinze jours ; même dans ces cas-là, l'atteinte portée à l'organisme a été si profonde que la restauration des tissus et la reconstitution des forces ne peuvent être que l'œuvre du temps. J'ai déjà signalé l'appétit vraiment formidable des convalescents, et leur infinie susceptibilité à l'endroit des écarts de régime, des refroidissements, des émotions morales, des fatigues de tout genre ; ces dispositions qui sont constantes créent un danger facilement évité par une rigoureuse sollicitude. Pour ce qui est entre autres des accidents d'indigestion, ils sont aisément prévenus si l'on a soin de graduer lentemenljr alimentation, et, toutes choses égales d'ailleurs, ils m'ont paru beaucoup moins fréquents et moins graves chez les individus qui n'ont pas été soumis à une diète complète pendant leur maladie. Dans les conditions opposées, on voit souvent survenir au moment de ladéfervescence ou au début de la convalescence un délire secondaire, délire tardif, qui peut avoir toute la vivacité du délire initial, et qui a plus d'une fois donné lieu à une faute grave de thérapeutique. Ce délire est imputable à l'anémie cérébrale;"c'est un véritable délire d'inanition, qui disparait en quelques heures si l'on a soin d'obéir à l'indication pathogénique, et de prescrire une alimentation légère, mais animale.

Quelque médiocre qu'elle soit, la première ingestion de nourriture animale (œufs ou viande) provoque une élévation momentanée de tempéra ture, véritable febris carnis, qui, chez les sujets impressionnables, peut atteindre une hauteur de trois degrés et une durée de deux jours (1)

(1) Voyez ligure 70, vingt-cinquième jour; — figure 71, vingt-huitième joui ; ligure 79, treizième, quinzième et seizième jours.

Ce dernier tracé serait regardé bien à tort comme anormal, si l'on ne tenait compte de l'influence de l'alimentation; qu'on retranche les ascensions episodiques enr ont passagèrement troublé la convalescence, à partir du matin du treizième jour' et l'on aura au contraire un tracé d'une régularité parfaite présentant avec une remis-

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