‹ Traite de pathologie interne (volume 3)Chapitre 122 sur 132 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Lne synonymie tour à tour admise et rejetée entre les mots chlorose et anémie, les acceptions diverses et mal définies de cette dernière expression, ont jeté sur cette terminologie une confusion qui peut être dissipée par une précision plus rigoureuse.

Lorsqu'une hémorrhagie a lieu, la quantité totale du sang est diminuée en raison directe de l'abondance de la perle; de là résulte une primUondè sang ou anémie relative; même ici le mot anémie n'est pas exact, car, dans la rigueur étymologique, il signifie privation totale ou absence de sang, et dans le cas envisagé il ne peut y avoir qu'hypémie. Cependant l'expression est juste, au point de vue de l'altération subie par le liquide : le sang en efiet est changé dans tous ses éléments, dans toute sa masse; il subit une altération quantitative en bloc.

Quand l'individu survit à cette spoliation, l'eau du sang est plus rapidement reconstituée que ses éléments globulaires ; il y a alors une poï^émie séreuse caractérisée par ce fait, que, dans une quantité donnée de sang, le sérum est en proportion surabondante relativement aux globules. C'est à tort que cette polyémie séreuse est appelée anémie, mais du reste cette altération du sang ou dyscrasic est, comme la précédente, tout à fait étrangère à la chlorose .

A la suite des suppurations et des flux prolongés, après les maladies de longue durée, dans les cachexies, ou à la suite de privations alimentaires, survient une autre dyscrasie ainsi constituée : dans une quantité donnée de sang les éléments globulaires sont diminués de quantité, mais en outre,

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dans le sérum,, l'eau est en excès, il y a hydrèmie; celte hydrèmie est dite absolue lorsque avec l'augmentation de l'eau coïncide la diminution de l'albumine (hypoalbimnnose). L'hydrémie absolue est la dijscmsie hydropigène par excellence, et c'est également à tort qu'elle est désignée sous le nom d'anémie.

La dyscrasie de la chlorose est tout autre, et c'est précisément pour ce motif que cette maladie doit être séparée des états morbides précédents. Dans la chlorose les cellules du sang sont seules modifiées ; le contenu du sérum en albumine et en sels est d'ordinaire normal ; nous verrons d'ailleurs, en traitant de l'anatomie pathologique, que le changement des globules n'est pas seulement une question de quantité, et qu'il y a surtout une modification qualitative qui achève de spécialiser la lésion. En outre, les diverses variétés d'anémie qui ont été énumérées sont toujours symptomatiques ou secondaires ; elles sont précédées d'un état morbide ou hygiénique qui a eu pour effet, soit d'accroître la consommation du sang, soit d'en diminuer la formation ; dans la chlorose, cette subordination étiologique est l'exception,, et la maladie survient le plus ordinairement avec toutes les apparences dela spontanéité. Il résulte de là que le mot anémie devrait être laissé de côté en raison de la confusion qu'il crée; confusion bien inutile, puisque chacune des altérations du sang que ce terme désigne a déjà reçu un nom particulier. Que si pourtant on veut le conserver, ce ne peut être que comme une expression générique embrassant toutes les dyscrasies caractérisées par l'insuffisance du sang ou de quelqu'un de ses éléments (dyscrasies négatives). On trouvera alors dans le genre anémie les espèces suivantes :

1° Anémie vraie, ou posthémorrhagique. — 2° Anémie séreuse ou polyémique. — 3° Anémie albumineuse ou hydrémique. — U° Anémie globulaire ou chlorose. Cette caractéristique anatomique qui équivaut à une définition de la chlorose peut être complétée par une caractéristique nosologiquc, tirée de l'indépendance de la maladie, et l'on arrive ainsi à cette autre formule :

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