ANGINES CATARRHALES. — ANGINES MUQUEUSES
douloureux; les malades souffrent le matin au réveil d'une sécheresse désagréable dans la gorge et les fosses nasales ; ils rendent alors avec plus ou moins de facilité de petits pelotons de mucus concret, après quoi ils sont relativement à l'aise; mais ils éprouvent de temps en temps, surtout vers le soir, un sentiment de picotement ou de chatouillement dans le gosier et dans le larynx, et pour le faire disparaître ils font une expiration brusque et bruyante : c'est le hem caractéristique, à quoi se joint une toux gutturale plus ou moins fréquente. Quand le larynx est intéressé, la voix est moins étendue, elle est couverte, rauque et mal timbrée. — Cette angine est rebelle, elle présente souvent des poussées aiguës sous l'influence des causes occasionnelles les plus légères, et, bien qu'elle soit sans gravité, elle n'en constitue pas moins une maladie sérieuse, eu égard à l'exercice de certaines professions.
TRAITEMENT
Dans I'akgine aiguë liée à un catarrhe de l'estomac, mais dans celle-là seulement, il convient de donner un vomitif ou un éméto-cathartique ; le moyen est héroïque, les accidents fébriles et gastriques disparaissent presque aussitôt, et le mal de gorge les suit de près. En dehors de cette indication précise, le vomitif est inutile ; la médication varie alors suivant l'époque et la forme de la maladie. Si elle est tout à fait au début, on peut, selon le précepte de Velpeau, recourir d'emblée aux applications d'alun, soit en poudre, soit en gargarisme, dans le but d'enrayer le développement des accidents : cette pratique réussit d'autant mieux que les phénomènes généraux sont moins accusés ; mais lorsqu'il y a de la fièvre, lorsque les douleurs sont vives, lorsque l'angine revêt la forme vésiculcuse, ce moyen est nuisible, il exaspère les symptômes locaux. Il faut pendant la phase initiale mettre le malade à une diète légère, prescrire des boissons douces, des gargarismes émollients, et, s'il y a de la constipation, administrer un léger laxatif; puis, quand les phénomènes commencent à s'amender, on substitue aux émollients des gargarismes astringents à l'alun, qui sont alors constamment utiles. Chez les individus qui ont déjà souffert plusieurs fois d'angine catarrhalc et qui montrent ainsi une prédisposition spéciale aux récidives, il est nécessaire de faire continuer l'usage des gargarismes aluminés longtemps après la guérison; on réussit souvent ainsi à modifier définitivement l'état des parties et à prévenir le retour du mal. — Les angines liées aux désordres de la menstruation [angines ménorrhagiques) ne réclament pas d'autre traitement que les autres en ce qui concerne les phénomènes pharyngés ; mais il est bon d'appliquer plusieurs jours de suite des sinapismes sur les membres inférieurs, et de faire prendre un ou deux lavements aloé-
tiques afin de provoquer l'écoulement sanguin dont le retard est la cause réelle des accidents. Une fois l'angine dissipée, on s'efforcera par un traitement approprié de régulariser la fonction menstruelle.
Dans I'angine chronique, il faut avant tout que le malade renonce au tabac, aux alcooliques et aux mets épicés; c'est là une condition sine qua non. Dans les cas légers, les astringents, tels que l'alun et le tannin, suffisent souvent, surtout s'ils sont administrés en pulvérisations au moyen d'un appareil convenable. Si ces moyens échouent, on peut employer des modificateurs plus énergiques : les plus utiles sont le nitrate d'argent, soit en solution, soit en crayon, mais surtout la teinture d'iode, dont l'efficacité est bien établie aujourd'hui; le liquide est porté sur les parties au moyen d'un pinceau; selon l'âge du mal et la susceptibilité du malade (l'attouchement est très-douloureux), la teinture est employée pure, ou mitigée avec une solution d'iodure de potassium ; on peut aussi utiliser la solution aqueuse de Lugol. Enfin le traitement thermal est la ressource suprême, et de fait il réussit souvent d'une manière définitive alors que les topiques n'ont procuré qu'une amélioration sans durée ; les eaux d'Ems, les eaux sulfureuses de Bonnes, Enghien, Luchon ou Weilbach, méritent leur réputation ; elles doivent être employées à l'intérieur, et en pulvérisations, sous forme de douches pharyngées. — Si l'allongement de la luette est pour quelque chose dans la persistance des accidents, il faut sectionner cet appendice.