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CHAPITRE II

(M l UMIVIKM DU C/ECUM. — TYPHLITE.

L'inflammation du caecum dans le cours d'une entérocolite commune ne présenté aucune particularité ; il n'en est pas de même de celle qui se développe isolément. Cette l'orme, qui a été individualisée par le nom de t.yphiite (1), peut être produite par les causes ordinaires du catarrhe intestinal, mais dans la majorité des cas elle résulte de la présence de quelque corps étranger, plus souvent encore de la rétention de matières fécales, durcies et condensées [typhlite stercorale). Ainsi spécialisée par ses causes, la maladie ne l'est pas moins par ses symptômes et ses diverses terminaisons; Les phénomènes de la typhlite continuée sont précédés d'une constipation opiniâtre, ou bien d'une diarrhée catarrhale, alternant avec de la constipation, suivant que la rétention est plus ou moins complète, suivant aussi que l'irritation est limitée au ca'cum ou s'étend au reste du gros intestin: mais, ce qui est caractéristique, c'est une douleur dans la fosse iliaque droite, et une tumeur de l'orme particulière dans la même région. La douleur est continue, mais exacerhante ; elle augmente par la pression, et elle coïncide ordinairement avec une tension pénible et un développement exagéré de tout l'abdomen . La tumeur atteint son plus gratid volume dans la typhlite stercorale; elle est bien moins grosse dans les autres cas, parce qu'alors elle résulte simplement du gonflement des parois de l'intestin, niais elle est constante dans son existence et dans sa l'orme. C'est une tuméfaction hieu limitée, cylindrique, à extrémité inférieure bien

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circonscrite, à extrémité supérieure moins nette; l'empâtement supérieur remonte plus ou moins haut, selon que le côlon ascendant participe ou non à L'inflammation. Celte tumeur, qui reproduit exactement la configuration du caecum, est tout à fait mate à la percussion quand elle est stercorale ; elle donne seulement de la submatité ou une diminution de sonorité, lorsqu'elle est constituée par un simple empâtement pariétal. Que la typhlite soit stercorale ou non, la constipation est habituelle si le reste de l'intestin est intact, parce que la tunique musculaire du caecum est paralysée; si les côlons sont afi'ectés de catarrhe, il y a une diarrhée d'abondance variable, et les selles peuvent être muco-sanguinolentes avec épreintes, et ténesme dans le cas où l'inflammation s'étend vers l'S iliaque et le rectum. Lorsque les symptômes sont très-aigus, la douleur peut se faire sentir dans la région lombaire et dans la cuisse droite, et l'on observe parfois la rétraction du testicule de ce côté. Dans la typhlite stercorale, l'amas fécal peut remonter assez haut pour obturer la valvule iléo caecale, et empêcher le passage des matières de l'intestin grêle dans le côlon ; on voit alors se développer les phénomènes d'une occlusion intestinale, dont les antécédents et la tumeur iliaque révèlent l'origine.

Dans la plupart des cas, la maladie est apyrélique, la lièvre n'appartient guère qu'à la typhlite par corps étranger; la résolution est la terminaison la plus commune, et elle peut être obtenue même après l'apparition des symptômes de l'étranglement interne. Parfois cependant l'évolution est fâcheuse, et l'inflammation du caecum devient le point, de départ de divers accidents, toujours graves, et souvent mortels. — Sans perforation, la phlegmasie peut s'étendre par contiguïté au tissu cellulaire qui sépare l'intestin du fastia iliaca et donner lieu à un phlegmon iliaque (pèrityphlite) ; dans d'autres circonstances, elle s'étend du côté du péritoine, et détermine une péritonite qui est. d'ordinaire circonscrite, mais qui peut gagner la totalité de la séreuse. — L'inflammation du caecum prend parfois le caractère ulcératif, et aboutit à la perforation : si l'ouverture a lieu en arrière dans la région oii l'intestin n'a pas de revêtement séreux, l'épanchement des matières se fait dans le tissu cellulaire iliaque, et donne naissance à un phlegmon gangreneux (abcès stercoral) avec infiltration de gaz; si la perforation siège sur les parties antéro-latérales du caecum, elle intéresse la séreuse, et l'épanchement provoque une péritonite générale suraiguë, à moins qu'au préalable une péritonite par propagation n'ait circonscrit par «les adhérences la région caecale. Dans ce cas, l'épanchement est d'abord enkysté ; mais l'inflammation qu'il produit peut prendre le caractère ulcératif, et donner lieu à des perforations secondaires de la paroi abdominale, de l'intestin grêle ou de quelque organe voisin, notamment de la vessie. Dans toutes ces circonstances, c'est une maladie nouvelle qui est constituée, dont l.i typhlite n'est plus que la cause.

INFLAMMATION DU OtëCUM. — TYPHL1TE. 325

[/appendice vermiforme (1] peut être isolément enflammé par des corps étrangers, ou des débris alimentaires (petits os, pépins de fruits) qui pénètrent et demeurent dans sa cavité ; cette inflammation produit parfois les mêmes symptômes que la typhlite, à l'exception de la tuméfaction, mais souvenl elle marche silencieuse el latente jusqu'à la perforation. Comme l'appendice a d'ordinaire un revêtement séreux complet, la perforation, sauf le cas d'adhérences préalables, provoque une péritonite généralisée.

Le PHLEGMON ILIAQUE primitif, indépendant de l'inflammation (ta earam ou de, son appendice, diffère de la typhlite par la vivacité de la lièvre dès le début ; par l'absence de coliques et de catarrhe intestinal ; par l'acuité de la douleur locale et les irradiations qu'elle présente dans le membre inférieur droit ; ultérieurement, par la gêne ou l'impossibilité des mouvements d'extension de la cuisse; enfin, par les caractères de la tumeur, qui est plus profonde, moins nettement circonscrite, et qui, très-dure, au moment de son apparition, devient ensuite molle et fluctuante. — La simple accumulation de fèces [tumeur stercorale), qui est si souvent le point de départ de la typhlite, diffère de l'inflammation confirmée par l'absence de douleurs locales spontanées ou à la pression, par l'absence de tout phénomène général, et par les effets des purgatifs, qui font disparaître la tuméfaction de la région caecale.

Le traitement de la typhlite doit être énergique ; les purgatifs répétés, s'il y a rétention fécale, en tout cas le repos, la diète, les émissions sanguines locales et les applications de glace, constituent la médication la plus

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efficace. Apres guérison, les fonctions intestinales doivent être attentivement surveillées, parce que la maladie est très-sujette aux récidives.

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