CHAPITRE VIII
HYPERKINÉSIES. HYPERKINÉSIE DU FACIAL. — TIC CON AULSIF .
GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
On donne le nom de tic convulsif, spasme facial, convulsion mimique (Romberg) à la convulsion isolée et idiopatiiique des muscles de la face (1). L'excitabilité morbide du nerf de la septième paire, qui est la condition patho-
(1) Tiiouret, Mémoire sur l'affection particulière de la face, etc. {Hist. de la Société royale, 1782-1783). — Pijojl, Essai sur les maladies de la face, etc. Paris, 1787. — Claris, Der Krumpf in pnth. und therap. Hinsicht. Leipzig, 1822. — Fleckles, Die K/umpfe in allen ihren Formen. Wica, 1834. — Marshall Hall, On the Diseases and Dérangements of the Nervous System. Lomlou, 1841. — Dieffenrach, Veber die Dvrchschneidung der Sehnen und Muskeiïn. Leipzig. 1841, — Romrerg, loc. cit. — François. Essai sur tes convulsions idiopathiques de la face, Bruxelles, 1843. — Oppoi.zer, Àllff. Wiener med. Zeit., 1861. — Coste, Journal de méd. de Bordeaux, 1864. — Von Grafe, Deutsche Ktinik, 1864-1865. — Remak, Veber Gesichtskrampf (Berlin. Min. \V oc tiens., 1864). — Dehuoi , Arch: yen. de méd., 1864. — Siciiel, Union méd., 1864. — Jackson, Note on the compari\un and cuntrast of régions Palsy and Spasm (The Lancet, 1867).
m .NEVROSES DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES.
génique de celte névrose, est limitée aux branches terminales du facial ; les rameaux qui naissent dans l'aqueduc de Fallope, en particulier les nerfs des muscles digastriques et mylo-hyoïdiens n'y participent pas ordinairement. Les causes agissent sur la périphérie du facial, mais on ne sait si elles provoquent directement l'hyperkinésie, ou si elles la produisent indirectement (action réflexe) par Intermédiaire du trijumeau. Comme la crampe faciale est quelquefois douloureuse à son début, comme parmi les causes connues, il en est qui portent bien certainement, en premier lieu, sur le nerf de la cinquième paire, le mécanisme réflexe est admissible, sinon dans la totalité, au moins dans la majorité des cas. L'impression du froid est la cause la plus fréquente ; viennent ensuite les plaies, et surtout les contusions du visage et des régions orbitaires ; la carie dentaire, la tuméfaction des ganglions pré-auriculaires, des ulcérations muqueuses (von Grafe) ont été dans plusieurs cas le point de départ de la convulsion ; il n'est pas rare que la crampe réflexe produite par une névralgie faciale survive à cette dernière, et que le tic douloureux soit ainsi transformé en tic non douloureux ou convulsif. Les impressions morales vives, l'imitation, doivent être mentionnées comme causes exceptionnelles; dans quelques cas, enfin, l'excitation réflexe ne vient ni du trijumeau ni de l'organe de l'idéation, elle naît dans l'intestin (helminthiasis) ou dans l'utérus.
SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
La convulsion mimique est clonique ou tonique; la première forme, qui est de beaucoup la plus fréquente, consiste en secousses instantanées qui contorsionnent par des grimaces bizarres une moitié de la face; la diduction subite des commissures palpébrales et labiales (rire sardonique), le froncement du front, le clignement des paupières, l'ascension ou la distorsion des joues et de l'aile du nez sont les effets les plus ordinaires de cette hyperkinésie; mais toutes les combinaisons imaginables sont possibles, on a même observé ces mouvements convulsifs dans le pavillon de l'oreille ; comme la crampe est presque toujours unilatérale, le calme et l'expression naturels de l'autre moitié de la face contrastent d'étrange sorte avec l'agitation grimaçante du côté malade. Le tic est fréquemment limité à quelques-uns des rameaux du facial, aux palpébraux, par exemple, d'où la nictitation et le blépharospasme ; dans d'autres cas, il s'étend à toute la sphère expressive de la septième paire, ailleurs enfin il en dépasse le territoire, et des irradiations motrices ont lieu dans les muscles animés par le nerf masticateur, l'accessoire ou l'hypoglosse. — Les secousses sont rarement continuelles, elles apparaissent plutôt sous forme de paroxysmes dont la durée varie depuis une fraction de seconde jusqu'à une ou deux minutes. Plusieurs