‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 102 sur 161 · ANESTHÉSIE DU TRIJUMEAU · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE DU TRIJUMEAU

complète qu'au momenl de leur distribution terminale, la cause est d'aulanl plus superficielle que l'anesthésie est plus limitée, el d'une manière générale on peut admettre que la paralysie est d'origine superficielle toutes les lois qu'elle est bornée au tégument externe sans participation de la muqueuse ; cela est vrai de chaque branche du trijumeau considérée isolément, cela est vrai également pour les cas où les trois branches sont prises à la fois, mais dans Leurs rameaux cutanés seulement, ce qui n'est pas rare dans les paralysies a frigore. — Lorsque au contraire l'anesthésie, dans la sphère d'une ou de deux branches de la cinquième paire porte et sur les téguments et sur les cavités muqueuses, le nerf correspondant est intéressé in toto, dans son trajet interstitiel depuis le ganglion de Gasser jusqu'à sa division. Si avec une anesthésie dans la sphère du nerf maxillaire inférieur coïncide la paralysie motrice des muscles masticateurs animés parle nerf de ce nom. la troisième branche du trijumeau est certainement touchée après son émergence par le trou ovale et avant sa division, parce que dans ce parcours les libres motrices et sensitives sont fusionnées en un cordon unique; si au contraire une anesthésie totale du nerf maxillaire inférieur coexiste avec l'intégrité des mouvements de la mâchoire, le nerf est atteint dans le court espace qui sépare le ganglion de Gasser du trou ovale; là, en effet, la branche sensitive et la branche motrice sont juxtaposées sans être confondues, et la première peut être atteinte isolément par un exsudât méningé, ainsi que le prouve une remarquable observation de Romberg. — Lorsque l'anesthésie occupe la totalité de. la sphère du trijumeau, la lésion est intra-crânienne, elle siège, soit dans le ganglion de Gasser ou son voisinage immédiat, soit sur le cordon bulbo-ganglionnaire. Dans le premier cas, la paralysie est rapidement suivie d'ALTÉRATioNS nutritives; dans le second, ces altérations peuvent manquer (le ganglion étant supposé intact), niais d'autres nerfs crâniens, particulièrement les oculomoteurs, le facial, l'auditif, le glosso-pharyngien, sont atteints en même temps que la cinquième paire ou peu après.

Les lésions de nutrition qui suivent la paralysie ganglionnaire du trifacial ne doivent pas être confondues avec les simples modifications vasculaires résultant de l'action des vaso-moteurs; ce sont des altérations persistantes et profondes qui compromettent l'intégrité du tissu lui-même ; elles manquent complètement dans l'expérience fondamentale de la section du sympathique cervical, alors même que l'état lluxionnaire artificiel est maintenu durant plusieurs jours ; elles manquent aussi quand la paralysie du nerf est d'origine superficielle; elles sont constantes en revanche après la destruction pathologique ou expérimentale du ganglion de Gasser; fl est donc rationnel de les attribuer à la paralysie des nerfs trophiques qui prennent naissance dans ce ganglion, ou qui arrivent à la branche ophtbahnique par le plexus carotidien interne. On a souvent regardé ces désordres nutritifs

comme l'effet direct de la paralysie des fibres sensibles elles-mêmes, l'anesthésie ne permettant plus au malade de protéger les parties contre les impressions extérieures; cette interprétation est ruinée parles expériences de Meissner et de Schiff, qui ont observé après une section incomplète du trijumeau l'altération nutritive spéciale de l'œil, quoique la conjonctive et les paupières eussent conservé leur sensibilité. Sans avoir une valeur aussi absolue, les faits pathologiques de Landmann et de Bock plaident dans le même sens, ils démontrent la congestion dite névro-paralytique avec conservation de la sensibilité. Les dystvophies amenées par la paralysie ganglionnaire sont la congestion, les varicosités et la tuméfaction œdémateuse des paupières et de leur muqueuse, la suppuration de ces membranes, l'opacité et le ramollissement de la cornée, phénomènes qui peuvent être suivis de sa perforation et de la destruction de l'œil ; la peau, livide par suite de la stase capillaire, présente de l'intiltration ou bien elle est le siège de rougeurs érysipélateuses; la muqueuse buccale et nasale est ramollie, boursouflée, saignante, puis surviennent des ulcérations quasi-seorbuliques avec mortifications partielles, et. par suite les dents sont ébranlées et tombent. Il est clair que si l'une des branches du trijumeau est compromise peu après son émergence ganglionnaire et avant sa division, on observera dans le territoire de cette branche des altérations nutritives analogues à celles qui suivent la lésion du ganglion; mais l'anesthésic scia, elle aussi, limitée à cette seule branche, il n'y a donc pas de confusion possible avec la paralysie ganglionnaire totale.

Dans toutes les paralysies périphériques, qu'elles soient basilaires, interstitielles ou superficielles, les mouvements réflexes sont abolis dans les parties anesthésiées, parce que l'excitation qui devait les provoquer ne peut plus arriver au centre de réflexion; le malade n'éternue pas lorsqu'on chatouille sa pituitaire, il ne ferme pas les paupières lorsqu'on touche sa con jonctive, et l'excitation du voile du palais n'amène pas de mouvement de déglutition ; mais tous ces actes, qui sont suspendus en tant que mouvements automatiques, persistent avec leurs caractères normaux en tant que mouvements volontaires. Lorsque l'anesthésic de la cinquième paire, n'est pas compliquée de paralysie du nerf masticateur ni du facial, tous les mouvements de la face et des mâchoires sont conservés, mais ils ont du côté malade la lenteur et l'incertitude que présente toujours la molilité volontaire dans les parties privées de sensibilité.

Paralysies centrales. — L'anesthésic est du côté opposé à la lésion, elle coïncide avec des paralysies sensibles ou motrices dans la tète, les membres ou le tronc, et. si les nerfs moteurs sont intacts, les MOUVEMENTS réflexes ne sont pas abolis dans les régions anesthésiées.

Le début de la paralysie du trijumeau n'est brusque que dans les cas où elle succède à l'action du froid ou au traumatisme ; il n'est pas rare qu'elle

HYPERKINKSIE DL FACIAL. — TIC GONVULSIF. kSl

soit précédée de douleurs névralgiques violentes et prolongées, l'apparente guérison n'est alors que Le signal d'uj&e modalité nouvelle du nerl ' .lil'ccl ('• . Lorsqu'elle est partielle, l'anestliésie est souvent ignorée du malade, et le médeein ne la découvre qu'à la condition de la rechercher par une investigation méthodique.

TRAITEMENT

De même que la durée et la terminaison, le traitement de la paralysie tril'aciale est entièrement subordonné à sa cause; il est le plus souvent impuissant dans les paralysies centrales, basilaires et interstitielles, à moins que la lésion ne soit accessible à l'intervention chirurgicale ou qu'elle n'ait une origine syphilitique ; aussi esl-il prudent de tenter dans tous les cas la médication spécifique. Dans les paralysies superficielles non syphilitiques, les vésicatoires volants, les frictions excitantes, et surtout l'électricité, sont les meilleurs moyens de traitement.

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