‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 105 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ni 1*ERK1NÉSIE DE L'ACCESSOIRE DE WILLIS.

GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.

On donne les noms de tic convuhif ou rotatoire du cou et de la tête, de torticolis spasmodique, à l'hyperkinésie des muscles innervés par La branche externe du spinal (1); la convulsion occupe le trapèze et le sterno-mastoïdien,

(1) Bell, Rombebg, Hasse, loc. cit. — Bbight, Médical Cases; il. London, 1827. — Toulmoucue, Arch. gén. de méd., 1832. — Hutciunson, The Lancet, 1836. — Stbomeyeb, Beitrcige zur operativen Orthopœdie. Hannovcr, 1838. — Dieffenbacii, Durchschneidung der Sehnm und Muskeln. Berlin, 1841. — Barton and Bennett, American Journ. of med. Se, 1843. — Newnham, J&trnal fur Kinderkraukheiten , 1850. — Ebebt, Das krampphafte Kopfnickcn der Kinder (Ann. d, Charité-Krankcnh. 1850). — G. Hirscii, Klinùchc Fragmente. Berlin, 1857. — DuCHENHE. loc. cit., et Ballet, de thérapeutique, 1860. — M. Meyeb, Die Electricitât in ihrer Anwendung, etc. Berlin, 1854. — Legouest, Union méd., 1861. — Remak, Ueber Torticollis (Oesfcr. Zeits. f. jtrakt. Hnilk., 1863), — Schl'tzenberger, Observ. d'un cas de tic rotatoire de la tête (Gaz. méd. Strasb&urg, 1867). — De Morgan, A Case m which severe spasmodic Contraction of cervical Muscles is produced by Movement (The Lancet 1867).

HYPERKINÊSIE DE L'ACCESSOIRE DE W1LL1S. m

pai -l'ois aussi le rhomboïde et l'angulaire de l'omoplate, qui reçoivent de l'accessoire des branches inconstantes. Comme la crampe mimique, la crampe cervicale reuH deux formes, elle est clonique ou tonique; c'est à cette dernière seulement que doit être appliqué le nom de torticolis spasmodique. La fohme clûniqub est rare, l'étiologie en est obscure; on a mentionné les efforts nécessités par le soulèvement d'un fardeau trop lourd, la torsion brusque de h tète, sa compression prolongée dans un accouchement difficile ; mais tout cela est fort douteux, et l'influence de la dentition est encore la cause la plus certaine. La forme toniquk est plus fréquente ; contrairement à la précédente qui est observée surtout chez les enfants, elle apparaît à tout âge, et elle reconnaît pour causes principales l'impression du froid sur les nerfs sensibles du cou (crampe réflexe) et les lésions traumntiques ou pathologiques des vertèbres cervicales supérieures. Dans quelques cas, la déviation spasmodique de la tète est congénitale ; on ne sait alors, à vrai dire, si c'est le nerf ou le muscle qui est primitivement intéressé .

SYMPTOMES ET MARCHE

La forme clonique est ordinairement unilatérale ; la tête est entraînée par des secousses plus ou moins rapprochées dans le sens de l'action du muscle slerno-mastoïdien, c'est-à-dire en bas et latéralement, de manière que l'occiput se rapproche de l'épaule du côté malade, et que le menton se porte en haut vers l'autre coté ; si c'est l'action du trapèze qui domine, la tète est portée plus directement en arrière, l'épaule est soulevée en masse, ou bien elle tourne sur son axe antéro-postérieur, l'angle interne s'abaisse, tandis que l'externe s'élève ; les muscles convulsés se dessinent à travers les téguments comme des cordons ou des plans rigides et résistants. Au bout de quelques secondes, les muscles se relâchent, la tète revient à sa position naturelle, le paroxysme est terminé ; au début de la névrose, les secousses sont ordinairement assez éloignées, mais elles ne tardent pas à se rapprocher en augmentant de violence, et on les a vues se reproduire 22 fois (Bell), 30 fois (Hasse) dans une minute; la brutalité de ces convulsions esl une cause de soutfrance, Leur répétition incessante empêche les mouvements de mastication et d'articulation dont la simple tentative provoque un nouvel accès; dans cette situation désespérée, un des malades de Hasse a demande au suicide le terme de ses mau\. La convulsion cesse pendant le sommeil, et cela, même lorsqu'elle présente une extrême fréquence; ainsi, chez la jeune fille dont parle Romberg, l'oscillation de la tête était produite jusqu'à 11 fois en quinze secondes, et cependant la pause était complète une fois le sommeil obtenu; il est bon d'ajouter que ces malades sont tourmentés par des insomnies opiniâtres. L'hypcrkinésie n'est pas constamment limitée

à La sphère de l'accessoire, elle peut envahir le facial, la portion motrice du trijumeau (crampe masticatoire), les nerfs cervicaux, et même les branches collatérales du plexus brachial; dans un cas où les muscles scalènes étaient pris, Romberg a observé l'anesthésie et l'œdème du bras correspondant par compression du plexus et des troncs veineux. Quelques malades peuvent prévenir la convulsion en donnant un point d'appui solide à la tète, ou bien par un effort volontaire; ce phénomène est exceptionnel. La sensibilité reste parfois intacte, mais il n'est pas rare qu'il \ ait une douleur spontanée, ou provoquée par la pression an niveau de l'occiput et des apophyses épineuses cervicales. Lorsque ces conditions unilatérales ont une fréquence et une intensité modérées, elles persistent sans inconvénient grave pour la santé générale, elles peuvent même s'atténuer et disparaître graduellement ; le pronostic ne devient sérieux (pic dans les cas où le désordre est assez violent pour causer l'insomnie et gêner l'alimentation. — La forme clonique bilatérale est propre aux enfants depuis l'âge de la première dentition jusqu'à la puberté ; elle se manifeste par des mouvements rotatoires de la tète ou par une flexion cadencée analogue aux oscillations rhythmiques des magots chinois (cmvulsîoûs de salaam); les accès sont ordinairement éloignés les uns des autres, et s'ils ne durent pas au delà de quelques secondes ou une minute, ils laissent le petit malade aussi dispos qu'avant ; dans le cas contraire, le terme du paroxysme est amené par l'épuisement, et l'enfant s'endort. Avec ces crampes coïncident souvent le tic facial, le blépharospa'smc et le strabisme ; on les a vues plusieurs fois cesser spontanément après l'achèvement de la dentition; mais le pronostic de cette forme est plus grave que celui de la précédente, parce que l'observation a établi que plusieurs des enfants ainsi affectés ont été pris d'épilepsie ou d'idiotisme.

La forme tonique (caput obstipum spasticim) occupe presque exclusivement le sterno-mastoïdien, elle est toujours bien moins accusée dans le trapèze ; la déviation de la tète est celle qui a été décrite plus haut, mais elle est permanente bien que variable dans son degré. La signification de cette contracture change du tout au tout suivant les conditions de son développement; congénitale, elle est grave en ce sens qu'elle peut persister toute la vie, et déterminer la déformation atrophique du visage et du thorax du coté malade, une déviation de la colonne cervicale à convexité tournée vers le côté sain, et des courbures compensatrices de sens alternativement inverse dans la région du dos et des lombes. — La crampe réllexe produite accidentellement par l'impression du froid (torticolis simple) est le plus souvent transitoire, et disparaît après quelques jours de durée ; toutefois, on l'a vue devenir persistante et amener à la longue les mêmes désordres que la précédente. Cette variété est souvent marquée à son début par des douleurs vives dans toute la région cervicale, et les tentatives d'élongation du muscle sont extrêmement pénibles , en outre, elles accroissent la contracture par ex-

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