‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 108 sur 161 · CONTRACTURE ESSENTIELLE DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

CONTRACTURE ESSENTIELLE DES EXTRÉMITÉS

qu'ils soient, ils tendent à établir cette double modalité pathogénique, car il est question dans quelques cas d'hyperémie et d'infiltration du névrilème, tandis que dans d'autres il est fait mention d'altérations diverses du ce ni iv spinal, injection ou infiltration «les méninges, ramollissement delà moelle, il convient d'ajouter que des autopsies plus nombreuses oui démontré l'intégrité parfaite du système nerveuv central et périphérique; mais cela prouve simplement que la névrose n'est pas nécessairement accompagnée de lésions matérielles appréciables, cela ne dit rien touchant le siège physiologique du désordre.

La tétanie a son maximum de fréquence chez les jeunes gens de dix-sept à vingt-cinq ans, viennent ensuite les enfants d'un à trois ans ; les adultes sont plus rarement atteints, à l'exception toutefois des femmes en couches et des nourrices, l'état puerpéral et la lactation constituant pour la contracture une véritable opportunité. La maladie est primitive ou secondaire ; primitive, elle se montre chez des individus bien portants, et ne reconnaît d'autre cause certaine que l'impression du froid (tétanie a frigore dite rhumatismale) ; cette forme est assez rare chez les enfants ; secondaire, elle apparaît dans te cours ou à la suite d'un état morbide; parmi les affections disparates dont l'influence est constatée , les unes ont cela de commun qu'elles altèrent profondément la nutrition et par suite les propriétés du système nerveux, tels sont le typhus, la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, les fièvres éruptives, le choléra, le mal de Bright; les autres semblent plutôt agir par le mécanisme réflexe, ce sont La dentition, les vers intestinaux, les troubles gastriques passagers (indigestion), lagravidité. Il est clair que dans ces cas là c'est le centre spinal lui-même qui subit l'impression excitante , tandis que le siège périphérique est plus vraisemblable dans la tétanie a frigore. Au surplus, cette étiologie est mal assise encore, et il se pourrait bien que dans les formes secondaires elles-mêmes, l'action du froid, surtout du froid humide, fût la cause déterminante efficace des accidents. On a mi La contracture sévir simultanément sur un certain nombre d'individus sounm ans mêmes influences atmosphériques et hygiéniques ; c'est surtout dans les asiles et dans les prisons que ces petites épidémies ont été observées.

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

Le début est rarement brusque; une sensation de fatigue et de brisement dans les membres, des aberrations de la sensibilité tactile (fourmillements, picotements), précèdent le spasme musculaire ; bientôt les mouvements des •membres sont gênés par une roideur insolite, des secousses convulsives cloniques agitent les muscles menacés, et la crampe tonique s'établit; il

n'est pas rare qu'elle coïncide avec des élancements douloureux dans la longueur des membres et dans les jointures, et même avec de véritables douleurs névralgiques. La contracture occupe d'abord les membres supérieurs, elle peut y rester limitée, mais elle envahit le plus ordinairement les membres abdominaux; à l'avant-bras elle siège dans l'immense majorité des cas sur les fléchisseurs, de sorte que le poignet est entraîné dans la flexion, et les doigts, fléchis dans les articulations métacarpo-phalangiennes, sont étendus ou fléchis dans les articulations phalangiennes selon que les interosseux ou les fléchisseurs sont prédominants; à la jambe le spasme occupe les extenseurs, le pied est dans l'extension complète, les orteils sont fléchis vers la plante. La position de la main n'est pas toujours la même; lorsque les doigts sont étendus dans les articulations interphalangiennes, ils recouvrent le pouce qui est fléchi et ramené dans la paume de la main, c'est la variété la plus fréquente; dans d'autres cas, les jointures phalangiennes sont elles-mêmes fléchies, et les doigts et le poignet sont comme enroulés dans le sens delà flexion; ailleurs les doigts sont écartés les uns des autres et incomplètement fléchis (main en griffe) ; parfois ils sont rapprochés et étendus comme dans l'acte d'écrire ; enfin le poignet lui-même, au lieu d'être fléchi, peut être étendu (Hérard), mais c'est là un fait exceptionnel; il en est de même de la flexion du pied sur la jambe avec extension des orteils.

Les muscles contractures et les jointures voisines sont le siège de douleurs vives qui augmentent et diminuent avec l'intensité de la crampe ; alors même que celle-ci est continue, elle n'est jamais uniforme, elle présente des rémissions voisines du relâchement complet, et des redoublements qui sont spontanés, ou provoqués par les mouvements, par les impressions thermiques, par la constrietion des parties, et surtout par les tentatives de redressement, lesquelles sont toujours extrêmement douloureuses. Dans d'autres cas, la crampe est réellement intermittente, elle peut même être périodique et affecter un type quotidien, tierce ou octane (Perrin). Ordinairement bilatérale, la contracture peut cependant être bornée à un côté du corps; elle peut en revanche dépasser les segments inférieurs des membres auxquels elle est ordinairement confinée, et atteindre le bras, la cuisse, l'épaule, la hanche et même les muscles du tronc, notamment ceux du ventre, du dos, du cou et de la mâchoire ; lorsque le spasme envahissant persiste, en outre, dans les parties qu'il a primitivement atteintes, l'aspect du malade ne diffère pas de celui qui caractérise le tétanos. La contracture des muscles de l'œil a été observée, mais elle est rare; il en est de même de celle du diaphragme, qui plus d'une fois cependant a causé la mort.

A côté de ces symptômes fondamentaux, quelques phénomènes inconstants méritent d'être signalés; ce sont les contractions fibrillaires des muscles

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