‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 11 sur 161 · CARACTÈRES DU LIQUIDE (I · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DU LIQUIDE (I

Le liquide de l'hydropisie est analogue, mais non semblable à ta sérosité du sang . il est incolore ou légèrement jaunâtre, transparent et limpide, d'odeur fade ou salée ; la réaction en est presque toujours alcaline, et la densité est Inférieure à celle du sérum. Les différences qui séparent le liquide hydropique du sérum sanguin tiennent à deux causes : 1" la paroi vasculaire ne laisse passer que les éléments dissous du sérum, elle retient les éléments suspendus ; 2° la capacité exosmotique des vaisseaux varie pour les diverses substances et dans les divers systèmes de capillaires ; de sorte que les éléments dissous eux-mêmes ne présentent, pas dans le liquide épanché les mêmes proportions que dans le sérum. On voit par là qu'il y a loin de l' exosmose hydropique à une simple transsudation j c'est, une ttanssudation élective dont, les caractères particuliers, variables dans les diverses régions organiques, sont déterminés par les propriétés diosmotiques du vaisseau vivant. — Tandis que le sérum du sang contient de 88 à 91 parties d'iuu (pour 100), le liquide de l'hydropisie en renferme de 95 à 98. L'albumine, à l'état d'albumine pure, ou d'albuminatc de soude, forme la plus grande partie des éléments solides du transsudat hydropique, niais elle y est toujours bien moins abondante que dans le sérum; au lieu de 5 à 6 pour 100, on n'y trouve que 1/2 à 5 pour 100; la faible diffiisibililé. de celle substance rend coinpte de ce fait. D'ailleurs, c'est précisément sur l'albumine que se fait sentir au plus haut degré l'influence variable de la paroi vasculaire. Les analyses de Cari Schmidt ont établi que sous le rapport de la richesse en albumine, le liquide de l'hydrolhorax tient la première place, le liquide de l'ascite vient ensuite, puis celui de l'hydrocéphalie, enlin en dernier tieu,le liquide de l'anasarque.

(1) Simon, Physioiog, und pat h. Anthropochemie. Berlin, 1842. — Dei.aharpf., De la présence de la fibrine dans la sérosité extraite du péritoine (Archir. (jén. de mèd.^ 1842). — Mi'lder, Versuch einer allgeimenen physiol. Chemie (Aus don Ilolliindischen von J. Moleschott). Heidclbcrg, 1845. — VlEGHQW, Faserstoffarten und fibrinogene Substan: (Virchow's Archiv, I, 1847). — C. Schmidt, Veber Transsudation im Thierkôrper (Ann. der Chemie und Pharm., 1848). — Charakteristih der epidem. Choiera. Milan ninl Leipzig-, 1850. — McQOÊtàlt et Roninn, Chimie pathologique. Paris, -1 854. — Waciismuth, Virchow's Archir, VII. — Hoppf, Virchow's Archiv, IX- XVI.— Deutsche Klinik, 1853. — Lf.iimaw, Mirbueh der physiol, ('lie, nie. Berlin,

y, PROCESSUS MORBIDES COMMUNS.

Hoppe a trouvé un peu plus lard dos rapports semblables ; voici, du reste, ou série croissante les chiffres de ces doux observateurs.

Anaîarque. Hydrocéphalie. Ascilc. Hydrothorax.

Cari Schmidt... . 0,36 pour 100 0,00 — 0,80 1,13 2,85 Hnppc 0,36 » 1,61 2,78

Dans les analyses de Wachsmuth,les t'apportsont été modifiés au profit de l'ascite, mais ses chiffres prouvent néanmoins queles proportions d'albumine varient dans los divers épanchements d'un même hydropique, et que L'hydrocéphalie occupe l'un des derniers dégrés de l'échelle. L'influence du système capillaire, si bien mise en lumière par los recherches de Schmidt, n'est pas la seule qui intervienne dans l' exosmose albumineuse; la vitesse de la circulation, la composition du sang, l'âge de l'hydropisie, doivenl encore être pris en considération ; le liquide est d'autant plus riche on albumine que le cours du sang est plus lent dans les capillaires (Lehmann) : en revanche, lorsque le sang est pauvre en albumine, comme dans los dernières périodes du mal de Bright, le transsudat contient lui-même une moins forte proportion de matières protéiques ; il est à remarquer, en effet, que sous dos proportions différentes le liquide hydropique reflète toujours fidèlement la composition du sérum. La richesse on albumine augmente avec l'âge de l'épanchement, parce qu'une portion de l'eau et dos sols est reprise par absorption ; ces modifications ultérieures du liquide se rattachent à un principe qui ne doit pas être perdu de vue; les transsudats hydropiques ne restent pas étrangers aux mouvements organiques, ils en suivent les oscillations, et leur composition initiale est fréquemment changée par une résorption fragmentée ou par une exosmose nouvelle. — La fibrine liquide manque presque constamment ; lorsque, par exception, elle existe, c'est en quantité très-faible, de 4/2 à 1 1/2 pour 100. La fibrine coagulée fait toujours défaut. — Les matières extractives sont assez abondantes, leur quantité s'accroît avec l'ancienneté de l'épanchement, elles égalent parfois k à 6 pour 100 du chiffre de l'albumine.- — La graisse est un élément constant, dont la proportion est plus forte dans los hydropisies anciennes. — L'urée ne manque jamais et atteint son maximum dans l'hydropisie brightique. — Los \cmEs et les pigments biliaires n'existent que lorsqu'ils sont anormalement contenus dans le sang, c'est-à-dire dans les hydropisies avec ictère; do même le sucre est presque exclusivement propre aux hydropisies des glycosuriques. — La créatine, la créatinine, les acides hippurique et lactique sont au contraire dos éléments fréquents. — Los sels minéraux sont moins abondants que dans le sérum ; mais leur proportion est d'autant plus élevée que le sang est plus chargé d'eau et plus pauvre en albumine ; dans ces conditions, en effet, le sérum contient lui-même une plus forte quantité de

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