PÉR1CARD1TE. Ô
Dans les formes paralytiques, qu'elles soient 'primitives ou consécutives, le traitement est tout différent, ou peut le pressentir. L'indication est unique, il faut soutenir les forces, la médication stimulante permet de la remplir ; l'extrait de quinquina, l'acétate d'ammoniaque, le vin, les alcooliques à hautes doses sont les agents auxquels il convient de recourir. J'ai l'habitude d'employer dans la pneumonie, dans la lièvre typhoïde, dans toutes les maladies adynamiques, une potion composée, qui réalise au plus haut degré l'action stimulante. Voici la formule que j'ai adoptée : Vin rouge, 150 gr. ; teinture de cannelle, 8 gr. ; sirop d'écorce d'orange, U0 gr, ; mêlez et ajoutez : acétate d'ammoniaque, 10 gr. ; extrait de quinquina, h gr. ; rhum ou cognac vieux, de ftO à 100 gr., selon le cas. Cette potion, qui résume en elle la médication stimulante, me rend journellement d'importants services dans les maladies que je viens de citer ; elle m'a été également fort utile dans les cas où un épanchement péricardiaque persistait après le traitement par le tartre stibié. En même temps qu'on a recours aux agents stimulants, il faut couvrir la poitrine d'un large vésicatoire volant, appliquer même le vésicatoire ammoniacal ou le marteau de Mayor si le danger est pressant; c'est dans ce cas aussi que les ventouses sèches trouvent leur emploi, mais il faut les appliquer en grand nombre, trente ou quarante à la fois, et répéter l'opération matin et soir. On les placera sur les membres inférieurs s'ils ne sont pas œdématiés; dans le cas contraire, on les mettra en ceinture à la base de la poitrine.
Enfin, lorsque la faiblesse du cœur tient à l'abondance de l' épanchement, lorsque celui-ci détermine une dyspnée intense et continue, l'on peut songer à la ponction du péricarde ; cette opération est pratiquée dans le quatrième ou le cinquième espace intercostal gauche, à un pouce environ du bord sternal, et dans le but de prévenir la reproduction du liquide, l'on peut en faire suivre l'évacuation d'une injection irritante, selon le conseil de Laennec, qui a été mis en pratique pour la première fois par Aran avec un plein succès. Mais, en général, cette opération n'est que palliative ; elle a plusieurs fois donné lieu à un pneumopéricarde ; d'un autre côté le liquide se reproduit avec une extrême facilité, en raison de la diminution de la pression extravasculaire ; souvent aussi les vaisseaux ténus des néomembranes ne peuvent résister à la tension intra-vasculaire, qui n'est plus équilibrée ; ils se rompent, et l' épanchement devient hémorrhagique. Toutefois, comme les malades pour lesquels surgit la question de la paracentèse du péricarde sont totalement perdus, l'intervention est légitime, l'opération doit être tentée, à moins de complication grave dans l'appareil respiratoire.