CATARRHE AIGU. — LARYNGITE STRIDULEUSE
bronches et de la trachée, l'érysipèle de la face, enfin les lésions préexistantes du larynx (tumeurs, ulcérations) amènent la laryngite catarrhale par propagation ou par fluxion de voisinage. Les maladies infectieuses, surtout la rougeole, le typhus et la morve, et d'autre part le catarrhe généralisé connu sous le nom à'influenza ou grippe, présentent le catarrhe aigu du larynx au nombre de leurs déterminations locales; la syphilis peut le produire exceptionnellement au moment de la roséole, mais en général ses manifestations laryngées sont chroniques. — La multiplicité de ces causes explique la fréquence de cette maladie, qui est également commune dans les deux sexes et à tous les âges.
SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
La toux, l'altération de la voix et la dyspnée sont les trois symptômes fondamentaux de toutes les lésions de la muqueuse laryngée.
La roux a son point de départ dans le larynx même, la convulsion expiratoire qui la constitue est provoquée comme acte réflexe par l'excitation des rameaux sensibles des nerfs laryngés. — L'altération de la voix résulte : de V épaississe ment des cordes vocales, lequel, à tension égale, abaisse la tonalité; du défaut d'harmonie entre les vibrations bilatérales des deux cordes, d'où la production de tons discordants dans l'émission du même son ; de la présence d' exsudais muqueux sur les rubans vocaux, d'où l'àpreté.et la raucité du timbre ; du trouble de contractilité des muscles tenseurs subjacents à la muqueuse enflammée, d on l'abaissement du ton ou l'aphonie, si la tension est insuffisante, eu égard au volume accru des cordes ; d'où l'élévation du ton, si la tension est exagérée ; d'où enfin le caractère bitonal de la voix, qui passe brusquement d'une tonalité à une autre, si la tension est ralentie, ou si les tensions bilatérales ne sont plus égales ou plus isochrones. — La dyspnée est la conséquence de l'obstruction de l'orifice glottique par les produits pathologiques; à lésions égales, elle est d'autant plus marquée que l'ouverture dans son ensemble est plus étroite, et que la glotte, dite respiratoire, est moins développée; aussi est-elle relativement rare chez l'adulte, très-fréquente au contraire chez l'enfant dont la respiration peut être gênée par les exsudats ou les épaississements laryngés les plus insignifiants. Cette difficulté respiratoire d'origine mécanique est permanente comme l'obstacle qui l'engendre ; mais on observe en outre dans les maladies du larynx une dyspnée paroxystique, qui revient sous forme d'accès de suffocation, et dont la genèse est toute différente. L'altération pathologique de la muqueuse excite les nerfs sensibles ; quand cette excitation atteint un certain degré, elle provoque par action réflexe la contraction spasmodique des muscles innervés par le récurrent, et la glotte est fermée plus ou moins complète-
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ment par les muscles thyro-ct crico-aryténoïdiens latéraux, et aryténoïdiens transverses. Cette hypcrkinésie des branches laryngées motrices est connue sous le nom de spasme de la glotte ; elle varie dans son degré depuis une gêne respiratoire, légère jusqu'à la suffocation et à la mort par asphyxie ; c'est ce spasme réflexe qui, dans le plus grand nombre des cas, fait le danger des maladies du larynx, et il est bien digne de remarque qu'en raison de son mode de production, la convulsion glottique est plus à craindre dans les altérations de surface qui excitent et titillent les ramuscules nerveux sensibles, que dans les lésions profondes qui détruisent la muqueuse, et par suite les expansions terminales des nerfs. Dans les maladies très-superficielles l'explosion des accidents spasmodiques a ordinairement lieu la nuit ; ils semblent déterminés alors par l'augmentation graduelle de la dyspnée mécanique ; pendant le sommeil, en effet, les replis glottiques ne sont plus ébranlés par les vibrations vocales, le gonflement en est plus marqué, et les produits muqueux s'y accumulent plus facilement ; l'obstacle à l'entrée de l'air qui était nul ou inappréciable pendant l'activité diurne s'accentue davantage; parvenue à un certain degré, la difficulté inspiratoirc éveille le malade, et agissant comme stimulus, provoque le spasme réflexe. Cette influence de l'élément mécanique, bien que positive, n'est cependant pas nécessaire; on observe l'occlusion spasmodique de la glotte dans des laryngites catarrhales extrêmement légères, auxquelles on ne peut attribuer aucun effet d'obstruction ; l'irritation fluxionnaire de la muqueuse est alors la seule condition pathogénique du spasme. A contracture égale, les accidents de la convulsion glottique sont d'autant plus marqués que la glotte est moins développée ; d'un autre côté, ce spasme, comme tous les phénomènes convulsifs, est favorisé par cette modalité de l'innervation que j'ai signalée sous les noms de convulsibilité ou spasmophilie ; pour ces motifs, le spasme glottique a son maximum de fréquence dans les premières périodes de la vie, et chez les jeunes enfants il est facilement provoqué par des altérations légères, qui ne le produisent jamais chez l'adulte. Telle est la raison de la physionomie spéciale que présente la laryngite catarrhale chez les jeunes sujets ; les différences sont assez notables pour nécessiter une description particulière, mais elles ne peuvent justifier la création d'une espèce morbide distincte. La maladie que les auteurs ont individualisée par les noms de laryngite spasmodique , laryngite stridxdeuse, pseudo-croup, n'est autre que la laryngite catarrhale des enfants, laquelle doit ses caractères propres à l'âge des malades et à la disposition de la glotte.
Chez l'adulte et les enfants au-dessus de dix ans, le catarrhe aigu du larynx n'est caractérisé le plus souvent que par la [douleur locale, l'altération de la voix et la toux; les phénomènes généraux sont ordinairement nuls ; dans d'autres cas, ils consistent simplement en une courbature légère avec céphalalgie et anorexie, parfois enfin, il y a un malaise très-prononcé