‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 149 sur 161 · CATARRHE AIGU.— LARYNGITE STR1DULEUSE · texte numérisé non relu

CATARRHE AIGU.— LARYNGITE STR1DULEUSE

et une lièvre marquée pendant les deux ou trois premiers jours. La douleur siège dans le larynx, elle est en général d'une intensité médiocre; elle est exaspérée par la toux, par l'émission du son, par l'inspection qui tiraille l'épiglotte, les replis glosso-épiglottiques, et expose la muqueuse à l'impression de l'air froid, mais elle n'est pas toujours augmentée par la pression latérale du cartilage thyroïde. Indépendamment de la douleur proprement dite, le malade accuse souvent une sensation de corps étranger, ou bien il éprouve des picotements, des chatouillements dans le larynx; c'est dans ces cas que la toux est le plus fréquente; quant à la déglutition, elle n'est pénible que lorsque l'épiglotte participe à l'inflammation. — L'altération de la voix est le symptôme le plus constant et le plus précoce ; dans les cas légers, elle est simplement enrouée et grave, mais lorsque l'exsudat muqueux rend les cordes inégales, elle devient rauque, la tonalité est mal assise, et pour les raisons précédemment exposées, elle peut être complètement éteinte ou prendre le caractère bitoml. Enfin, le ton de la voix peut varier d'un moment à l'autre, et même durant l'émission du son, par suite de la mobilité des produits qui recouvrent les cordes, et de leur contact accidentel qui produit des nœuds de vibration (Millier). — La toux est superficielle en ce sens qu'elle ne vient ni de la trachée ni des bronches; elle a son point de départ dans le larynx et le malade ne s'y trompe pas ; de fréquence variable, elle peut être bornée à quelques secousses le matin au réveil, ailleurs elle est quinteuse, presque incessante, et elle peut alors, chez les enfants surtout, devenir une cause de danger en empêchant la pénétration de l'air dans la poitrine. Le timbre de la toux n'est pas toujours le même; au début, elle est sèche, souvent sibilante ; dans d'autres cas, elle est rauque, grave, retentissante, comme aboyante : c'est cette variété de toux qui est appelée par plusieurs auteurs, toux croupale ; cette terminologie regrettable peut donner lieu à de graves erreurs de pratique, car le croup est de toutes les maladies du larynx celle qui produit le moins souvent la toux éclatante ou aboyante. — L'expectoration, nulle au début, est composée ensuite de mucosités filantes, et un peu plus tard de crachats muco-purulents, quelquefois noirâtres, qui sous forme de pelotons ou de fuseaux reproduisent la disposition des ventricules du larynx ; les crachats examinés au microscope ne contiennent d'abord que l'épithélium vibratile des couches superficielles, puis on y trouve en quantité variable des cellules provenant des couches épithéliales profondes ou des glandes (corpuscules rnuqueux), enfin dans l'expectoration mucopurulente, ces éléments sont mêlés à des cellules de nouvelle formation plus ou moins analogues aux globules purulents. — En dehors des quintes de toux, il n'y a pas de gène respiratoire.

L'examen laryngoscopique (1) qui permet de faire sur le vivant l'anatomie

(1) Gzermak, Der Kehlkopfspiegel and seine Verwerthung fur Physiologie und Patho-

pathologique de la maladie, montre une rougeur plus ou moins étendue qui n'est jamais uniforme; elle est en points ou en plaques, mais sur les cordes elle est en stries; du reste, elle peut manquer complètement sur les rubans vocaux, c'est sur les replis ary-épiglottiques, dans le vestibule de la glotte, sur les cordes vocales supérieures qu'elle est le plus constante et le plus marquée. Quelquefois la fluxion dépasse le degré de la rougeur, il y a de véritables ecchymoses, ou même de petites extravasations sanguines. La muqueuse n'est plus lisse et unie, ce qui tient à la chute de l'épithélium ; l>uis, ele 881 recouverte par places d'un mucus plus ou moins épais qui prend rapidement les caractères du muco-pus ; en même temps, les glandes sont turgescentes et hérissent la membrane de saillies granuleuses ; cette disposition, fréquente surtout chez les chanteurs et les fumeurs, coïncide ordinairement avec l'existence de granulations pharyngiennes. Dans quelques cas, l'élimination des produits granulaires donne lieu à de petites ulcérations qui, d'abord isolées et arrondies, finissent par se réunir, de manière à former des plaques irrégulières toujours très-superficielles ; c'est là l'érosion catarrhale qui donne à la maladie une ténacité et une durée plus grandes.

La mahciii: est rapide et favorable dans les cas légers ; en quatre ou cinq jours, buit au plus, tout rentre dans l'ordre ; dans les cas graves qui sont caractérisés par l'intensité des phénomènes généraux, la violence de la toux, l'existence d'un rbonchus laryngé, perceptible à distance ou par l'auscultation du larynx, la durée est plus longue ; il peut s'écouler deux septénaires et même plus, avant que la guérison ne soit complète, et cette terminaison favorable n'est plus la seule possible; la maladie peut passer à l'état chronique, et même elle peut tuer par l'asphyxie résultant des quintes de toux ; cette issue est fort rare, mais elle a été observée chez des enfants.

Le catarrhe aigu du larynx récidive avec une facilité d'autant plus grande que les atteintes ont déjà été plus nombreuses, et que l'individu fatigue davantage ses cordes vocales ; par sa répétition, il peut donner lieu à une

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