‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 34 sur 161 · OBLITÉRATION DES SINUS VEINEUX · texte numérisé non relu

OBLITÉRATION DES SINUS VEINEUX

bose primitive ; quand elle existe, elle es! causée par l'état général qui provoque l'oblitération veineuse, et elle présente la l'orme hectique. Quelques symptômes spéciaux ont été signalés; il est bon de les connaître, mais il ne faut pas leur attribuer une valeur absolue : ce sont les épistaxis dans l'oblitération du sinus longitudinal supérieur (von Dusch) ; la différence de volume des jugulaires externes dans la thrombose des sinus latéraux, la veine du côté malade est plus affaissée que l'autre (Gerhardt); un œdème douloureuse, circonscrit derrière l'oreille, une phlegmatia dolens en miniature, lorsque l'oblitération du sinus transverse se prolonge dans les Veines émissaires qui aboutissent à la Cosse sigmoïdienne (Griesinger) ; enfin, Y œdème autour des veines frontales et Y eœophthalmie dans l'oblitération du sinus longitudinal supérieur (Corazza). La présence de ces phénomènes a une certaine importance pour le diagnostic, leur absence n'en a aucune.

On voit combien cette symptomatologie est vague et mal définie, et cela doit être, puisqu'elle traduit les effets cérébraux très-variables de la thrombose, et non la thrombose elle-même; ce coinplexus pathologique n'acquiert quelque signification précise que si l'ont tient compte des circonstances au milieu desquelles il se développe. Les cachexies, les maladies de longue durée avec parésie cardiaque, etc., permettent de songer à une thrombose primitive. Quant à la secondaire, quoique sa symptomatologie ne soit pas plus précise, elle est plus nettement caractérisée par les lésions extra-crâniennes, par l'otite, par les écoulements muco-purulents du conduit auditif, etc.; mais ces mêmes lésions sont également une cause de méningite et d'encéphalite partielle, de sorte que, même alors, il n'est guère possible d'aller au delà d'une simple probabilité. Fort heureusement, cette incertitude du diagnostic est sans inconvénient pour la pratique.

Le pronostic est grave, au point qu'on regarde les faits de guérison comme des erreurs de diagnostic, mais le danger n'est pourtant pas le même dans tous les cas; si la thrombose de la pyémie et la thrombose primitive sont mortelles, l'une par l'étal général, l'autre par les désordres cérébraux, la thrombose secondaire, celle entre autres qui est provoquée par l'otite interne, parait être un peu moins redoutable.

TRAITEMENT

Il est purement symptomatïque, puisqu'on ne peut ni enlever le caillot ni prévenir les lésions cérébrales consécutives. Dans la thrombose secondaire, inflammatoire ou non, qui succède aux lésions du crâne, de l'orbite ou de la face, le traitement doit être énergique et réglé sur l'intensité de la réaction et les conditions de l'individu; saignées générales ou locales, dérivatifs intestinaux, voilà les moyens qu'il convient d'employer si la lésion initiale est franchement phlegmasique. d'origine récente, ci si le malade est d'ail-

leurs robuste et de bonne constitution. S'agit-il d'une lésion osseuse déjà ancienne chez un individu débilité, ou suspect de scrofulisme ou de syphilis, il faut être plus modéré; on agira sur l'intestin au moyen de purgatifs, tels que calomel et jalap, séné, aloès, etc. ; on combattra les symptômes cérébraux par des vésicatoires volants à la nuque et aux cuisses, par des applications froides sur la tète, et si l'on réussit à gagner ainsi un peu de temps, on prescrira le traitement général indiqué par la maladie constitutionnelle. S'il s'agit d'une otite, on se gardera d'arrêter l'écoulement par le conduit auditif externe, et l'on ouvrira de bonne heure les abcès périmastoïdiens dont l'apparition a été dans quelques cas un signe favorable. Dans la thrombose primitive (marastique), on ne peut se proposer d'autre but que de relever la circulation languissante et de soutenir les forces du patient; l'indication sera remplie par l'administration du vin, de l'alcool, du quinquina, des préparations ammoniacales ou éthérées, et par une alimentation convenable ; mais ce sont là des efforts in extremis toujours impuissants.

Page 1