MÉNINGITE AIGUË
place à un sommeil naturel d'où le malade s'éveille sans lièvre, sans paral\sie, avec des idées lentes encore, mais déjà nettes, et cette sensation intime de guérisnn qui appartient à toutes les défervescences favorables.
Les phénomènes de la première période sont quelquefois assez peu marqués pour passer inaperçus, et la maladie semble débuter par le collapsus; cette anomalie apparente est observée dans la méningite secondaire des maladies aiguës, et dans celle qui succède au traumatisme ou aux altérations des os du crâne ; on comprend facilement pourquoi les symptômes initiaux restent ignorés ; ils ne le sont que parce qu'ils sont imputés à tort à la maladie première. La méningite des rhumatisants débute assez souvent en revanche de la façon la plus éclatante par un accès de délire furieux, ou par de l'incohérence dans les idées; bien que la maladie initiale soit elle-même fébrile, le thermomètre présente alors une nouvelle et brusque élévation de 0,5 à un degré.
Deux fois déjà j'ai vu la méningite débuter soudainement dans des circonstances insolites qui n'ont pas été signalées à ce point de vue ; c'était une fois chez un homme en proie depuis quatre jours à une attaque des mieux caractérisées de délirium alcoolique (voy. fig. 23), et l'autre fois chez une femme qui avait eu plusieurs jours de suite des attaques d'hystérie. Dans les deux cas l'exploration therinomélrique a indiqué avec une précision mathématique le moment de la mutation morbide ; normal jusqu'alors le chiffre a présenté du matin au soir, une élévation de 2 et 3 degrés ; j'ai trouvé chez les deux malades une méningite suppurée de la base, avec hyperémie générale de la convexité chez l'alcooliuue.
DIAGNOSTIC
L'encéphalite partielle est la seule maladie cérébrale avec laquelle la méningite pourrait être confondue ; le diagnostic qui a été indiqué précédemment repose sur ces deux éléments : intensité plus grande des phénomènes fébriles communs dans la méningite, circonscription moins nette des symptômes. — Le thermomètre est le meilleur, pour ne pas dire le seul moyen, de distinguer la méningite des diverses névropathies qui peuvent la simuler, telles que l'alcoolisme aigu, l'intoxication saturnine, l'urémie, le coma épileptique, etc. 11 faul se rappeler cependant que l'acte convulsif peut par lui-même élever un peu le chiffre thermométrique, et dans un cas douteux de cette catégorie, je n'accorderais de valeur diagnostique qu'à un chiffre compris entre 38°5' et 39 degrés; il est prudent en outre d'attendre, avant de juger définitivement, le résultat de deux explorations à douze heures de distance. C'est encore celle méthode d' observation qui, dans le cours des fièvres et des phlegmasies, permet de discerner avec le plus de certitude
entre les désordres cérébraux purement fonctionnels, et ceux qui tiennent au développement d'une méningite secondaire, cette dernière étant généralement signalée par une ascension brusque et la cessation des rémissionilu matin.
Ou ne peut en espérer quelque résultat qu'à la condition de le l'aire énergique et rapide. Des saignées générales répétées selon la constitution, les forces et l'état de santé antérieur de l'individu, des saignées locales (sangsues derrière les oreilles, ventouses à la nuque et au niveau de la ligne courbe occipitale supérieure) senties premiers moyens auxquels il convient de recourir; en même temps on applique de la glace en permanence sur la tète, ou bien on fait des irrigations continues, on vide l'intestin par un ou deux lavements purgatifs, puis on s'efforce de provoquer la salivation mercurielle ; dans ce but il ne faut pas se borner à donner le calomel à doses fractionnées; il faut en hâter l'action par des frictions d'onguent napolitain faites matin et soir à la partie supérieure des cuisses; les bons effets qu'on obtient dans la péritonite aiguë, en mettant un vésicatoire sur l'abdomen, et en recouvrant la surface dénudée avec de l'onguent mercuriel, autorisent l'application du même moyen sur le cuir chevelu préalablement rasé ; mais il est bien clair que si l'on attend pour cela que le patient soit dans le collapsus, on ne peut plus rien espérer de cette méthode, quelque puissante qu'elle soit. Si le malade est syphilitique, le traitement sera le même, mais on joindra d'emblée à l'administration des mercuriaux, celle de l'iodure de potassium à hautes doses (2 à l\ grammes par jour) ; enfin lorsque le développement de la méningite dans le cours d'un rhumatisme aigu coïncide avec la diminution ou la cessation des douleurs articulaires, il est bon d'appliquer des vésicatoires sur les grandes jointures, afin d'opérer une dérivation énergique sur ces parties qui, en raison de la détermination morbide première, sont naturellement disposées à la subir.