MÉNINGITE CHRONIQUE
jonctive qui a pour conséquences des opacités partielles de l'arachnoïde, 1 épaississement de la pie-mère, les adhérences des méninges entre elles et avec la surface cérébrale, et accessoirement, Le développement anormal des granulations de Paccbioni. Partielle et plus ou moins étendue, la méningite chronique esl très-fréquente chez les déments et dans toutes les folies anciennes; diffuse et généralisée, elle coïncide avec une lésion analogue de La couche hémisphérique corticale, et constitue avec elle (jpériencèphalite diffuse) la lésion caractéristique de La paralysie générale ; ces faits appartiennent à l'histoire de l'aliénation, je n'ai pas à m'en occuper. En dehors de ces cas, qui sont les plus nombreux, on observe la méningite chronique, soit comme processus chronique d'emblée, soit comme suite •l'une méningite aiguë à résolution imparfaite. Les seules causes bien établies sont l' ALCOOLISME, la SYPHILIS et la TUBERCULOSE PI LMONAIRE.
Indépendamment des modifications des méninges elles-mêmes, les lésions consistent en produits (exsudais, néomembranes) plastiques déposés en couches plus ou moins épaisses, sur divers points de l'encéphale, notamment sur la convexité et à la base ; quand ils sont rigoureusement limités à cette dernière région, ces dépôts sont ordinairement liés à la tuberculose. Les eœsudats basilaires siègent souvent sur les cordons des nerfs crâniens, et après en avoir entravé la fonction, ils finissent par en amener l'atrophie. Cette notion esl de majeure importance; les paralysies ainsi produites forment l'une des espèces du genre mal défini décrit par Duchcnne sous le nom de paralysie glosso-labio-pharyngée, et par Wacbsmuth sous celui de paralysie bulbaire progressive. — Quand les lésions sont anciennes, le tissu nerveux cortical est atrophié à leur niveau; si elles sont étendues, elles produisent une atrophie générale du cerveau, et par suite la dilatation et l'hydropisie des ventricules. — Dans la méningite syphilitique les lésions sont disséminées sous forme, de pelits noyaux isolés en nombre plus ou moins grand.
La méningite chronique d'emblée a une marche lente, une symptomato- Logîe vague et obscure : la céphalée, les vertiges, les troubles des sens, l'affaiblissement de la mémoire, le tremblement, l'incertitude et l'hésitation des mouvements volontaires, en sont les phénomènes les plus ordinaires ; ce sont les seuls qu'on observe lorsque les nerfs crâniens ne sont pas touchés, aussi est-il bien difficile alors de baser sur eux un diagnostic, à moins que ces désordres ne soient observés chez un individu en puissance d'alcoolisme ou de syphilis, ou bien encore chez un malade dont les antécédents hérédi-
Ziemssen, Ueber Lahmung von. Gehirnnerven, etc. (Virchow's Archio, 1858). — Behrend, Syphilidologie, III. Erlangen, 1862. — Knorre, Ueber syphiliHsche Liihmungen (Deutsche Kl inil:, 1849).— Hasse, Loc. cit. — Forster, Lehrbuch der path. Anatomie. lena, 1862.
taires ne sont pas nets, eu égard au système nerveux. Du reste, alors même qu'on ne formule pas de diagnostic, il faut toujours être anxieux en présence des accidents précédente lorsqu'ils ont un caractère non douteux de persistance ; il arrive souvent, en effet, que cette méningite lente est préparatoire en quelque sorte d'une célébrité partielle qui éclate subitement avec un début apoplecliforme. La méningite syphilitique est beaucoup moins silencieuse que la commune; à la céphalée et aux autres symptômes indiqués plus haut se joignent, dans la majorité des cas, du strabisme, de la diplopie, des convulsions qui peuvent présenter la forme épileptique, et des paralysies plus ou inoins étendues. Lorsque les nerfs crâniens sont compromis par X exsudât basiiaire, la maladie présente, avec les symptômes diffus ordinaires, des paralysies circonscrites dont le siège varie comme celui de la lésion ellemême, mais qui sont contenues dans la sphère des nerfs céphaliques. En raison de la proximité de leurs origines et de leurs trajets initiaux:, les nerfs bulbaires sont ordinairement intéressés, sinon tous, au moins plusieurs à la fois; de là des paralysies simultanées de la face, de la langue, du pharynx et du larynx avec désordres possibles de l'ouïe et du goût. Dans cette variété de paralysie des nerfs bulbaires, qui est pour moi, je le répète, l'une des formes de la paralysie complexe décrite par Duchennc comme entité morbide, les mouvements réflexes et la contractilité électrique sont abolis dans les parties paralysées; mais les muscles ne s'atrophient que peu ou point, parce que les nerfs trophiques de la face lui arrivent surtout par la 5e paire, qui, eu égard à son émergence, n'est plus un nerf bulbaire. On voit que la localisation et les traits caractéristiques de celte paralysie résultent d'un simple fail anatomique, qui est le voisinage de ces nerfs à leur origine, et qu'il n'y a pas là un caractère nosologique qui autorise la création d'une espèce morbide. On comprend très-bien que dans les cas de ce genre il n'y ait pas de paralysie dans les membres; mais les auteurs, qui invoquent pour toutes les paralysies bulbaires indistinctement une lésion atrophique du bulbe lui-même, doivent être singulièrement embarrassés pour expliquer la conservation de la motililé des membres avec une lésion du bulbe, qui serait assez générale pour atteindre les origines de la plupart des nerfs bulbaires.
Le traitement doil être basé sur L'emploi des mercuriaux et de l'induré de potassium; on guérira le malade si la méningite est syphilitique, el dans [g cas contraire, c'est encore la médication la plus rationnelle.
La méningite cérébro-spinale ÉPiDÉMiQu e sei'a décrite avec les maladies générales; je La rattache au groupe des typhus.
MÉNINGITE I I BERGULEl SE.