‹ Traite de pathologie interne (volume 4)Chapitre 80 sur 161 · CATALEPSIE · texte numérisé non relu

CATALEPSIE

de l'accès; il est nul si la connaissance a été" abolie, il est conservé plus ou moins net si la manifestation des idées et de la volonté a seule été suspendue. La durée de l'attaque varie de quelques minutes à quelques heures; il y a des accès composés qui se prolongent pendant plusieurs jours avec de légères interruptions; quant aux prétendues catalepsies de plusieurs semaines de durée, sans rémission aucune, elles sont extrêmement rares; cependant il y a quelques observations probantes, celle entre autres du docteur Haase concernant une attaque de cinquante-quatre jours de durée chez une tille robuste de vingt ans qui, après son réveil, n'eut aucun souvenir de ce qui s'était passé, et n'éprouva d'autre incommodité qu'un sentiment de faiblesse et de courbature générales (1).

La persistance des bruits du cœur et la possibilité de fixer les muscles dans des positions contraires aux lois de la pesanteur, distinguent la mort apparente cataleptique de la mort réelle; l'état du système musculaire, et l'absence de chute au début de l'attaque, séparent la maladie de toutes celles qui présentent au nombre de leurs symptômes l'abolition du mouvement volontaire et la perte de connaissance. Le pronostic est subordonné à la fréquence et à la durée des accès; toutes choses égales d'ailleurs, il est plus grave pour la catalepsie secondaire ou symptomatique que pour la primitive ou essentielle.

TRAITEMENT

Dans l'intervalle des attaques, le traitement varie selon que la maladie est primitive ou secondaire ; dans le premier cas, en raison de la débilité constitutionnelle que présentent d'ordinaire les malades, c'est la médication tonique qui est indiquée ; dans le second, le traitement doit être dirigé contre l'affection qui a provoqué le développement de la catalepsie. Si elle présentait une périodicité bien nette, on pourrait la regarder comme une forme larvée pernicieuse de la lièvre palustre et tenter la médication quinine. Si l'accès est de courte durée, il n'y a autre chose à faire qu'à coucher commodément le malade et à attendre la fin du paroxysme; mais s'il se prolonge, si surtout les mouvements respiratoires et cardiaques s'affaiblissent d'une manière inquiétante, il faut chercher à ranimer l'innervation par une perturbation brusque ; l'aspersion d'eau froide sur le visage et sur le corps, l'application de l'électricité, soit sur les membres, soit sous forme de courant spino-musculaire ou spino-nerveux, sont les meilleurs moyens à employer; on peut recourir aussi à l'inhalation de vapeurs ammoniacales cl

(i) Haase, Full eines 54 Toge long andauerden kataleptischen Zustandes (Archiv der Heilkunde, 1868).

aux révulsifs cutanés puissants, notamment aux vésicatoires ammoniacaux ou au marteau de Mayor. Dans quelques cas rebelles, on a réussi à l'aire cesser le spasme par l'ingestion dans l'estomac d'une solution vomitive. Enfin, lorsque l'attaque se prolonge, il faut avoir soin d'alimenter le malade au moyen de la sonde œsophagienne, et des {lavements de bouillon et de vin.

SECOND LIVRE

N ÉVROSES SPINO * BULBAIRES.

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