MIGRAINE
sans illusions sensorialcs. la sensation do vertige el de nausée; en même temps la pâleur du visage, le larmoiement, la. transpiration céphalique et le I omissemenl témoignent du désordre provo(|ué par les anomalies de sensibilité dans le système nerveux \aseidaire el viscéral. Le vomissement rejette une quantité ordinairement considérable d'un liquide verdàtre trèsamer, provenant d'une sécrétion biliaire surabondante ; c'est un phéuomène de même ordre que la sécrétion lacrymale et sudorale dont il vient d'être question ; le vomissement a lieu plusieurs l'ois, ou bien il est unique : dans ce cas il marqua assez ordinairement la fin de l'accès, nouvelle présomption en faveur de la succession des deux phases d'excitation et de paralysie dans La sphère du sympathique. Lorsque la détente survient, lorsque les douleurs s'apaisent, Le malade s'endort, el au réveil il est tout à t'ait, bien portant, ou bien il éprouve encore pendant le jour qui suit un peu d'inappétence et de céphalalgie. Pendant l'accès, le pouls est normal ou ralenti ; ce dernier phénomène peut être attribué à l'excitation associée du nerf vague.
La durée des paroxysmes dépasse rarement douze à \ingt-qualre heures, mais la ki hkk de la maladie est vraiment indéterminée; lorsqu'elle est liée à des désordres gastriques on menstruels, elle disparait d'ordinaire avec la cause qui l'a engendrée ; mais, dans les autres conditions, les accès, tout en perdant de leur intensité et de leur fréquence avec les progrès de l'âge, peuvent persister durant toute la vie. Lorsque la migraine dépend d'affections constitutionnelles incomplètement développées, elle cesse parfois quand les manifestations régulières de la maladie s'accentuent davantage ; le fait n'est point rare chez les goutteux.
Le BiAGNQSff» ne présente aucune incertitude, mais il n'a d'utilité pratique qu'autant qu'il est complet; il faut dégager la cause de la névralgie, c'est alors seulement qu'on peut la combattre avec quelque chance de succès.
TRAITEMENT
Pendant l'accès, il convient de s'abstenir de loule médication active ; le repos, la tranquillité, voilà tout ee qui est utile; si le malade a soif, il peut faire usage d'une infusion de camomille, de fleurs d'oranger, ou tout simplement d'eau pure. Dans l'intervalle des parovvsnies , il faut chercher les indications dans les causes probables du mal; la chlorose el l'anémie seront combattues par les amers et les reconstituants, les bains de mer ont souvent alors une efficacité positive; si la migraine est liée à une dyspepsie habituelle, c'est contre celle-ci qu'il faut diriger le traitement, en l'adaptant à La forme particulière de dyspepsie qui est en cause ; le quassia, les alcalins, les opiacés, la belladone, répondent aux indica-
tions les plus communes; parmi les eaux minérales, celles de Rippoldsau, de Marienbad, de Tarasp, sont celles qui rendent le. plus de services ; dans la migraine d'origine goutteuse, les eaux de Vichy et de Kaiisbad sont plus particulièrement utiles ; ces dernières , ainsi que celles de Kissingen, conviennent aussi cbez les dyspeptiques hémorrhoïdaircs qui présentent cette turgescence abdominale, ce développement exubérant du système veineux connus en Allemagne sous les noms de pléthore abdominale, dys&rasie veineuse, vénositê. La migraine est fréquemment unie à des manifestations morbides du côté de la pêau , il convient alors de la combattre par les préparations arsenicales. Chez la femme, on se préoccupera avant tout de l'état de la menstruation et l'on s'efforcera de la régulariser par des moyens appropriés. — Contre la migraine indépendante de tout état pathologique saisissable, bien des médicaments ont été proposés; leur multiplicité même indique leur impuissance ; le café, la caféine et son citrate (dose, 20 centigrammes à 1 gramme), la valériane, la poudre de paullinia, sont les agents les plus utiles; le sulfate de quinine réussit, dans la migraine périodique, à la condition toutefois que la périodicité ne tienne pas au retour accidentellement régulier d'une cause occasionnelle, telle que fatigue, écart de régime, etc. L'administration de la digitale unie au sulfate de quinine, soit à parties égales, soit dans la proportion de 2 de quinine pour 1 de digitale, m'a paru plusieurs fois écarter et diminuer les accès; mais je n'ai pas encore observé de guérison complète. Guidé par la pathogénic, j'ai donné le bromure de potassium à hautes doses dans deux cas de migraine essentielle ; l'un des malades a guéri, l'autre a obtenu une amélioration notable ; le moyen est d'autant plus digne d'attention que l'indication en est rationnelle. En Allemagne, quelques succès ont été obtenus par la galvanisation du sympathique au cou, et de la région cervicale (région cilio-spinale) de la moelle (Benedikt, Eulenburg, Guttmann) . En tout état de cause, le malade aura une vie sobre et régulière, il évitera les repas prolongés et copieux, les veilles tardives, les fatigues exagérées, surtout celles de la vue, et il aura soin d'avoir toujours le ventre libre. — On a réussi parfois à faire avorter un accès imminent en stimulant l'estomac à jeun par l'ingestion d'un peu de vin, d'alcool ou de café, en déterminant une révulsion cutanée, ou en calmant l'excitation de la rétine et des nerfs de l'œil par des frictions laites sur les paupières avec une solution concentrée d'extrait de belladone (Piorry).