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CHAPITRE III

M \ It \l 4.11 c i:itviio-o< 4 II»1T vi.i: ET CERVIC'O-

KHACI1IAXE.

La névralgie cervico- occipitale siège dans les rameaux sensibles des quatre premiers nerfs cervicaux (jplexus cervical) ; la névralgie cervico-brachiale occupe les branches scnsitives des quatre derniers nerfs cervicaux et

(1) Von Bruns, Die Dwchschneidimg der Gesichtsnerven bei Gcsichtsschmerz. Tùbingen, 1859. — Bratsch, Bericht, ûber 93 N&rvmresecUmen^ 5 Cnrotisunterbindungeu, und eine osteoplastische Kieferrcsection welche nom Prof. Dr Nussbaum zur Heilung des Gcsichtssclimerzes ausgefûhrt wurden (Aertztl. Inicllig. Blatt, 1863). — Nélaton, Névralgie du trifacial (Bulletin de thérapeut., 1864).

^70 m:\RiiSKS DES NLRFS PÉRIPHÉRIQUES.

du premier dorsal {plexus brachial); toutes deux sonl rares, mais La première l'est plus que la seconde (1).

Les causes ne diffèrent pas de relies qui Oiil été étudiées à propos de la névralgie faciale ; parmi les causes intrinsèques Le refroidissement est de beaucoup la plus commune; k névrite et la congestion du névrilème ont vraisemblablement la même importance que dans le tic douloureux, mais l'absence d'autopsie ne permet d'accepter cette opinion qu'à titre de présomption ; dans certains cas, pourtant, les caractères des symptômes et la ténacité du mal sont assez significatifs pour la jnslilier. même sans examen cadavérique : l'ohseï \ a lion de névralgie cervico-bracliiale publiée par Itoseuthal est à cet égard aussi démonstrative que possible. — Les causes extrinsèques sont plus fréquentes dans la névralgie brachiale que dans l'occipitale, ce qui tient simplement, à l'étendue plus considérable du trajet parcouru par les nerfs du plexus brachial ; la connaissance de ces causes ;i dans l'un et l'autre cas une importance extrême, puisque les douleurs névralgiques sont bien souvent la première manifestation d'une lésion profonde; Les plus fréquentes sont les périoslites. les arthrites vertébrales, l'altération tuberculeuse et cancéreuse des vertèbres, la tuméfaction des ganglions lymphatiques voisins de l'émergence des nerfs, les lumeurs anévn sniales ou solides de la région sus-claviculaire et axillaire ; les plaies de l'aisselle (avec présence de corps étrangers), la piqûre de la saignée, déterminent souvent des névralgies brachiales extrêmement rebelles. On a vu le cal d'une fracture de la première côte (Canstatt), la dilatation des artères vertébrales (Bright), produire le même effet; enfin, dans quelques cas rares, l'exercice immodéré des muscles du membre supérieur (travail du piano, de la couture), est la seule cause appréciable du mal. Par le mécanisme de l'irradiation, les maladies du cœur, du foie et de la rate provoquent parfois des douleurs plus ou moins étendues dans la sphère du plexus brachial, notamment dans les branches acromiales et scapulaires. — Les causes constitutionnelles sont les mêmes que dans la prosopalgie, il est inutile d'en répéter l'énumération.

(1) Valleix, loc. cit. — Romberg, Kltmsche Ergebnisse. Berlin, 1846. — Bright, Cases illustrative of the effects produced when the arteines of the Brain are diseased (Guy' s Hospital Reports, I). — Bûhler, Veber Wirbeltuberkulose und fcrebs der Wirbelsâule. Zurich, 1846. — Flamm, Ocstcrr. med. Jahrbùcher, 184/1. — Lussana, Monogr. délie Neuralgie bracchiali. Milano, 1859. — Bergson, Zur liisl. Pathologie der Brachialneuralgien. Berlin, 1860. — Woillez, Neuralgie cervico-brachiale (Gaz. hôp., 1863). — Rosenthal, Neuralgie des Plexus cervico-hrachialis {Wiener allg. Zeitung, 1864). — Wietfeld, Neuromatose Neuralgie des Ramus palmaris} etc. (Deutsche Klinik, 1863). — Fubini, Neuralg. cervico-brachialis, etc. (Gazz. med. di Torino, 1865). — Forsythe Meigs, Neuralgia localised in circonflex Nerv, etc. (New- York med. Rec, 1866).

NÉVRALGIE CËMICOOGCIPITALE ET CERVlGO»BRACHIALE . Mi

La ixh iju h est paroxystique, à type régulier ou irrégulier ; elle n'a pas ordinairement L'horrible violence de celle du tic douloureux, niais elle procède connue elle par élancements diffus en tous sens, se faisant sentir bien plutôt dans les expansions terminales des nerfs «pie dans la longueur de leur trajet. — Dans la hamuk <:kh\ ie.o-o<:eiprràWj la douleur siège surtout a la partie supérieure de la nuque au niveau des deux premières vertèbres, c est-à-dire dans le grand nerf occipital, et elle s'étend de là vers l'apophyse inastoïde, le pavillon de l'oreille, la région céplialique postéro-lalérale; lorsqu'elle occupe les branches du plexus cervical superficiel, elle envahit la lace, la mâchoire inférieure et toute la longueur du cou; pendant l'accès, le malade lixe sa tète et son cou par des contractions musculaires énergiques, qui sont immédiatement exagérées par action rétlexe lorsqu'on cherche à mouvoir les parties immobilisées; l'hyperesthésie des téguments est telle (pie le contact des cheveux suffit parfois pour exaspérer les douleurs. Dans l'intervalle des paroxysmes, une dnuleur snurde, profonde, continue, persiste dans le cou et dans la région occipitale sans localisation distincte ; les mouvements de la tète, la mastication, le rire, augmentent cette douleur et provoquent souvent un paroxysme. Les points douloureux li xes sont plus constants que dans la prosopalgie ; il y en a un au niveau des deux premières xerlèbres, à l'émergence du grand nerf occipital à travers le muscle complexus (point occipital); un autre sur l'apophyse mastoïde (■point mastoïdien); un troisième vers la bosse pariétale (point pariétal) ; un quatrième sur la conque de l'oreille (point auriculaire) ; un cinquième, enfin, un peu au-dessus de la partie moyenne du cou entre le trapèze etlcsternomastoïdien (point cervical superficiel).

Dans la névralgie cehvico-brachiale, la douleur lancinante, à décharges plus ou moins rapprochées, se fait sentir dans la région sus-claviculaire, (Lins la longueur du membre supérieur et jusqu'aux extrémités digilales ; lorsque les nerfs thoraciques soûl intéressés, elle s'étend jusque dans la région mammaire ; dans l'avant-bras elle a un siège variable suivant qu'elle affecte le médian, le radial ou le cubital; ce dernier nerf est le plus fréquemment atteint, le musculo-eutané l'est rarement, et lorsque la cause siège dans l'aisselle ou dans la région inférieure du cou, tous les cordons du plexus s<uit plus ou moins compromis. Pendant l'accès, et quelque temps encore après sa terminaison, le malade accuse souvent une sensation de fourmillement et d'engourdissement dans les doigts, analogue à celle qui suit la contusion du nerf cubital derrière l'épitrochlée; en dehors même du paroxysme, les mouvements du membre sont douloureux et difficiles ; mais la rapidité de la transmission motrice comparée à celle du côté sain n'est pas diminuée (Romberg). Les points douloureux principaux occupent l'angle formé par la clavicule et l'acromion, La gouttière radiale, la partie

Tri NÉVROSES DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES.

supérieure du creux axillaire, le côté postérieur de l'épitrochlée et la région antéro-interne du carpe {point cubito-carpien) .

Les irradiations sensitives de ces névralgies sont, nombreuses; dans la cervico-occipitale elles occupent la sphère du trijumeau, dans la cervicobrachiale elles envahissent surtout les nerfs intercostaux; Cotugno a vu cette névralgie coïncider avec une sciatique du même côté. — Les irradiations motrices, presque nulles dans l'hypercsthésie du plexus brachial, sont fréquentes dans la cervico-occipitale ; elles se traduisent par des secousses involontaires dos muscles du cou et de la face. — Les synergies vaso-motrices sont fort peu connues, surtout pour La névralgie cervico-occipitale ; Romberg a observé une femme chez laquelle il se tonnait pendant chaque accès, à l'occiput et au vertev, de petites intumescences sous-cutanées qui disparaissaient rapidement d'elles-mêmes après le paroxysme ; pour la névralgie brachiale, les faits sont plus précis ; des éruptions analogues à celles du pemphigus et de l'urticaire ont été vus sur l'avant-bras et la main par Earle et par Romberg, et Flamm a signalé le cas d'une femme qui a présenté à plusieurs reprises de petits foyers de suppuration aux extrémités des doigts. Un fait semblable a été vu par Hasse, et, depuis, d'autres observateurs ont mentionné des phénomènes du même genre ; j'ai vu moi-même une belle éruption phlyeténoïde sur les deux doigts internes dans une névralgie cubitale.

Les névralgies étant bien souvent le premier symptôme de lésions profondes des vertèbres, du cou et de l'aisselle, il faut rechercher avec le plus grand soin la cause véritable de ces douleurs ; l'arthrite cervicale en particulier donne lieu à des erreurs prolongées qui seront facilement évitées par un examen attentif; dans ce cas, d'ailleurs, la mobilité de la tête est entravée même dans l'intervalle des accès, et le mouvement de rotation surtout est extrêmement douloureux ; de plus, lorsque les malades, étant couchés, veulent soulever la tète, ils sont obligés, sous peine de vives souffrances, de la faire soutenir ou de la soutenir eux-mêmes avec la main placée derrière l'occiput ; ce dernier signe a été indiqué par Rust.

Le traitement ne diffère pas de celui qui a été exposé dans le chapitre précédent; mais les injections sous-cutanées de morphine m'ont toujours paru plus efficaces que dans la névralgie de la cinquième paire.

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