PROFESSIONNELLE
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GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
L'intelligence étant intacte, les voies qui unissent les organes de l’idéation à l’appareil moteur étant libres, la conductibilité de cet appareil étant normale, les mouvements délicats et complexes de l’acte d’écrire peuvent néanmoins être troublés et empêchés par des désordres de motilité qui ont cela de particulier, de caractéristique, qu’ils ne se manifestent en général qu’à l’occasion de cet acte déterminé (1). Il suffit de songer un instant aux conditions requises par ce mouvement pour pressentir qu’il est exposé à des perturbations multiformes ; ce n’est pas tout, en effet, que l’impulsion volontaire arrive sans encombre aux muscles intéressés, il faut que l’excitation soit assez forte et assez prolongée pour que le pouce et les deux premiers doigts maintiennent solidement la plume pendant toute la durée de l’exer-
0) Synonymes : Crampe des écrivains (Brück). — Mogigraphie (Hirsch). — Spasmes fonctionnels (Duchenne). — Névrose coordinal rice des professions (Benedikt). — Dyskinésie des écrivains, dyskinésie professionnelle (Jaccoud).
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cice; il faut que cette excitation soit normalement irradiée dans le département spinal qui innerve les muscles conducteurs et leurs antagonistes ; il faut enfin que cette excitation soit uniforme, ou plutôt qu’elle ne soit pas accrue par une influence autre que celle de la volonté. Que la première condition fasse défaut, et au bout d’un temps variable les muscles impuissants laisseront tomber la plume; que la seconde condition manque, et des mouvements intempestifs témoignant du trouble des irradiations spinales viendront altérer l’acte commencé; que la troisième condition soit absente, et l’hyperkinésie provoque des crampes spasmodiques qui entravent l’acte par un mécanisme analogue. L’observation démontrant que l’impuissance des muscles fixateurs de la plume se révèle tantôt par une parésie vraie (paralysie incomplète), tantôt par du tremblement, la névrose des écrivains présente en réalité quatre modalités patbogéniques; elle est constituée par une faiblesse paralytique, par du tremblement, par des mouvements d’association , par des contractions spasmodiques. On voit par là ce qu’il faut penser de la désignation de crampe des écrivains souvent imposée à cet état morbide; bien loin de constituer un trouble univoque, il présente toutes les formes connues des désordres de motilité qu’il semble résumer en lui : c’est une akinésie, c’est un trouble de stabilité (tremblement), c’est une ataxie (anomalie des irradiations spinales), c’est une hyperkinèsie (crampes ou spasmes). Quelle que soit sa forme, la névrose a pour effet de gêner d’abord, puis d’empêcher l’acte de l’écriture (dysgraphie, — agraphie).
Les causes sont peu connues; on ne peut nier l’influence delà pratique excessive de l’écriture, de là la fréquence relative de la névrose chez les écrivains de profession; mais comme la maladie a été observée chez des individus qui n’avaient pas été soumis à cette cause spéciale, elle ne peut rendre compte de la totalité des cas, et il est probable que là même où elle existe elle ne fait que mettre en jeu une prédisposition constituée par l’irritabilité asthénique (faiblesse irritable) ou sthénique de l’appareil moteur. L’impression du froid (Eiscnmann, Hasse), le traumatisme des doigts, ont été parfois la cause occasionnelle de la maladie ; ailleurs elle a été provoquée par une position vicieuse habituelle de la main, par la conslriction trop forte d’une manche de vêtement, par l'usage de porte-plume trop lourds ou de plumes métalliques trop dures qui exigent un effort musculaire excessif. Dans bon nombre de cas, il n y a
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