NÉVROSE RES ÉCRIVAINS. — DYSKINÉSIE PROFESSIONNELLE
l»as de eause saisissable. — Plus fréquente chez l’homme que chez la femme, la névrose des écrivains est une maladie de l’âge adulte. L’acte d’écrire n’est pas le seul qui puisse être troublé par ces anomalies; on les observe, mais plus rarement, dans certains mouvements professionnels qui, comme ceux de l’écriture, sont le résultat d’une coordination ariifiaelle acquise par l’exercice; les pianistes, les compositeurs d’imprimerie, les ouvriers en coulure, les cordonniers, les frayeurs, les forgerons, sont exposés à cette névrose, qui pourrait recevoir, d’après cela, le nom générique de DYSKINÉSIE PROFESSIONNELLE.
SYMPTOMES ET MARCHE
11 est rare que le désordre arrive d’emblée à son summum ; il y a d’ordinaire une période prodromique caractérisée par une sensation de fatigue dans les muscles, par des douleurs dans l’avant-bras, le poignet et la main, quelquefois même par des névralgies véritables dans la sphère du plexus brachial, ainsi que l’a observé Crisanto Zuradelli ; l’individu peut écrire, mais il est obligé de s’interrompre pour laisser reposer sa main, et de fixer sa plume par une constriction exagérée ; cet effort ajoute au malaise et à la gêne, et hâte le moment de l’impuissance; souvent aussi l’écriture devient irrégulière, les muscles des trois premiers doigts présentent des contractions fibrillai res, symptômes qui annoncent l’imminence de la névrose confirmée. Quelle que soit la forme qu’elle revête, il est rare que le malade ne puisse pas commencer à écrire; c’est au bout de quelques moments, dont la durée varie, que l’acte est brusquement interrompu par l’une des anomalies caractéristiques; dans les cas extrêmes, cependant, les choses vont autrement : il suffit que l’individu prenne sa plume ou même que, sans la saisir, il mette sa main et ses doigts dans la position spéciale, pour que le désordre apparaisse aussitôt et prévienne toute réalisation de l’acte; il est évidemment provoqué dans ces circonstances par les impressions centripètes des nerfs cutanés ou des nerfs musculaires; on a vu, mais le fait est bien plus rare, la simple représentation idéale de l’acte amener dans la main les mêmes perturbations musculaires que l’exécution. Deux autres particularités sont communes a toutes les formes, c’est l’aggravation du désordre quand le malade se sait observé, ou qu’il surveille avec une attention soutenue les mouvements de sa main; c’est l’existence d’une sensibilité anormale spontanée ou provoquée sur quelque région de la colonne vertébrale. Il y a dans tout cela plus d’une analogie avec l’état choréique.
Dans la forme paralytique, la parésie porte, soit sur les fléchisseurs, soit sur les extenseurs du pouce et des deux premiers doigts ; dans le premier cas, la contraction des extenseurs antagonistes devient prédominante, el
5i>(» NÉVROSES. DES NEUFS PÉRIPHÉRIQUES.
les doigts subitement étendus lâchent la plume ; dans le second, ce sont les fléchisseurs qui prennent le dessus lorsque l’impuissance des exten- . seurs se prononce, et les doigts se ferment entraînant le bec de la plume d’avant en arrière vers la paume de la main. Cette parésie intéresse les trois doigts indiqués, ou l’un d’eux seulement; c’est le plus souvent le pouce. Ces phénomènes sont propres à la variété paralytique, ils la caractérisent; les suivants lui appartiennent en commun avec la variété tremblante ; ce sont la diminution de la contractilité électrique dans les muscles atteints, les contractions fibrillaires, et souvent des troubles de sensibilité cutanée ou musculaire. Quand la maladie est ancienne, on peut observer l'atrophie non-seulement dans les muscles qui participent directement à l’acte d’écrire, mais aussi dans ceux du bras. — La forme tremblante peut précéder la paralytique ou être combinée avec elle ; lorsqu’elle est pure, elle n’en diffère que par la nature du mouvement anormal qui trouble l’acte commencé, c’est une trémulation croissante en intensité et en étendue, qui des muscles de l’avant-bras peut gagner ceux du bras et même ceux de l’épaule. Quand le tremblement commence, il est trèsléger et l’individu peut encore écrire, mais son écriture est comme brisée par des oscillations plus ou moins régulières. — La forme ataxique pourrait être confondue avec la forme spasmodique réflexe; dans l’une comme dans l’autre, il n’y a ni tremblement, ni signes de parésie dans les muscles fléchisseurs ou extenseurs des trois premiers doigts, et l’acte est troublé par des contractions involontaires plus ou moins fréquentes; mais là s’arrête l’analogie. Dans la variété ataxique, ces contractions résultent de la diffusion exagérée des irradiations spinales, l’excitation motrice atteint des muscles qui devraient rester en repos ; aussi la contraction anormale ne siège pas dans les muscles des trois premirs doigts, elle se montre dans les deux autres ou bien dans les pronateurs ou les supinateurs, et dans tous ces cas, le renversement de la main ou les mouvements insolites des deux doigts internes entravent l’acte commencé. Les mouvements postéro-antérieurs et antéro-postérieurs de la plume, qui sont au nombre des mouvements fondamentaux de l’écriture, exigeant l’action simultanée et harmonique des premiers interosseux et des premiers lombricaux, on conçoit que l’ataxie peut encore résulter d’un défaut de rapport dans l’action de ces muscles, mais ce n’est là jusqu’ici qu’une présomption théoriqûe qui n’a pas même été signalée. — La forme spasmodique est constituée par une crampe réflexe qui occupe les fléchisseurs ou les extenseurs. De là deux variétés déjà indiquées par Ganstatt; cette forme, qu’une observation superficielle pourrait facilement confondre a\eo la paralytique, en diffère par l’absence de tremblement, par 1 absence de la sensation spéciale de fatigue, par l’intégrité ou 1 exagération de la contractilité électrique, par l’absence de troubles anesthésiques; la sensibilité est intacte, ou bien il y a de l’hyperesthésie. — Dans toutes les formes, il