‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 118 sur 155 · RUPTURE DU CŒUR · texte numérisé non relu

RUPTURE DU CŒUR

même dans les plus violents efforts musculaires. Les lésions productrices de la déchirure sont, par ordre de fréquence, la dégénérescence graisseuse, la myocardite, l’abcès et les tumeurs du cœur, enfin la thrombose des artères coronaires avec ramollissement secondaire du tissu (cas de Malmsten). Plus fréquente chez les hommes et dans l’âge avancé (déchirement sénile de Blaud), la rupture occupe le plus souvent le ventricule gauche, et surtout sa paroi antérieure près de la pointe; elle est parfois provoquée par quelque cause occasionnelle (efforts musculaires, émotions morales), mais elle survient aussi sans influence déterminante, et même pendant le sommeil.

A l’autopsie on trouve le péricarde distendu par une quantité plus ou moins considérable de sang, et sur le cœur on constate une déchirure qui est dite complète ou incomplète, suivant qu’elle intéresse la totalité ou une partie seulement de l’épaisseur de la paroi. La direction de la fente est ordinairement celle des fibres longitudinales de l’organe, mais les bords en sont irréguliers, et l’orifice extérieur plus grand que l’autre ne lui correspond pas exactement; il en est souvent séparé par un trajet sinueux; il est rare que la longueur de la déchirure dépasse un centimètre et demi; elle est quelquefois bien plus petite, et dans ce cas il n’est pas toujours facile de découvrir l’orifice interne dans les colonnes charnues ventriculaires. La déchirure est presque toujours unique; cependant on en a vu trois, et même cinq (Andral, Baly).

Les symptômes sont ceux de l’hémorrhagie interne; ils apparaissent subitement tantôt chez un malade qui avait déjà présenté des signes d’affaiblissement cardiaque, tantôt chez un individu en parfait état de santé . Dans quelques cas la mort est réellement instantanée, le patient tombe, il n est plus ; dans d’autres circonstances il éprouve une sensation de déchirure dans la région précordiale, il pousse un cri, la face pâlit, le pouls s’efface, les battements du cœur faiblissent et cessent, la mort a lieu au bout de quelques minutes. Elle doit être attribuée non pas à l’abondance de la perte du sang ou à l’arrêt mécanique du cœur par compression, mais à 1 anémie subite du cerveau et des artères coronaires, d’où la paralysie de 1 organe. Lorsque la déchirure est très-petite, que le canal de communication entre les deux orifices est très-sinueux, ou bien encore lorsque la rupture n est pas d’emblée complète, la vie peut se prolonger pendant quelques heures et même pendant quelques jours (Peacock). Indépendamment des symptômes de laiblesse croissante qui appartiennent à toutes les hémorrhagies internes graves, on observe alors la disparition graduelle du choc et des bruits du cœur, coïncidant avec l’augmentation croissante

de la matité précordiale. Un diagnostic probable peut alors être posé.

Dans un cas, Rostan a trouvé avec une rupture récente une fissure ancienne obstruée parun caillot; les faits de ce genre sont tellement rares qu’ils ne peuvent modifier la gravité du pronostic.

wo MALADIES DU MYOCARDE.

Quand la mort n est pas instantanée, le traitement consiste dans l’emploi des stimulants à l’intérieur et des révulsifs cutanés; on doit en même temps appliquer de la glace sur la région précordiale, et des ventouses sèches en grand nombre sur les membres, afin d’arrêter s’il se peut ! hémorrhagie et de favoriser la formation d’un caillot.

TROISIÈME LIVRE

MALADIES DE L’ENDOCARDE.

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