‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 128 sur 155 · MALADIE DE GRAVES, UE BASEDOW. — GOITRE EXOPIITHALMIQUE · texte numérisé non relu

MALADIE DE GRAVES, UE BASEDOW. — GOITRE EXOPIITHALMIQUE

stance et à leur précocité, ces phénomènes ne sont point similaires. Les palpitations et l’ectasie artérielle sont les seuls symptômes absolument constants, sans eux la maladie n’est pas constituée; ce sont aiissi les premiers par ordre de date; l'intumescence thyroïdienne ou goitre vient ensuite; Fexophlhalmie, et plus généralement les phénomènes oculaires, peuvent faire complètement défaut, ils sont en tout cas plus tardifs. Puisque ces symptômes sont successifs et non contemporains, il est vraisemblable par cela seul que les derniers sont les effets des premiers; si donc l’on veut arriver à une interprétation pathogénique satisfaisante, il ne faut pas se préoccuper de trouver une condition unique qui rende compte de l’ensemble des phénomènes; il faut simplement rechercher l’origine des symptômes primordiaux et constants. La question conséquemment doit être posée en ces termes : Quelle est , dans l'état actuel de la physiologie , la condition qui peut produire simultanément V hyper kinésie du cœur et la

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NÉVROSES 1)1' CŒUR

dilatai ion des vaisseaux artériels ? Une seule réponse est possible, elle découle de l’étude que nous avons faite des palpitations par abaissement delà pression artérielle; la condition pathogénique cherchée est évidemment la paralysie des nerfs vaso-moteurs cardiaques et cervicaux; la dilatation vasculaire, qui en est la suite nécessaire, amène et entretient la palpitation ; ainsi est constituée la première phase de la maladie. Secondairement le développement des vaisseaux se prononce davantage en raison de la persistance de la cause, et sa glande thyroïde augmentée de volume donne lieu à la tuméfaction caractéristique. Une fois étendue à l’extrémité céphalique, la fluxion artérielle devient une cause d’excitation pour le système nerveux central, et particulièrement pour le centre ciliospinal; delà la saillie du globe oculaire par excitation du muscle orbitaire de Müller, l’agrandissement de l’ouverture palpébrale par contraction des muscles palpébraux du même auteur, et la dilatation de la pupille par excitation des fibres radiées de l’iris. Cette origine des phénomènes oculaires permet de comprendre leur apparition subite dans l’espace de quelques heures, fait qui a été vu par plusieurs observateurs. Dans certains cas, l’excitation provoquée par la fluxion artérielle dépasse la zone cilio-spinale, et, gagnant le cerveau, elle provoque une agitation psychique très-accusée. — La théorie que je viens de présenter a de nombreuses analogies avec celles de mes savants amis Friedreicli et G. Sée; malgré ses points faibles, que je reconnais, cette interprétation me paraît encore la plus rationnelle.

La maladie de Basedow est plus fréquente chez la femme que chez l’homme ; c’est à la période de 20 à 40 ans qu’appartiennent les cas les plus nombreux; les deux sexes présentent d’ailleurs, quant à l’âge, une différence assez notable; l’homme est plus souvent atteint après trente ans, et la femme est frappée avant ce moment. Dans un grand nombre de cas, les individus sont anémiques ou débilités déjà par quelque état pathologique, mais le fait n’est point constant, et ce serait une erreur que d’admettre une relation nécessaire entre la maladie de Graves et l’anémie; cette remarque n’est pas moins juste pour la scrofule et la tuberculose; les malades sont parfois entachés de ces vices constitutionnels, qui ont sans contredit une influence prédisposante, mais il est loin d’en être toujours ainsi : aussi les dénominations de cachexie et dyscrasie exophthalmiques qui ont été proposées ne doivent-elles pas être accueillies. L’hystérie et le tempérament nerveux sont deux autres causes prédisposantes dont la puissance est bien établie; quant aux causes déterminantes les seules aujourd’hui positives sont les chagrins et le traumatisme céphalique; deux belles observations de Begbie et de von Gràfe démontrent nettement cette dernière influence.

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