CHAPITRE PREMIER
LARYUGITE CATARRHALE AIGUE. — LAR1IGITE
STRIDULEUSE.
GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
La fluxion et l’hypersécrétion catarrhales de la muqueuse laryngienne (1) sont provoquées 1° par des causes externes directes : telles sont Y inspiration d’un air froid et humide, celle des poussières, des vapeurs irritantes (tabac, ammoniaque, vidanges), le contact de liquides trop chauds; telles sont encore les fatigues vocales exagérées; la pression répétée de l’air sur les cordes et leur tension réitérée font alors office d’ir-
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MALADIES DU LARYNX
ritants directs ; 2° par des causes externes indirectes qui n’agissent que chez les individus prédisposés ; la plus commune est V impression du froid aux pieds, à la tète, sur le cou, d’où le catarrhe laryngé a frigove qui se lépete avec une incroyable facilité chez certaines personnes; .‘1° par des causes internes; la pharyngite, notamment celle des buveurs, le catarrhe nasal, celui des bronches cl de la trachée, V érysipèle de lu face, enfin les lésions préexistantes du larynx (tumeurs, ulcérations) amènent la laryngite catarrhale par propagation ou par fluxion de voisinage. Les maladies infectieuses, surtout la rougeole, le typhus et la morve, et d’autre part le catarrhe généralisé connu sous le nom d 'influenza ou grippe, présentent le catarrhe aigu du larynx au nombre de leurs déterminations locales; la syphilis peut le produire exceptionnellement au moment de la roséole, mais en général ses manifestations laryngées sont chroniques. — La multiplicité de ces causes explique la fréquence de cette maladie, qui est également commune dans les deux sexes et à tous les âges.
SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
La toux, l’altération de la voix et la dyspnée sont les trois symptômefondamentaux de toutes les lésions de la muqueuse laryngée.
La toux a son point de départ dans le larynx même, la convulsion expiratoire qui la constitue est provoquée comme acte réflexe par Yexcüation des rameaux sensibles des nerfs laryngés. — L’altération de la voix résulte : de V épaississement des cordes vocales, lequel, cà tension égale, abaisse la tonalité ; du défaut d'harmonie entre les vibrations bilatérales des deux cordes, d’où la production de tons discordants dans l’émission du même son; de la présence d' exsudais muqueux sur les rubans vocaux , d’où l’àpreté et la raucité du timbre; An trouble de contractilité des muscles tenseurs subjacents à la muqueuse enflammée, d’où l’abaissement du ton ou l’aphonie, si la tension est insuffisante eu égard au volume accru des cordes; d’où l’élévation du ton, si la tension est exagérée; d’où enfin le caractère bitonal de la voix, qui passe brusquement d’une tonalité à une autre, si la tension est ralentie, ou si les tensions bilatérales ne sont plus égales ou plus isochrones. — La dyspnée est la conséquence de l’obstruction de l’orifice glottique par les produits pathologiques ; cà lésions égales, elle est d’autant plus marquée que l’ouverture dans son ensemble est plus étroite, et que la glotte dite respiratoire est moins développée : aussi estelle relativement rare chez l’adulte, très-fréquente au contraire chez l’enfant, dont la respiration peut être gênée par les exsudais ou les épaississements laryngés les plus insignifiants. Cette difficulté respiratoire d’origine mécanique est permanente connue l’obstacle qui l’engendre; mais on observe en outre dans les maladies du larynx une dyspnée pa-