‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 140 sur 155 · CATARRHE AIGU. — LARYNGITE STRIDULEÜSE · texte numérisé non relu

CATARRHE AIGU. — LARYNGITE STRIDULEÜSE

roxystique qui revient sous forme d’accès de suffocation, et dont la genèse est toute différente. L’altération pathologique de la muqueuse excite les nerfs sensibles; quand cette excitation atteint un certain degré, elle provoque par action réflexe la contraction spasmodique des muscles • innervés par le récurrent, et la glotte est fermée plus ou moins complètement par les muscles lliyro et crico-aryténoïdiens latéraux, et aryténoïiliens transverses. Cette hyperkinésie des branches laryngées motrices est connue sous le nom de spasme de la glotte ; elle varie dans son degré depuis une gêne respiratoire légère jusqu’à la suffocation et à la mort par asphyxie; c’est ce spasme réflexe qui, dans le plus grand nombre des cas, fait le danger des maladies du larynx, et il est bien digne de remarque qu’en raison de son mode de production, la convulsion glottiquc est plus à craindre dans les altérations de surface qui excitent et titillent les ramuscules nerveux sensibles, que dans les lésions profondes qui détruisent la muqueuse, et par suite les expansions terminales des nerfs. Dans les maladies très-superficielles, l’explosion des accidents spasmodiques a ordinairement lieu la nuit; ils semblent déterminés alors par l’augmentation graduelle de la dyspnée mécanique; pendant le sommeil, en effet, les replis glottiques ne sont plus ébranlés par les vibrations vocales, le gonflement en est plus marqué, et les produits muqueux s’y accumulent plus facilement; l’ obstacle à l’entrée de l’air, qui était nul ou inappréciable pendant l’activité diurne, s’accentue davantage; parvenue à un certain degré, la difficulté inspiratoire éveille le malade, et, agissant comme stimulus, provoque le spasme réflexe. Cette influence de l’élément mécanique, bien que positive, n’est cependant pas nécessaire; on observe l’occlusion spasmodique de la glotte dans des laryngites catarrhales extrêmement légères, auxquelles on ne peut attribuer aucun effet d’obstruction ; l’irritation fluxionnaire de la muqueuse est alors la seule condition pathogénique du spasme. A contracture égale, les accidents de la convulsion glottique sont d’autant plus marqués que la glotte est moins développée; d’un autre côté, ce spasme, comme tous les phénomènes convulsifs, est favorisé par cette modalité de l’innervation que j’ai signalée sous les noms de convulsibilité ou spasmophilie ; pour ces motifs, le spasme glottique a son maximum de fréquence dans les premières périodes de la vie, et clic/ les jeunes enfants il est facilement provoqué par des altérations légères, qui ne le produisent jamais chez l’adulte. Telle est la raison de la physionomie spéciale que présente la laryngite catarrhale chez les jeunes sujets; les différences sont assez notables pour nécessiter une description particulière, mais elles ne peuvent justifier la création d’une espèce morbide distincte. La maladie que les auteurs ont individualisée par les noms de laryngite spasmodique, laryngite striduleuse, pseudo-croup, n’est autre que la laryngite catarrhale des enfants, laquelle doit ses caractères propres a l’âge des malades et à la disposition de la glotte.

MALADIES DU LARYNX

ciio* l'adulte et les enfants au-dessus de dix ans, le catarrhe aigu du larynx n’est caractérisé le plus souvent que par la douleur locale, l’altération de la voix et la toux ; les phénomènes généraux sont ordinairement nuis ; dans d’autres cas, ils consistent simplement en une courbature légère avec céphalalgie et anorexie ; parfois enfin il y a un malaise trèsprononcé et une fièvre marquée pendant les deux ou trois premiers jours. La douleur siège dans le larynx, elle est en général d’une intensité médiocre ; elle est exaspérée par la toux, par l’émission du son, par l’inspection qui tiraille l’épiglotte, les replis glosso-épiglottiques, et expose la muqueuse à l’impression de l’air froid, mais elle n’est pas toujours augmentée par la pression latérale du cartilage thyroïde. Indépendamment de la douleur proprement dite, le malade accuse souvent une sensation de corps étranger, ou bien il éprouve des picotements, des chatouillements dans le larynx; c’est dans ces cas que la toux est le plus fréquente ; quant à la déglutition, elle n’est pénible que lorsque l’épiglotte parti jipe «à l’inflammation. — L’altération de la voix est le symptôme le plus constant et le plus précoce; dans les cas légers, elle est simplement enrouée cl grave , mais lorsque l’exsudât muqueux rend les cordes inégales, elle devient rauque, la tonalité est mal assise, et pour les raisons précédemment exposées, elle peut être complètement éteinte ou prendre le caractère bitonal. Enfin, le ton de la voix peut varier d’un moment à l’autre, et même durant l’émission du son, par suite de la mobilité des produits qui recouvrent les cordes, et de leur contact accidentel qui produit des nœuds de vibration (Millier). — La toux est superficielle en ce sens qu’elle ne vient ni de la trachée ni des bronches : elle a son point de départ dans le larynx, et le malade ne s’y trompe pas; de fréquence variable, elle peut être bornée à quelques secousses le matin au réveil, ailleurs elle est quinteuse, presque incessante, et elle peut alors, chez les enfants surtout, devenir une cause de danger en empêchant la pénétration de l’air dans la poitrine. Le timbre de la toux n’est pas toujours le même; au début, elle est sèche, souvent sibilante; dans d’autres cas, elle est rauque, grave, retentissante, comme aboyante : c’est cette variété de toux qui est appelée par plusieurs auteurs toux croupüle ; celle terminologie regrettable peut donner lieu à de graves erreurs de pratique, car le croup est de toutes les maladies du larynx celle qui produit le moins souvent la toux éclatante ou aboyante. — L’expectoration, nulle au début, est composée ensuite de mucosités filantes, et un peu plus tard de crachats muco-purulents, quelquefois noirâtres, qui, sous forme de pelotons ou de fuseaux, reproduisent la disposition des ventricules du larynx; les crachats examinés au microscope ne contiennent d’abord que l’épithélium vibratile des couches superficielles, puis on y trouve en quantité variable des cellules provenant des couches épithéliales profondes ou des glandes (corpuscules muqueux); enfin, dans l’expectoration muco-purulenlc, ces

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