PARALYSIE AGITANTE. M
gement de position. Indépendamment de ces aggravations accidentelles, le tremblement, bien que continu, présente assez souvent des paroxysmes durant lesquels il a une intensité beaucoup plus considérable.
Les troubles de sensibilité sont rares; les douleurs fulgurantes (Ilomberg), la douleur cervicale (Blasius), manquent ordinairement; quant à la faculté de sensibilité, elle est intacte, ou bien elle est diminuée dans tous ses modes; Benedikt, qui a soigneusement étudié les réactions électriques (1), a noté dans plusieurs cas, au début, une exagération de la sensibilité réflexe, en ce sens qu’en agissant sur la colonne cervicale, il pouvait provoquer plus facilement qu’à l’état normal des sensations subjectives de lumière, d’odeur et de goût ; un peu plus tard, il a constaté dans l’excitabilité sensible et motrice une augmentation qui se manifeste du centre à la périphérie; enfin, dans une période plus avancée, il a trouvé au contraire une diminution continue dans l’excitabilité des nerfs moteurs de la périphérie au centre.
Sauf complication, les fonctions végétatives ne sont pas altérées; l’urine ne contient d’ordinaire ni albumine ni sucre; la glycosurie observée par Topinard (2) est exceptionnelle. La maladie, toujours longue, embrasse une période de plusieurs années; elle en emploie de trois à cinq pour atteindre son maximum, et, parvenue à ce degré, elle peut encore permettre une survie assez prolongée. Dans quelques cas, la durée de la paralysie agitante dépasse dix et même quinze ans; il est permis de supposer qu’elle ne dépend point alors d’une sclérose du mésocéphale. — La mort, qui est la seule terminaison jusqu’ici connue, résulte du marasme, de l’épuisement nerveux ou de quelque complication intercurrente ; ailleurs elle est produite par des eschares; enfin, lorsqu’elle est amenée par les progrès de la maladie elle-même, elle est assez souvent précédée de délire et de coma. Il n’est pas très-rare que, dans les derniers temps, des évacuations involontaires remplacent la constipation opiniâtre de la période d’état.
Le diagnostic est basé sur les circonstances suivantes : le tremblement est le phénomène initial : il est généralisé à l’ensemble du système musculaire; il est continuel; il détermine des mouvements de déplacement, des secousses, et non pas de simples oscillations sur place; il coïncide avec un affaiblissement réel de la force musculaire ; il est indépendant des influences toxiques (mercure, alcool) qui provoquent parfois le tremblement shrfple.
(1) Benedikt, Die resultate der elektrischen Untersuchung und Behandlung (Med. chir. llundschau. Wien, 1864).
(2) Topinard, Gaz. des hôpitaux, 1866.
Jaccoud. — Path. int., 3® édit.
NÉVROSES SPINO-BULRAIRES.
TRAITEMENT
On ne peut formuler ici que des propositions négatives ; Elliotson a guéri un malade par le carbonate de fer à hautes doses, mais ce succès est resté unique. Basedow a vu l’affection suspendue par les eaux de Tœplitz; mais, au bout de quelque temps, les accidents ont repris leur cours habituel ; Canslatt a préconisé les bains sulfureux; Romberg vante les affusions d’eau froide dans un bain chaud, mais en somme la thérapeutique est impuissante, et l’art est réduit à un traitement palliatif. Plusieurs observations ont établi que la strychnine et les exutoires sont plus nuisibles qu’utiles; il en serait de même, d’après Gull, de l’électricité; mais peut-être faut-il tenir compte du mode d’application et de l’âge de la maladie. Remak et Russel Reynolds ont eu chacun un succès parle courant constant, et, dans les cas tout à fait récents, alors que le tremblement est encore partiel, Benedikta obtenu de bons résultats par la galvanisation en courants spinonerveux (de la moelle aux nerfs), en courants dirigés de la moelle aux racines nerveuses. Pour ce dernier procédé, qu’il regarde comme le plus efficace, il applique le pôle cuivre sur la colonne vertébrale, et il promène le pôle zinc sur les côtés des vertèbres, dans la région correspondant à l’émergence des nerfs.