PARALYSIE AGITANTE. M
moelle (1). Dans un cas où les symptômes de la paralysie agitante avaient été limités au membre supérieur droit, la couche optique gauche renfermait un sarcome du volume d’une grosse noix (2). L’inconstance de ces lésions, au double point de vue de l’existence et de la nature, leur enlève tout caractère spécifique; la paralysie agitante est certainement une maladie du mésocéphale, mais c’est une névrose, c’est-à-dire une maladie sans caractère anatomique constant et uniforme.
Pour la pratique, toutefois, il importe de se rappeler que la sclérose du mésocéphale est l’altération qui est le plus fréquemment liée à cette névrose ; cette notion commande le pronostic, et renseigne à l’avance sur les résultats qu’il est permis d’attendre de la thérapeutique.
SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
Lorsque la maladie est provoquée par une secousse morale, elle éclate quelquefois avec une brusquerie instantanée, de sorte qu’il ne peut rester le moindre doute sur le rapport qui relie la cause à l’effet; dans d’autres cas, elle se développe graduellement et peut même être précédée de phénomènes mal caractérisés, tels que faibles'se musculaire, ou douleurs vagues dites rhumatoïdes. — Le tremblement, d’abord partiel, débute par les membres, plus rarement par la tête, puis, à mesure qu’il se généralise, il gagne en intensité; il ne provoque au début qu’un déplacement trèspeu étendu, un petit mouvement de va-et-vient; plus tard ce sont de véritables secousses qui agitent le système musculaire, et elles peuvent être assez puissantes pour déterminer une percussion rhythmique du sol lorsque le malade est debout. Quand il est couché, les membres inférieurs sont soulevés au-dessus du plan du lit, et, si l’élévation est oblique en dedans, comme cela a fréquemment lieu, les genoux s’entre-choquent et l’interposition d’un corps étranger est nécessaire pour prévenir l’excoriation delà peau. Pendant la marche, les jambes oscillent dans le plan antéro-postérieur, et cette circonstance, jointe à la chute prématurée et involontaire des pieds sur le sol, rend compte de l’allure toute spéciale des malades : ils commencent à marcher avec une lenteur mesurée, le tronc incliné en avant; bientôt leur marche s’accélère, ils vont, sautillant à petits pas pressés, comme s’ils couraient après leur centre de gravité déplacé (Trousseau). Dans quelques cas, il existe une impulsion progressive irrésistible, et le patient accélère de plus en plus sa marche, jusqu’à ce
(1) Charcot, Ordenstein.
(2) Leyden, Fall von paraltjsis agitans des rechten Amis inFolgc der Entwicklung eines Sarlioms im linken Thalamus ( Virchow’ s Archiv, IfiGk).
Comparez Joffroy, Chvostek, loc. cit.
M8 NÉVROSES SPINO-BULRAIRES.
qu’il soit arrête par uu obstacle, ou par une chute qui le renverse la face contre terre ; plus rarement, on observe une impulsion rétrograde, une tendance au recul. Dans les membres supérieurs, les oscillations plus ou moins étendues se passent dans toutes les articulations, et elles sont toujours obliques, de manière à rapprocher les avant-bras et les mains parun mouvement rliythmique ; les doigts, le poignet et le coude sont alternativement fléchis et étendus, de sorte que la main du malade fait sentir à celle d’une autre personne une série de secousses se succédant très-rapidement (Charcot). Le' tremblement des muscles du cou imprime à la tête des oscillations dont le sens n’a rien de constant.
Au début, et pendant un temps variable, les mouvements volontaires, bien qu’altérés par la trémulation, sont possibles, mais ils exigent des efforts plus énergiques; bientôt les mouvements délicats de préhension deviennent gênés, maladroits; le malade ne peut plus se vêtir ni porter les aliments à sa bouche, quoiqu’il puisse exécuter encore les grands mouvements de locomotion. Plus tard, après plusieurs années en général, la débilité croissante de la force musculaire arrive à I’akinésie, et la paralysie confirmée s’ajoute au tremblement; c’est dans cette période avancée que l’on voit certains muscles, restés intacts jusqu’alors, participer au désordre de la statique musculaire, et la trémulation de la face, de la langue, des masséters, entraver les fonctions de la déglutition et de l’articulation des sons, et provoquer un écoulement incessant de salive. Lorsque le tremblement est ancien, il amène dans les mains des déformations persistantes, sur lesquelles Charcot a appelé l’attention : dans un premier degré, les doigts sont allongés, fléchis sur le métacarpe et rapprochés du pouce, et la main a la mêmeattitude que lorsqu’elle tient une plume. Plus tard, les premières phalanges des quatre doigts se rapprochent du pouce et de la paume de la main, et sont finalement complètement infléchies dans cette dernière; mais les deuxièmes phalanges sont en extension exagérée sur les premières, et les troisièmes ont un léger degré de flexion sur les secondes.
Certaines circonstances ont été signalées comme pouvant arrêter momentanément le tremblement, mais cette influence suspensive n’existe que dans les périodes initiales de la maladie; à cette époque, un effort volontaire puissant, le repos du membre sur un plan qui le soutient, le sommeil, peuvent triompher de l’agitation musculaire; plus tard, le tremblement est réellement incoercible, et l’insomnie qu’il provoque n’est pas une des moindres souffrances du patient. Des maladies intercurrentes graves ont, dans quelques cas, suspendu le tremblement, et l’hémiplégie peut avoir le même effet; l’agitation cesse dans les parties paralysées et réparait à mesure que l’hémiplégie rétrograde. Parmi les conditions qui exagèrent l’intensité du symptôme, il faut noter surtout les émotions morales et les efforts physiques, ceux par exemple qui sont nécessités par un chan-