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détail et la conduite à tenir en présence de certains accidents inconstants.
Les croûtes, les fuliginosités qui encombrent la bouche et immobilisent la langue et le voile du palais doivent être enlevées, autant que possible, mais sans violence, au moyen d’un nettoyage qui doit être répété matin et soir ; le meilleur procédé consiste à employer en guise d'éponges des tranches de citron ou d'orange.
L'état de la miction doit être attentivement surveillé; la rétention d'urine peut survenir brusquement, et le cathétérisme biquotidien doit être pratiqué pendant toute sa durée.
Lorsque la maladie est longue et grave, on doit redouter la formation d’eschares. Pour les prévenir, dès que les points soumis à la pression présentent une rougeur persistante, je les fais revêtir d’une ‘couche épaisse de poudre de quinquina, et il convient en même temps de disposer le lit et le malade de manière que les points menacés supportent la moindre pression possible. L’eschare survient-elle néanmoins, il faut la panser avec du vin aromatique et de la poudre de quinquina, et quand lélimination est achevée, je traite la plaie avec l'alcool, avec ou sans addition d'acide phénique.
L’hémorrhagie intestinale est combattue parles applications permanentes de glace sur le ventre, par l’ingestion de la glace et par le perchlorure de fer à la dose de 20 à 40 gouttes dans une potion appropriée. — En présence des symptômes qui dénotent une perforation, il faut supprimer les boissons, maintenir le malade immobile dans le décubitus dorsal, avec des cerceaux qui soutiennent les couvertures, et donner lopium selon la méthode de Graves et Stokes : 10 centigrammes en une seule dose dès le début, puis 5 centigrammes d'heure en heure jusqu’à production de narcotisme. Le succès est bien exceptionnel, mais il a été obtenu. — À Ja fin de la maladie et au début de la convalescence, il y a parfois une conslipation opiniàtre avec méléorisme croissant; ces accidents sont dus à la paralysie des muscles de l'intestin. Ils sont assez rares, je ne les ai observés jusqu'ici que quatre fois; ils ont rapidement cédé sous l'influence de quelques centigrammes de noix vomique (deux, puis trois par jour).
Dès que la fièvre commence à diminuer, je fais ajouter un potage au bouillon que les malades ont pris dès le début, et, lorsque le cycle fébrile est terminé, je prescris aussitôt de la viande grillée en très-petite quantité, sans me préoccuper de la febris carnis. Les accidents d’indigestion, de dyspepsie pendant la convalescence, sont certainement plus rares chez les malades qui n’ont pas été astreints à une diète absolue pendant toute la durée de la fièvre. Du reste, l'accroissement de l’alimentation doit être très-graduel; il faut savoir résister à l'appétit insolite des convalescents, et obéir au précepte : Souvent, mais peu.
CIAPITRE VIE.
HYPHUS EXANTHÉMATIQUE.
La non-identité du typhus exanthématique (1) et de la fièvre typhoïde est depuis nombre d'années définitivement établie; ce serait méconnaîlre
(1) Synonymie : typhus de Hongrie, — fièvre épidémique, — typhus pétéchial, — typhus tachelé, — typhus fever, — typhus d'Irlande, — typhus des camps, des prisons, des navires, des lazarets, — typhus nerveux.
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TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. 849
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TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. 847
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TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. 849
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JACCOUD. — Path. int., 6c édit. IL. — 04
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Il est regrettable que lharmonie terminologique soit complétement transgressée par la dénomination de fièvre typhoïde adoptée en France par le typhus à détermination abdominale; la désignation de typhus abdominal usitée en Allemagne et dans la plupart des autres pays de l’Europe a l'avantage d’être inspirée par le même ordre d'idées qui a dicté les.
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TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. So
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GENÈSE ET ÉTIOLOGIE (1).
Le typhus exanthématique est l'expression morbide la plus directe et la plus redoutable de l'encombrement, et des influences nocives qu'il en-
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TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. 853
traine fatalement avec lui lorsqu'il est prolongé, savoir le manque d'air et la saleté. Que les individus ainsi accumulés soient en outre débilités par la disetle, surmenés par la fatique, écrasés par des émotions dépressives, et ces conditions, décuplant la puissance des causes premières, le typhus éclate, spontanément issu de ce milieu vicié. Le POISON MORBIDE est donc d’origine humaine, €’est à vrai dire le POISON HUMAIN par excellence, car il naît infailliblement toutes les fois que les conditions de cet encombrement spécial sont pleinement réalisées pendant un temps suffisant.
L'origine spontanée du typhus a été niée; se fondant sur le caractère éminemment contagieux du mal, plusieurs observateurs ont soutenu que dans tous les cas de développement d'apparence spontanée, il y à en réalité importation de la maladie. Il n’en est rien; la transmissibilité puissante et longtemps persistante du poison typhique oblige à une grande circonspection dans l'examen et dans linterprétation des faits, mais ce serait aller contre l'évidence que de nier la spontanéité du typhus dans les épidémies isolées des hôpitaux, des prisons, des bagnes (1), dans celles des navires (2), dans celles enfin qui frappent de leurs coups meurtriers les armées en campagne, alors pourtant qu’elles occupent un pays où la maladie n’a pas régné depuis plusieurs années, où même elle n’est jamais apparue (3). Les exemples de typhus limité à quelques maisons, à quelques familles, présentant les conditions étiologiques voulues, ne sont pas moins démonstratifs (4).
L’encombrement spécial n’est pas seulement pour moi la cause du dé-
(Eodem loco). — Bo'":HaRDAT, Note relative à la communication de M. CHAUFFARD sur la question du typhus (Bullet. Acad. de méd., 1873). — PÉRIER, Méme sujet (Eodem loco). — Discussion à l’Acad. de méd (Eodem loco). — GuiLLEMIN, Les origines et la propagation du typhus (Gaz. hebdom., 1873-1874). — ULLERSPERGER, Ueber Aeliologie des Typhus (Deutsche Klinik, 1873). — MARTIN, On the generation of typhus by overcrowding (Dublin Journ. of med. Sc., 1873). — OBERMEIER, Zur Contagion des wiederkehrenden und Fleckfiebers (Centralbl. f. d. med. Wissensch., 1873). — ZUELZER, Zur Aetiologie des Flecktyphus nach Beobacht. aus der Berliner Epidemie von 1873 (Viertelj. f. gericht. Med. und Zeits. f. pract. Med., 1874). — RoBinski, Zur Aetiologie des Typhus exanth. (Viertelj. f. gericht. Med., 1874).
(1) KÉRAUDREN (Toulon). — GAULTIER DE CLAUBRY (Nantes, Auxerre). — LANDOUZY (Reims). — FoRGET (Strasbourg). — MurCHISON (collection de faits concernant les prisons de la Grande-Bretagne). — HoFFMANN (Vienne). — LEIBLINGER (Tarnopol). — JAC- QUOT (Rome). — THEUERKAUF (Côttingen).
(2) BLANE, FONSSAGRIVES, LIND, TROTTER. — GAULTIER DE CLAUBRY (Plymouth), a BARRALLIER (Toulon). — JACQUOT, GODELIER, MÉRENTIÉ (Orient).
(3) Guerres de Maximilien If en Hongrie, de Frédéric-le-Grand, de Napoléon fer. — HiLDENBRAND (Vienne), — GAULTIER DE CLAUBRY (Saragosse, Torgau, Dantzig). — Guerre de Crimée. — BRAULT, CoINDET (Mexique).
(4) Murchison a réuni et discuté un bon nombre de ces faits.
veloppement spontané du typhus, il en est à lui seul une CAUSE SuFFI- SANTE, dont l’activité n’est point subordonnée à d’autres conditions primordiales de sol, de race ou de climats. — Là où les influences nocives existent plus ou moins prononcées à l’état permanent, le typhus est ENDÉ- MIQUE, et 1l représente la FORME PRÉDOMINANTE, sinon exclusive, des maladies typhiques (1). — Là où l'encombrement toxique est produit à l’état d’épisode accidentel, le typhus survient, quelles que soient d’ailleurs les conditions de sol, de race et de nationalité (2); en Crimée les troupes françaises ont des campements qui présentent au maximum les conditions génératrices du poison, et 1l sévit sur elles, selon l'expression de Bryce, avec une activité égale à celle de l'Upas; mais les troupes anglaises dont la situation hygiénique est tout autre restent à l'abri du fléau, et pourtant c’est ici Où Jamais qu’aurait dû apparaître l'influence prétendue de la natonalité, puisque le typhus fait partie de la pathologie commune de lAngleterre. Telle est d’ailleurs la puissance étiologique de l'encombrement que dans un grand nombre d’épidémies de villes, la maladie est restée confinée dans les quartiers qui réalisaient cette condition; Moers nous apprend que, dans l’épidémie de Bonn en 1866, le typhus exanthématique a été limité aux quartiers sales et encombrés du prolétariat, tandis que dans le même temps les quartiers sains de la ville présentaient le typhus abdominal. Enfin la fréquence du typhus fever dans le même pays suit le développement du commerce qui a pour effet d’accumuler rapidement dans certains centres un excès de population ouvrière. Cette influence de l'encombrement seul, abstraction faite des conditions adjuvantes de famine, de misère, de guerre, est bien démontrée par cette observation de Maclagan : les villes d'Écosse (Glascow, Dundee, Greenock) qui dans un espace de dix ans ont eu un accroissement de population de 14 à 19 pour 100 ont fourni, toutes proportions gardées, un beaucoup plus grand nombre de cas de typhus que les villes (Edinburgh, Leith, Aberdeen, Perth) dont l'accroissement de population n’a été dans le même temps que de 2 à o pour 100.
En raison même de sa genèse le typhus exanthématique coïncide fréquemment avec les grandes perturbations de la guerre, de la famine, avec la cherté excessive dans le prix des vivres, en un mot avec cet ensemble de conditions diverses qui constituent la MISÈRE socIALE. Il suit également, lorsque les influences d’encombrement sont réalisées, les agglomé-
(4) Irlande, Écosse, Angleterre. — Provinces russes de la Baltique (BEHSE). — Basse ltalie. — Silésie. — Hongrie. — Égypts. — Mexico (BRAULT).
(2) Algérie (VITAL, PÉRIER, ARNOULD, GAUCHER, LÉONARD et MARIT). — Amérique du Nord (GERHARD, PENNOCK). — Danemark, Suède, Norwége (IRGENS, HJELT, PALMBERG, LANGELL, LUND, BOECK). — Finlande, Petersburg (RUDNEW, TRESKOW, HJELT). — Indes
(CHUCKERBUTTY, WALKER, LYONS). — Pays-Bas (ROSENSTEIN).
. TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. 899
rations d'ouvriers qu'entassent sur un même point les travaux de lin dustrie; ainsi la grande épidémie qui a sévi dans la Prusse orientale de 1867 à 1869 a été la conséquence des travaux nécessités par la construction de chaussées et de chemins de fer; ces travaux ont dùü être interrompus pendant l'hiver, les ouvriers se sont entassés dans des abris plus ou moins insuffisants, et les effets ordinaires de cet encombrement se sont manifestés dans toute leur violence (1). C’est du reste un fait général que la prédominance de la maladie pendant les mois d'hiver, el cela parce que l’ocelusion permanente des fenêtres exagère et précipite les résultats de l'accumulation humaine; le typhus de Crimée n’a que trop démontré le fait.
La FAMINE n’est point une cause suffisante du typhus exanthématique ; elle prend sans doute une grande part à son développement, mais c'est une part indirecte et non point nécessaire; en fait la disette agit en affaiblissant la résistance de l'organisme dont elle augmente ainsi la réceptivité morbide, et en provoquant dans les grands centres l'agglomération des réfugiés de la campagne, qui espèrent trouver là de plus abondantes ressources ; ce dernier point a été parfaitement établi par Graves dans sa remarquable étude des épidémies d'Irlande.
La nature du poison typhogène est inconnue; cependant il est difficile de le considérer comme un miasme aériforme, en raison de la ténacité avec laquelle il s'attache aux effets, et du mode de propagation de la maladie dans les salles d’hôpitaux, où l’on a constaté plusieurs fois, surtout au début de l'épidémie avant l'infection générale du milieu, que la transmission a lieu de lit à lit. Il est plus probable que l'agent toxique est de forme pulvérulente, mais nous ne savons pas s’il est contenu dans les téguments du malade (lamelles épidermiques), ou dans les exhalaisons pulmonaires; de curieuses expériences faites à Vienne par Haller en 1855 tendent à établir que sous l'influence d’un courant d'air chaud le poison est emporté et maintenu dans les couches supérieures de l'atmosphère, de manière que dans des salles superposées, la propagation de la maladie a lieu de l’inférieure à la supérieure, et non pas en sens inverse.
Engendré par les causes spéciales que je viens d'exposer, le POISON TY- PHOGÈNE EST REPRODUIT PAR L'ORGANISME QUIL INFECTE, ET TRANSMISSIBLE D'HOMME A HOMME avec une puissance qui fait du typhus exanthématique la plus contagieuse des maladies typhiques. Emportée de la sorte au delà du foyer où elle a pris naissance, la maladie présente au lieu de réception deux modalités distinctes; si elle ne trouve pas à son arrivée les conditions d’encombrement et de mauvaise hygiène qui sont nécessaires à sa complète extension, elle s'éteint rapidement après avoir frappé en plus ou moins grand nombre les individus qui ont subi directement
(1) BECHER, GRUN, HAFFNER, KANZOW, MÜLLER, NAUNYN, PASSAUER.
l'influence de l'importation; — si au contraire elle rencontre en cette seconde étape les mêmes causes nocives qui l'ont engendrée au point de départ, alors il y à formation d'un foyer, dont l’activité peut être aussi violente, aussi durable que celle du foyer primitif, et qui peut donner lieu comme lui à une nouvelle série d'EXPORTATIONS MORBIGÈNES. L’extinction rapide de la maladie dépaysée ne tient donc pas aux conditions telluriques ou atmosphériques propres à la contrée d'arrivée, elle tient uniquement à l'absence des causes qui ont provoqué l’éclosion du mal au pays d’origine. — La DIFFUSIBILITÉ DU POISON PAR L’ATMOSPHÈRE (qu'il ne faut pas confondre avec la transmission), est beaucoup plus limitée que celle des autres poisons morbides, et elle ne s'étend qu'à très-courte distance, comme l'ont établi les observations de Haygarth, Lind, Williams et Christison. |
Les agents de transmission du poison sont nombreux. Ce sont les MALADES, principalement de la fin de la première semaine jusqu’à la convalescence, c’est-à-dire dans le temps où l'odeur spéciale de la peau est le plus prononcée (1) ; — ce sont les GADAVRES (2) ; — ce sont les LOGALITÉS mêmes dans lesquelles ont séjourné des malades (vaisseaux, maisons, chambres) (3);— ce sont avant tout les objets de literie et les EFFETS (4).
La ténacité du poison dans les effets et dans les localités dépasse toute croyance; des faits permettent d'affirmer qu’au bout de plusieurs mois, même de quelques années (Behse), la puissance morbigène de ces agents de transmission est encore présente et efficace. Il n’est pas moins important de noter que l’homme peut transmettre le typhus sans en être luimême atteint, et cela dans les deux conditions que voici : il a subi la maladie dans une localité, une fois guéri il la quitte pour une autre résidence, mais ses effets, qui n’ont point été désinfectés, apportent le poison, et cet imdividu, qui, en raison des dates, ne peut être considéré ni comme un malade, n1 comme un convalescent, est pourtant un agent de transmission (5); — dans l’autre cas, l'homme qui transmet le typhus n’en a jamais éprouvé les atteintes, mais il a séjourné dans un milieu infecté déjà, ou favorable à la genèse du poison, et il transporte avec lui cette influence