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CHAPITRE IIf

GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.

La contraction spasmodique de l’œsophage (1) est observée comme symptôme dans un assez grand nombre de maladies; les INFLAMMATIONS surtout ulcéreuses de l'œsophage lui-même, du larynx, de l’épiglotte, l'HYSTÉRIE, l'ÉPILEPSIE, le TÉTANOS, la RAGE, les altérations de là MOELLE

(1) Synonymie : Angina convulsiva (Van Swieten), Dysphagia spasmodica (F. Hoffmann), Spasme de l’œsophage (3. Frank), rétrécissement, constriclion, resserrement, sténose spasmodique de l’æsophage (Hamburger), æsophago-spasmus, œsophagisme (Vogel, Mondière).

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el des VERTÈBRES CERVICALES, les lésions de l'ENCÉPHALE enfin, sont les causes les plus puissantes et les plus ordinaires de ce spasme œsophagien symptomatique qui n’est autre chose qu’un phénomène réflexe. — En outre il peut se montrer en tant que spasme idiopathique, et constitue alors l'œsophagisme proprement dit; c’est uniquement de cette dernière forme qu'il est ici question.

Les causes du spasme idiopathique sont peu connues; il se montre plus fréquemment chez la femme que chez l'homme, et n’est guère observé que dans l’âge moyen, quoique Everard Home et Stevenson aient cité des cas où 1l s'était manifesté dès les premières années de la vie. — Le tempérament nerveux, la grossesse, la ménopause, la disposition arthritique et herpétique (Romberg) ont été tour à tour invoqués comme autant de CAUSES PRÉDISPOSANTES.

L'imagination parait exercer une influence positive : la crainte d’être atteint d'hydrophobie, et même chez certains individus la seule impression de la morsure d’un animal non enragé, peut faire naître la constriction spasmodique de l’œæsophage. C’est à cette influence de l'imagination, jointe à une susceptibilité nerveuse particulière qu’il faut rapporter sans doute certains cas d’œsophagisme qui ont été considérés, à tort, comme des cas de rage. Tel est, par exemple, le fait signalé par Serres; telle est aussi l'observation de cet individu dont parle Velpeau qui, rentrant en France, après une absence de vingt ans, et apprenant que son frère avait succombé aux suites de la morsure d’un chien, par lequel il avait été également mordu, fut aussitôt pris des symptômes de la rage, et succomba.

Les CAUSES PATHOLOGIQUES sont nombreuses, disparates et pour la plupart contestables ; la suppression d’une épistaxis habituelle est mentionnée dans le cas de J. P. Frank, et la disparition de l’œæsophagisme à la suite

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d’une application de sangsues aux narines semble autoriser cette induction étiologique. En revanche, dans Ie cas de Brodie, la cause parut consister en des hémorrhagies rectales abondantes, et la guérison suivit Pablation des tumeurs hémorrhoïdaires internes qui donnaient lieu à lécoulement de sang.

D'autres causes agissent primitivement sur la membrane musculeuse du conduit pharyngo-æsophagien ; tels sont les mets ou les liquides trop chauds, les épices, les substances âcres ou vénéneuses (tartre stüibié, sublimé corrosif, les fruits du datura stramonium, les semences du hêtre, les baies de belladone, le champignon agaric muscarius, etc.), les vers, les sangsues tombées dans la gorge. Il se produit vraisemblablement alors une contraction réflexe de l’œsophage, mais l'intensité et la durée du spasme sont souvent hors de toute proportion avec le degré de l’excitation primitive.

Parmi les CAUSES OCGASIONNELLES les plus actives et les plus puissantes sont assurément les émotions morales vives et particulièrement la colère ; l'influence de ces causes est au maximum chez les individus d’un tempérament nerveux, chez les hystériques, et surtout chez les hypochondriaques qui sont particulièrement prédisposés à l’œæsophagisme.

Chez les personnes qui ont déjà éprouvé cet accident, la seule appréhension de son retour suffit pour le ramener en effet; déjà Hoffmann a rapporté un cas de ce genre. Boyer a observé un fait analogue chez une femme hystérique qui, après avoir ressenti quelques picotements dans un mouvement de déglutition, ne pouvait plus avaler d'aliments solides sans éprouver une constriction œsophagienne des plus pénibles. Zimmermann a rapporté un cas plus remarquable encore : son malade ayant senti, en avalant une cuillerée de bouillon, une petite quantité de ce liquide tomber dans le larynx, ne put plus, depuis ce moment, en avaler une seule goutte malgré les plus grands efforts. L'influence de limagination, bien positive dans les faits de ce genre, est plus évidente encore dans les cas non moins nombreux, où la représentation psychique de l'acte de la déglutition, la déglutition idéale, si je puis ainsi dire, suffit pour provoquer un accès de spasme œsophagien.

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