RÉTRÉCISSEMENTS
d'une mort foudroyante. — Le rétrécissement de l’œsophage ne se termine pas nécessairement par la mort; celui qui est d’origine inflammatoire ou elcatricielle peut guérir, et guérit souvent, ou tout au moins il devient compatible avec la vie, à la seule condition que le cathétérisme soit renouvelé de temps en temps; mais le rétrécissement cancéreux est incurable, et c'est là malheureusement l'espèce la plus fréquente.
DIAGNOSTIC
Une dysphagie persistante, dont le siège est au-dessous du pharynx, la régurgitalion sans vomissement proprement dit des matières ingérées, dénotent à coup sûr l'existence d’un obstacle dans le parcours œsophagien; la considération des symptômes autres que la dysphagie, l'examen du cou et de la poitrine, indiquent si cet obstacle est dû à la compression du conduit par une tumeur de voisinage ou à une altération intrinsèque de ses parois ; la sonde peut aussi concourir à la solution de cette première question, car si, dans son trajet, elle éprouve une déviation notable, e’est une présomption importante en faveur de la compression. De même encore l’auscultation, au moment de la déglutition des liquides, peut être utile; si le maximum du bruit de gargouillement occupe un point qui ne répond pas à la situation normale du canal, c’est que celui-ci est déplacé par une tumeur qui le comprime.
Le siége et le degré de la coarctation sont révélés par le cathétérisme, mais l’origine et la nature de l’obstacle, notions indispensables pour le pronostic, ne peuvent être appréciés que par les commémoratifs. Si le malade a présenté à un moment quelconque les symptômes d’une œsophagite aiguë ; si l’on apprend qu'il a avalé volontairement ou par mégarde un corps étranger ou quelque liquide caustique, on peut à bon droit rapporter la sténose à une induration inflammatoire ou à une cicatrice, et le pronostic en devient plus favorable en même temps que le traitement peut être conduit avec plus d'assurance. Si au contraire les anamnestiques sont absolument négatifs, si en outre il n’y a pas de soupçon possible à l'endroit de la syphilis, la nature cancéreuse du rétrécissement est presque certaine, vu la rareté extrême des autres néoplasmes œæsophagiens.
TRAITEMENT
Les mercuriaux, l’iodure de potassium, les exutoires peuvent être utiles contre les rétrécissements inflammatoires et syphilitiques, mais même alors on ne doit pas négliger de recourir au cathétérisme: la dilatation progressive et la cautérisation sont en définitive la base du traitement, et
dans les sténoses inodulaires on obtient souvent ainsi des résultats inespérés. Les règles de ces opérations sont exposées dans les traités de chirurgie; je n'ai pas à m'y arrêter.