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CHAPITRE. MIT

GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.

Beaucoup plus rare que celui de l’estomac, le cancer de l'intestin (1) est primitif, c’est-à-dire qu'il affecte d'emblée les tuniques intestinales, ou secondaire, c’est-à-dire consécutif à l’aitération des organes voisins (glandes Iymphatiques, péritoine, foie, utérus, ete.); cette forme est ia moins fréquente. L’étiologie n’est pas mieux élucidée que celle du cancer gastrique.

(1) Les Dictionnaires, le Compendium de médecine. — NAUMANN, CoPLAND, loc. cit.

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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

L'ENCÉPHALOÏDE et le SQUIRRHE sont les variétés les plus communes; cependant on peut observer le cancer aréolaire, le cancer villeux, et, dans la région anale, l’épithélioma. — La dégénérescence peut occuper un point quelconque du canal; mais elle est beaucoup plus commune dans le gros intestin, où elle affecte principalement le cæcum, PS iliaque et le rectum. Dans l'intestin grêle, le duodénum est plus souvent atteint que le jéjunum et l’iléum ; mais le cancer n’y est jamais isolé, il coïncide avec celui de l'estomac. Le cancer de l'intestin est rarement solitaire ; d’autres organes sont allérés, ou bien la dégénérescence occupe plusieurs segments distincts du tube intestinal; dans le cancer généralisé, on observe parfois une infiltration cancéreuse des plaques de Peyer (Rokitansky).

Le cancer primitif débute par le fissu sous-muqueux et les éléments conjonctifs de la muqueuse; le cancer secondaire atteint d’abord la séreuse, unie par des adhérences à l'organe primitivement affecté. Les caractères de la lésion, les modifications qu'elle produit dans le calibre du canal, les changements qu’elle éprouve par suite de lulcération, la possibilité des perforations ou des communications anormales, tout cela est commun au cancer de l'intestin et à celui de l’estomac, et je renvoie à la description anatomique de ce dernier. Quand la mort a lieu avant que l'ulcératien du produit morbide ait rétabli la perméabilité du conduit, le bout supérieur est dilalé comme dans l’occlusion intestinale, et le bout inférieur est affaissé en collapsus. Dans quelques cas, la déchirure de l'intestin au-dessus du rétrécissement est le résultat d’une véritable rupture par distension, et non point l'effet des progrès de l’ulcération.

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

Le cancer est caractérisé, entre les autres maladies chroniques de l’intestin, par les accidents du rétrécissement intestinal, par des hémorrhagies, par la cachexie spéciale, par une tumeur. Tant que ces phénomènes manquent, la maladie ne peut être que présumée; elle donne lieu

XON, Cancer (lympho-sarcom) of the small intestine (Trans. of the path. Soc., 1873). — COUPLAND, Cancer of the duodenum (Eodem loco, 1873). — KENNEDY, On one of the forms of tumours of the cœcum and their possible connection with the disease known as melæna (Med. Press and Circular, 1874). — CnaBoun, Obs. de tumeur carcinomateuse au niveau de la valvule iléo-cæcale (Lyon méd., 1874). — CocxLe, Cancer of the

descending colon, intestinal obstruction, etc. (The Lancet, 1875). — SouTey, Eodem loco, 1875.

à des douleurs plus ou moins fréquentes, avec maximum en un point limité; les gardes-robes sont tout à fait irrégulières, tantôt de fréquence et de consistance normales, tantôt diarrhéiques et catarrhales, tantôt supprimées pendant plusieurs jours; cette constipation est due à la perte de contractilité de l'intestin, laquelle précède de beaucoup toute modification notable du calibre. Cette période indécise peut durer plusieurs mois; puis le cancer commence à se caractériser par l’un des quatre symptômes distinetifs. Le plus ordinairement ce sont les signes de STÉNOSE qui apparaissent les premiers; les phases de constipation deviennent plus longues, l’arrêt des matières peut être assez complet pour provoquer des nausées et des vomissements alimentaires et bilieux; le ventre se météorise; bref, l’occlusion est constituée. Elle peut être mortelle dès cette première manifestation; mais en général elle cède à la transsudation catarrbale; d’abondantes selles solides et liquides ont lieu ; les matières sont parfois rubanées et comme passées à la filière. Après cette débâcle, le météorisme tombe, et le malade éprouve une amélioration plus ou moins durable. Lorsque ces phases alternatives se sont reproduites un certain nombre de fois, une occlusion définitive peut avoir lieu, et le patient succombe sans hémorrhagie, sans cachexie, peut-être même sans tumeur, du fait seul de la sténose.

Dans d’autres cas, la constipation cesse, et elle est remplacée par une diarrhée abondante, séreuse ou muco-purulente. Les matières sont parfois sanguinolentes, et, dans l'intervalle des selles, il peut y avoir des évacuations de sang pur ; 1l est rouge et liquide, si la lésion occupe le rectum ou la partie inférieure du côlon; il est noir. et coagulé en caillots mous, ou dissocié en poussière noirâtre, si l’altération siége plus haut dans l’intestin. Cette modalité nouvelle correspond à l'ULCÉRATION, qui fait disparaitre une partie du néoplasme, ouvre les vaisseaux et rétablit la perméabilité de l'intestin. Le malade tombe dès lors dans une anémie cachectique qui résulte des pertes de sang, de la diarrhée colliquative entretenue par la surface ulcérée, et aussi de l’inanition; car l'appétit et les fonctions digestives, qui ont pu persister jusque-là avec un certain degré d'activité, sont tout à fait compromis. La mort peut être amenée par les progrès du dépérissement, sans qu’on voie survenir la teinte jaune-paille caractéristique de la dyscrasie cancéreuse; les téguments sont d’une pâleur de cire, les veines semblent vides, l’émaciation arrive au marasme, les extrémités s’infiltrent, et le patient succombe lentement à l’anéantissement de toutes les fonctions organiques; parfois il tombe dans le coma par suite d’une hydrocéphalie ou d’un œdème cérébral cachectique. Jai vu un exemple très-net de ce complexus morbide chez un homme affecté de cancer de VS iliaque; 1l mourut avec la teinte propre aux chlorotiques, sans aucune suffusion jaunâtre.

Dans une autre série de cas, le cancer peut être reconnu avant la pé-

riode d'ulcération et d’hémorrhagies, avant l'apparition d’une tumeur, parce que les symptômes intestinaux vagues de la phase initiale sont rapidement accompagnés d’un amaigrissement suspect, de la perte des forces et de la teinte jaune-paille.

La TuMEUR, d'autant plus facilement appréciable que lamaigrissement est plus avancé, occupe l’une des fosses iliaques ou bien la partie moyenne de la région hypogastrique; e’est là que tombent, en effet, sous linfluence de la pesanteur, les tumeurs cancéreuses non adhérentes du côlon transverse et de l'intestin grêle. Ce n’est guère que le cancer du duodénum qui reste fixé dans la région sus-ombilicale. Cette tumeur est dure, inégale, douloureuse à la pression, et plus ou moins mobile, selon sa situation et les adhérences; quand elle siége sur l'aorte ou l’une des iliaques, elle peut être soulevée par un mouvement communiqué, en masse, qu'il ne faut pas confondre avec la pulsation intrinsèque et ondulée de lanévrysme. La sonorité est toujours diminuée au niveau de la tumeur; mais les résultats de la percussion varient beaucoup, suivant Pépaississement de la paroi intestinale et la quantité des matières fécales. — Le cancer du rectum, qui est caractérisé par des douleurs sacro-lombaires et des phénomènes dysentériformes très-pénibles, est, dans bon nombre de cas, appréciable par le toucher.

A l'exception des cas où une ocelusion précoce emporte le malade, le cancer de l'intestin a une MARCHE lente, une durée de plusieurs mois ou même d’une année. La MorT est ordinairement causée par le rétrécissement intestinal ou par le marasme, ainsi qu'il a été dit plus haut; mais elle peut aussi résulter d’une péritonite générale avec ou sans perforation. Lorsque la mort est le fait de la cachexie, on observe souvent des thromboses dans les veines crurales ou iliaques, et quand le caillot remonte jusque dans la veine cave, l’œdème peut occuper les deux membres inférieurs et le scrotum.

TRAITEMENT

La médication, purement palliative, doit remplir deux indications : restreindre autant que possible la quantité des matières fécales, combattre opiniätrément la constipation, afin de relarder ou de prévenir les phénomèênes d'occlusion. Le premier résultat est obtenu au moyen de l’alimentation concentrée par la viande crue, les œufs, le lait; le second est atteint au moyen de l'usage quotidien d’un purgatif approprié. Si l’on ne considérait que l’effet immédiat, on donnerait la préférence aux sels, en raison de l’exosmose séreuse qu'ils provoquent ; mais on déterminerait infalliblement une irritation qu’il importe d'éviter. L'huile de ricin n’a pas cet inconvénient, et les malades s’habituent assez facilement à en

prendre tous les jours ou tous les deux jours une cuillerée à bouche. Les hémorrhagies seront combattues par les mêmes moyens que celles de l'estomac.

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