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GANGRÈNE DE LA BOUCHE. NOMA

GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.

Indépendamment de la gangrène, qui constitue dans quelques cas la terminaison des stomatiles graves, on observe dans les parois buccales une mortification d'apparence spontanée, qui est un type de ces nécroses préparées de longue main par la détérioration de l'organisme (voyez t. D). — La GANGRÈNE DYSTROPHIQUE ou NOMA (1) est une maladie de'l’enfance, qu'elle atteint surtout de trois à cinq ans d’après Barthez et Palliet, de cinq à dix selon Taupin. Un peu plus commune chez les filles que chez les garçons, elle sévit sur les enfants mal logés, mal nourris, dont ces mauvaises conditions hygiéniques altèrent peu à peu la constitution; mais alors même que le terrain est ainsi préparé, il est bien rare

(1) Synonymes : Sfomatite maligne; — stomacace; — stomalite putride; — cancer aqueux.

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FLEMING, Cancrum oris (Philad. med. Reporter, 1869). — GLYNN, Cancrum oris (Brit. med. Journ., 1869). — SANTOPADRE, Sfomalite gangrenosa; edema della glottide (Rivist. clin. di Bologna, 1869). — KeLLNER, Ueber Noma. Berlin, 1870. — EbGAR, On cancrum oris (St.-Louis med. and surg. Journ., 1870). — LANGE, Ein Fall von Noma geheilt durch äussere Anwendung von Oleum Terebenthinæ (Memorabilien, 1871).

Scamm, Ueber das Verhültniss von Noma zur Gangræœna oris (Bayr. ärztl. Intellig. BL., 1872). — Smira, Cases of gangrene of the mouth (New-York med. Rec., 1872). — HiLvEBRAND, De Noma. Berlin, 1873. — LucAS CHAMPIONNIÈRE, Gangrène de la bouche (Journ. de méd. et de chir. prat., 1875).

que la mortification survienne sans causes occasionnelles, et ces causes sont pour la plupart des influences débilitantes : ce sont la rougeole, la scarlatine (rarement la variole), les diarrhées prolongées, les maladies chroniques de la peau et du cuir chevelu. Dans quelques cas, c’est une simple irritation locale telle que saillie d’une dent, salivation mercurielle, qui est l’occasion de l’explosion de la maladie. Chez l'adulte, elle est observée dans l’état puerpéral, à la suite des typhus ou d’un traitement mercuriel, mais elle est rare à cet âge. — Le noma est plus fréquent dans les contrées humides et froides que dans les régions méridionales; il est relativement commun en Hollande et sur le littoral de la mer du Nord. La maladie n’est pas épidémique, et, quoi qu’en ait dit Taupin, elle n’est pas contagieuse.

; ANATOMIE PATHOLOGIQUE

La lésion débute presque toujours par la face interne de la joue, et plus souvent à gauche qu’à droite. Ses caractères sont ceux de la gangrène humide en général; la muqueuse prend sur un point limité une couleur rouge violet livide de mauvaise nature, parfois une vésicule ou une bulle pleine de sérosité roussätre apparaît à ce niveau, puis la tache noireit, le tissu se ramollit dans ses couches superficielles et tombe en détritus; en même temps le tissu adipeux disparait par hiquéfaction, les couches profondes sont infiltrées d’une sante rouge noirâtre parfois coagulée (Albers), et de granulations pigmentaires; et l'excavation grandissant à mesure que les parties mortes se détachent, une perforation totale peut être produite qui met à nu les arcades dentaires. Dans quelques cas, le processus débute dans les couches intermédiaires, et, marchant à la fois vers la peau et vers la muqueuse, il détermine une destruction bien plus rapide. Du reste, les désordres sont-loin d’être toujours limités à la joue : soit par continuité, soit par fusées serpigineuses, la gangrène peut s'étendre aux lèvres, aux gencives ; elle met à nu le maxillaire, qui s’exfolie; les dents sont ébranlées ou tombent; enfin la mortification peut gagner la paupière inférieure, le nez, et transformer toute une moitié du visage en une masse pulpeuse sur laquelle la peau forme parfois une eschare noire et sèche. Dans le foyer de nécrose, les vaisseaux sont obturés par thrombose secondaire, mais les artères afférentes sont perméables (Rilliet et Barthez); le névrilème est coloré comme le tissu ambiant, et même imbibé de liquide, mais la constitution histologique des nerfs n’est pas altérée.

Quand la guérison a lieu, la perte de substance est comblée par un tissu cicatriciel dont la rétraction et les adhérences aux parties osseuses produisent souvent de hideuses difformités et des désordres fonctionnels graves. ;

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