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bre de genres. Tels soBt les venins, les virus et toui les poisons; car, quels que soient les désordres qui surviennent, la nature de la cause forme ici un caractère prédominant, invariable, pouvant par conséquent
servir à classer l'affection.
Sauvages, d'accord avec Sydenham, avait pris pour base de sa dassifi-» cation les symptômes des maladies. Mais ce point de départ est essentiel lement fautif, attendu que les symptômes sont extrêmement variables, qu'ils se combinent entre eux de mille façons, et que beaucoup sont communs à une foule de maladies qui n'ont entre elles aucune espèce d'analogie. Cependant il faut convenir qu'il y a un certain nombre d'affections inconnues quant à leur cause et à leur nature, n'ayant aucun siège anatomique précis, et pour lesquelles le désordre fonctionnel, l'état symptomatique est le seul caractère palpable et constant, le seul par conséquent qui puisse servir à les dénommer et à les classer.
Nous concluons de ce qui précède que la détermination des genres ne peut reposer sur un seul caractère, et, d'accord avec mon regrettable ami le professeur Requin, nous dirons, comme lui, que la nosologie ne doit être, quant à présent du moins, ni exclusivement organique, ni exclusivement étiologique, ni exclusivement symptomatique, mais revêtir ce triple aspect. La méthode mixte est donc celle qu'il faut suivre, à moins de vouloir tronquer la science ou l'égarer dans les hypothèses les plus aventureuses.
*0'après les principes que nous venons d*exposer, nous avons divisé les maladies en dix classes. Ce sont : l"" les fièvres; â"" les maladies constitîiées par un vice de proportion du sang ; S*" les inflammations ; k^ les hémorrhagies ; 5** les sécrétions morbides ;&" les empoisonnements; Tles lésions de nutrition; S*" les transformations organiques et les produits morbides accidentels; 9' les névroses; iO^ les maladies propres à cer' tains organes ou à certains tissus*
Cette classification est loin d'être irréprochable, mais ses défauts tiennent autant à mon insuffisance qu'à l'état d'imperfection de la science. Bayle a reconnu, après bien d'autres, que chaque cadre a ses défauts, présente ses lacunes et offre quelques rapprochements forcés ; qu'il faut l'apprécier à sa juste valeur, le considérer comme un répertoire plus ou moins exact, et préférer celui dans lequel le plus grand nombre de maladies analogues seront rapprochées. Les cadres nosologiques, ajoute le médecin éminent dont je parle, sont des moyens artificiels pour suppléer à la faiblesse de notre intelligence : c'est un échafaudage nécessaire, on ne peut s'en passer; ils changeront plusieurs fois encore. Mais si Ton
parvient un jour à établir une distribution invariable, Fédifice de la science, dégagé des simulacres qui le représentent aujourd'hui, ofirira un ensemble régulier, majestueux, inébranlable.
Ce temps est certainement bien éloigné de nous. Arrivera-t-il même jamais? Vouloir une classification parfaite surtout en médecine, n'est-ce pas courir, comme Ta dit Guvier, après la pierre philosophale? Ne dé« sespérons pas pourtant de l'avenir, mais en attendant qu'on trouve une classification qui puisse captiver tous les suffrages, évertuons-nous & bien fixer les espèces morbides, ce qui est plus important, comme Bayle le remarque, en nosologie, que le cadre lui-même. Aussi ai-je apporté un soin tout spécial à ce travail. Je me suis également efforcé de racheter les défauts inévitables de ma classification par l'exactitude des descriptions, par Tamour de la vérité et par la complète indépendance avec laquelle j'ai jugé les hommes et les doctrines. J'ai évité autant que j'ai pu les discussions oiseuses, les questions insolubles, les hypothèses stériles, pour ne m'occuper que des données positives et des faits pratiques. Dans la partie thérapeutique, à l'exemple de Sydenham, d'Astruc et des grands praticiens, je me suis étudié à préciser les indications aussi exactement que je l'ai pu, puis j'ai énuméré les moyens propres à les mieux remplir. Mais j'ai évité, ainsi que l'ont conseillé et pratiqué la plupart des grands maîtres, de grossir mon livre de ces formules banales que quelques auteurs accumulent dans leurs ouvrages pour leur donner un vernis pratique, et qui ne sont, en définitive, qu'un grossier appât offert à l'ignorance et à la paresse.
J'ai exclusivement traité dans ce livre de la pathologie spéciale, sans donner aucune de ces généralités qui appartiennent à la pathologie générale et à la séméiotique. Qu'aurais-je dit, en effet, qui ne fût exprimé bien mieux que je n'aurais pu le faire dans l'ouvrage si éminemment classique de mon vénéré maître le professeur Chomel, qui est sans contiedit une des introductions les plus remarquables que nous ayons à l'étude de la médecine pratique?