‹ Traité de pathologie interne. v. 2Chapitre 122 sur 176 · DES OREILLONS · texte numérisé non relu

DES OREILLONS

On donne les noms A' ourles ou A*oreillons à une tumeur douloureuse, à marche aiguë, formée par l'engorgement inflammatoire du tissu cellulaire de la région parotidienne.

Symptômes. — Cette maladie est souvent précédée pendant quelques jours par du malaise et par de la fièvre; puis les malades accusent de la douleur et un sentiment de gêne vers l'articulation temporo-maxillaire. Bientôt apparaît à ce niveau une tuméfaction qui se propage ordinairement jusqu'au-dessous de l'angle de la mâchoire, et s'étend quelquefois plus ou moins loin sur le cou et sur la tempe. Ce gonflement, qui peut occuper les deux côtés, et qui d'autres fois est borné à un seul, est d'un rouge obscur, quelquefois il est un peu violacé. Souvent la peau conserve, à ce niveau, sa couleur naturelle; mais elle y est plus chaude que de coutume. La tumeur n'a point la dureté de celle du phlegmon, mais à peu près la rénitence que donne le tissu cellulaire affecté d'œdème actif. Souvent il existe en même temps du malaise, de la courbature, de la pesanteur à la tête, des vertiges, un peu de fièvre, de l'inappétence. En général, la tumeur s'accroît pendant deux ou trois jours; puis, après être restée stationnaire pendant un temps égal, on la voit diminuer peu à peu, et finir par disparaître après une durée moyenne d'un septénaire environ. L'oreillon n'est presque jamais suivi de suppuration. La résolution est sa terminaison presque constante; on dit qu'elle est souvent marquée par -une sueur qui occupe tout le corps, ou qui parfois est limitée à l'engorgement inflammatoire : c'est ce que je n'ai jamais constaté. Il n'est pas rare, surtout dans le cours de certaines épidémies, que la résolution de la tumeur se fasse par métastase, non qu'il y ait dans ce cas disparition brusque de l'engorgement; on voit plutôt celui-ci diminuer seulement d'une manière rapide et disparaître en quelques jours, mais en même temps survient une tuméfaction douloureuse d'un des testicules. Chez la femme, ce sont les mamelles, les grandes lèvres et peut-être les ovaires qui s'aficctent de la même manière; c'est ce que je n'ai jamais observé, tandis que

Page 1