DE L'HERPÈS
des affections cutanées parasitaires. H. Bazin range résolument dans la même catégorie l'herpès drciné et l'herpès iris, parce que dans l'un et Tautre on rencontrerait toujours, comme dans la teigne tondante, le même végétal parasite (le Trichophyton). Cependant, malgré cette autorité, j'exclurai seulement de Therpès la teigne tonsurante, et je conserverai encore les deux autres variétés, parce que leur physionomie extérieure, leur marche, les rapprochent manifestement de Therpès simple, et parce que la présence du parasite n'est probablement qu'un accident; elle n'est peut-être pas constante, comme tendaient à le faire croire les premiers travaux de H. Bazin lui*mènie.
A. — Variétés de siège.
io Herpès labialis.
On sait qu'à la suite des Gèvres éphémères, catarrhales et de quelques autres maladies aiguës, comme la pneumonie, ou dans le cours de la ménii^te cérébro-spinale épidémique, ou bien encore à la suite de l'impression du froid ou du contact de certaines substances irritantes, il se développe sur les lèvres et autour de la bouche des groupes plus ou moins nombreux de vésicules. Cette éruption n'occupe ordinairement qu'une des lèvres, et même qu'une partie de l'une d'elles, rarement elle gagne les joues et le menton, mais plus souvent elle s'étend au pourtour des narines. Les vésicules peuvent se développer exclusivement sur la peau des lèvres ou sur leur bord libre; le plus souvent elles existent au point de jonction de la muqueuse labiale et de la peau.
V herpès labialis apparaît tantôt d'emblée ; d'autres fois il est précédé pendant quelques heures de rougeur, de tuméfaction et de chaleur brûlante. Bientôt on voit poindre des vésicules; le liquide, d'abord transparent, devient trouble au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, et, dès le quatrième ou le cinquième jour, les vésicules, dont les plus grosses ont atteint à peine le volume d'un pois, se rompent, et il se forme quelques croûtes jaunâtres. Cette éruption est souvent critique; elle n'exige presque jamais de traitement. Cependant, si elle s'accompagnait de chaleur et de douleurs trop vives, on ferait quelques lotions avec de l'eau fraîche, à laquelle on ajouterait quelques gouttes de sous-acétate de plomb liquide.
2» Herpès des membranes muqueuses.
On voit souvent se déclarer sur les membranes muqueuses accessibles à la vue des groupes vésiculeux identiques avec ceux qui surviennent sur la peau; ils n'en diffèrent que par le volume moindre des vésicules, par leur rupture prématurée, par des érosions consécutives plus fréquentes, par la production d'une exsudation fibrino-albumineuse, circonstances qui peuvent faire méconnaître le vrai caractère de la maladie. Comme ces herpès, suivant les muqueuses ou ils se développent, présentent quelques différences de forme, comme ils peuvent donner lieu, d'ailleurs, à de graves erreurs de diagnostic, il importe de les étudier en particulier dans la bouche et dans le pharynx, sur la conjonctive et sur les organes génitaux.
1* Herpès buccal et guttural. — Il se développe parfois à la face interne des lèvres et des joues, et sur la voûte palatine, des groupes vésiculeux entourés d'une auréole rouge, accompagnés souvent d'une exsudation abondante, d'une matière pultacée crémeuse. Mais le siège de prédilection de ces groupes vésiculeux est sur ses piliers, ainsi que sur les amygdales. M. le docteur Gubler a
eu le mérite de fixer plus particulièrement Tattention sur celte forme d'herpès, dont il a donné une description fort exacte (1). C'est le plus souvent après un refroidissement qu'on voit la maladie débuter. Les individus se plaignent de douleur, de chaleur à la gorge et de dysphagie ; l'inspection peut faire découvrir sur toutes les parties qui circonscrivent l'isthme du gosier des groupes herpétiques, entourés d'une auréole rouge et qui sont parfaitement dessinés ; mais, pour peu qu'on tarde, et parfois au bout de quelques heures seulement, l'épithélium s'est brisé, la vésicule a cessé d'être et l'on ne trouve plus qu'une concrétion pseudo-membraneuse très-adhérente, arrondie ou festonnée et entourée d'une auréole d'un rouge plus ou moins vif. Si la concrétion tombe, il existe à sa place une érosion douloureuse et saignante. Les ganglions sousmaxillaires ne sont point tuméfiés ou le sont à peine. Il n'est pas rare de voir l'herpès guttural coexister avec un herpès des lèvres ; ils sont presque toujours simultanés, mais ils peuvent être successifs. J'ai vu un herpès localisé d'abord sur les amygdales, se reproduire sur le voile du palais, bientôt sur la face interne des joues, sur la langue, à la face interne des lèvres ; puis, enfin, la maladie se termina par un bouquet d'herpès développé sur la surface cutanée de la lèvre inférieure.
L'herpès guttural, soit qu'il existe seul, soit qu'il vienne s'enter sur une amygdalite, s'accompagne toujours d'une phlogose plus ou moins étendue de la muqueuse; il existe les symptômes locaux et généraux de toute angine bénigne. J'ai vu parfois la maladie se montrer sous forme d'accès ou d'exaqerbations, caractérisés surtout par la manifestation de nouveaux groupes vésiculeux.
L'herpès buccal ne peut être confondu avec un aphthc, qui est une ulcération solitaire, tandis que l'herpès est essentiellement caractérisé par des groupes vésiculeux.
Il est souvent plus difficile de reconnaître l'herpès guttural, parce que, les vésicules se rompant prématurément, il n'existe plus qu'une concrétion qu'il faut bien se garder de confondre avec la diphthérite. La première, en effet, est fixe, non extensive, ne s'accompagne pas d'engorgement sous-raaxillaire, ni d'aucun symptôme grave, et coïncide souvent avec de l'herpès aux lèvres.
L'herpès guttural n'offre aucune gravité, il cède à la médication que nous avons indiquée en traitant de la pharyngite aiguë.
2° Herpès conjonctival. — On voit souvent, surtout chez les enfants lymphatiques, soit spontanément, soit après un refroidissement, des vésicules se développer isolément ou par petits groupes sur la conjonctive et sur la cornée. Les vaisseaux sont plus ou moins injectés, la muqueuse est rouge et boursouflée.
Les vésicules qui forment le caractère anatomique spécial de cette ophthalmie peuvent se flétrir et se résoudre sans laisser de traces ; mais, le plus souvent, à la vésicule succède une ulcération, qui peut être très-superficielle ou ne respecter que la lamelle la plus profonde de la cornée, ou bien enfin elle peut devenir tout à fait perforante. Dans le premier cas, il n'en résulte qu'une cicatrice blanchâtre ; dans le second, on observe parfois une hernie de la cornée ; enfin, dans le troisième cas, il se produit une hernie de l'iris et des désordres plus graves encore.
Cette conjonctivite à marche généralement lente, sujette à de fréquents retours, est d'un pronostic grave.
• (1) UnUm médicale, année iSSS
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On insistera sur un traitement tonique général, et localement on modifiera la surface malade en la touchant très-légèrement avec un crayon d'azotate d'argent ou de sulfate de cuivre. On fera également des lotions répétées avec des collyres astringents.
S"" Herpès des organes génitaux. — L'herpès se développe fréquemment sur les organes génitaux de l'un et de l'autre sexe. Chez l'homme, il occupe le prépuce et le gland (herpès prœputiaiis) ; chez la femme, on l'observe sur les grandes et les petites lèvres, sur la fourchette et à l'entrée du vagin (herpès pudendi).
L'herpès qui se développe sur le prépuce a une marche différente suivant le siège précis qu'il occupe. Les vésicules se sont-elles développées sur la surface cutanée, on voit le liquide se troubler rapidement ; les vésicules se flétrissent au bout de trois, de quatre ou de cinq jours ; il se forme enfin de petites squames ou une exsudation, et tout est terminé après un septénaire. Les vésicules qui siègent sur la muqueuse excitent des cuissons plus fortes ; leur développement s'accompagne de chaleur et d'un prurit très-incommode; elles sont extrêmement ténues; vers le quatrième jour le liquide se trouble, l'épithélium se rompt, et laisse à nu une petite excoriation rosée et superficielle, ayant parfois un fond blanchâtre, des bords un peu saillants, et dont la cicatrisation peut se faire attendre pendant sept ou huit jours. Biett a quelquefois observé Yherpes prœptUialis à l'état chronique : il y a alors des éruptions successives qui finissent par rendre la peau du prépuce rude, ratatinée, indurée; celle-ci enfin se gerce, se fendille par les moindres tractions qu'on opère sur elle.
L'herpès qui se montre sur les organes génitaux de la femme est en tout semblable à l'herpès préputial; il donne lieu, le plus souvent, à un certain nombre de petites ulcérations, parfois il n'en existe qu'une seule, mais étendue à une grande partie de la vulve. Celle-ci est le siège d'un sentiment de cuisson et de brûlure qui augmente pendant la marche et pendant l'émission de l'urine, lorsque ce liquide vient à baigner les surfaces malades.
Au début, l'herpès, qu'il siège à la vulve, sur le prépuce ou sur le gland, se caractérisera suffisamment et se distinguera de toute autre affection, par l'existence, sur un disque ou sur une plaque rouge, d'un certain nombre de vésicules petites, pointues, très-prurigineuses. L'ulcération ou plutôt Térosion, une fois établie, ne saurait être prise pour un chancre, remarquable, en général, parce qu'il est plus profond, par sa surface grisâtre et indurée, par ses bords taillés â pic et par la présence d'engorgement douloureux dans l'aine. S'il n'existait plus que des squames, on ne croirait pas à une syphilide, attendu que celle-ci produit des croûtes épaisses, dures et noirâtres.
L'herpès du prépuce n'affecte guère que les adultes et les jeunes gens; le défaut de propreté, des rapports avec des femmes sales, des frottements contre des vêtements grossiers, sont les causes principales de la maladie. Chez la femme, l'herpès vulvaire atteint spécialement celles qui négligent tout soin de propreté ; il est surtout fréquent dans les derniers mois de la grossesse.
On lave le prépuce ou la vulve avec une décoction de guimauve additionnée de quelques gouttes d'extrait de Saturne; lorsqu'il existe une ulcération, on la recouvrira de charpie râpée. Ce traitement suffit, et il n'est pas besoin de recourir au traitement énergique conseillé par MM. Ricord et Diday, consistant à panser le mal avec des bourdonnets trempés dans une solution d'azotate d'argent (4 grammes pour 30). L'herpès chronique exige des lotions alcalines, des bains de vapeur, des bains alcalins, sulfureux, et quelques laxa-
tifs. On s'opposera au resserrement du prépuce; l'opération du phimosis pourra devenir quelquefois nécessaire lorsque la longueur et Tétroitesse du prépuce sont la cause de récidives fréquentes, provoquées le plus souvent par la diffi-' culte d'entretenir les parties dans un état de propreté convenable.
B. — Variétés d'après l'arrangement des groupes. lo Du zona ou zoster.
Vherpès zoster ou zona est caractérisée par des groupes plus ou moins nombreux de vésicules siégeant sur une base enflammée, mais présentant cette circonstance très-remarquable que la maladie est toujours bornée à une moitié du corps.
SjrmptOmes. — Le zona a souvent des prodromes, tels que malaise, accablement, troubles divers des organes digestifs. Bientôt toute la peau ou l'éruption va se faire devient, dans les douze ou vingt-quatre heures qui précèdent celle-ci, le siège de cuissons, de picotements et de brûlure. L'éruption commence par des taches d'un rouge vif, irréguliëres, apparaissant en général les unes après les autres, et à la surface desquelles se dessinent tantôt de petites saillies qui ont d'abord la couleur de la peau, mais qui s'en distinguent bientôt pour constituer de petites vésicules transparentes. En trois ou quatre jours la métamorphose de la plaque est complète. En général, la rougeur dépasse d'un deml-centimëtre, plus ou moins, les limites des groupes de vésicules : celles-ci offrent tous les caractères de l'herpès. Ce sont, en effet, des groupes tantôt discrets et tantôt confluents de vésicules aplaties, opalines ou violacées, qui siègent sur un point de peau enflammée, et sont séparées par des portions de téguments tout à fait saines.
Le zona ne s'accompagne jamais d'accidents graves. Dans la période la plus aiguë, les malades ont des élancements, de la cuisson, de la chaleur et un sentiment de brûlure dans les parties affectées : les souffrances sont quelquefois assez aiguës pour empêcher complètement le sommeil. Souvent il y a un appareil fébrile médiocre, de l'inappétence, de la soif, de la constipation, ou un peu de dévoiement.
Cette éruption, disions-nous quelques lignes plus haut, est toujours bornée à une moitié du corps : c'est à peine, en effet, si quelques vésicules, au nombre de cinq ou six, dépassent parfois le raphé médian, soit antérieurement, soit en arrière. On a cité pourtant des zona qui auraient occupé tout le tour du corps; mais, ainsi que H. Cazenave le remarque, ces faits appartiennent plutôt à l'herpès phlycténolde dont nous parlerons bientôt. J. P. Frank a vu pourtant, en 1818, à la clinique de Wilna, un cordonnier qui avait deux demiceintures très-distinctes et placées sur deux plans différents, car il y avait 3 centimètres de différence entre la zone du côté droit et celle du côté gauche.
On observe, en général, le zona sur le ventre ou bien sur la poitrine, où il forme une demi-ceinture de 2 à 5 centimètres de large ; beaucoup ipoins souvent il siège sur les membres, soit qu'il reste borné à Tun d'eux, soit qu'il affecte simultanément le membre supérieur et le membre inférieur du même côté ; plus rarement encore il se développe sur le cou et sur une moitié de la face et du cuir chevelu; quelquefois même, dit M. Cazenave, il s'étend jusque dans la bouche. La maladie occupe plus souvent le côté droit que le côté gauche, et cela dans le rapport de 49 à 4, d'après J. Frank, et dans celui de 37 à 16, suivant M. Rayer. MM. Cazenave et Schedel ont également reconnu la fré-
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quence plus grande du zona sur le côté droit du corps ; Reil est du petit nombre de ceux qui ont émis une opinion contraire.
Les vésicules du zona, dont quelques-unes peuvent acquérir le volume d'une lentille ou d*un gros pois, deviennent opaques au bout de cinq à six jours; la rougeur diminue en même temps. Parmi les vésicules» les unes se flétrissent par l'absorption du liquide, d'autres se déchirent et laissent à nu le corps muqueux excorié; enfin, dans la plupart des cas, des croûtes jaunâtres et minces se forment. Lorsque celles-ci tombent, on trouve que la peau qu'elles recouvrent est brunâtre et violacée; quelquefois elles laissent â nu des excoriations, ou plutôt des ulcérations qui se cicatrisent assez lentement, en laissant des marques indélébiles; enfin, chez des vieillards débilités, on a quelquefois vu la peau siège de Téruption être frappée de grangrène. Les groupes de vésicules s'étant développés successivement, souvent â plusieurs jours de distance, il s'ensuit qu'on peut voir sur le même sujet la maladie parvenue à ses différentes phases, sans compter que quelques vésicules se flétrissent tout de suite et avortent. La durée du zona varie entre un et trois septénaires : il ne passe jamais â l'état chronioue.
Le plus souvent le zona ne laisse aucune soufirance après lui; cependant il n'est pas rare de voir, surtout chez les vieillards, les points qui ont été occupés par la maladie être le siège de douleurs aiguës, lancinantes ou de brûlure n'augmentant point par la pression : ces douleurs, évidemment névralgiques, sont parfois rebelles et résistent opiniâtrement pendant des mois et même durant plusieurs années.
Diagnostic. — Le caractère vésiculeux de la maladie, des vésicules disposées par groupes, siégeant exclusivement sur une moitié du corps, forment une réunion de caractères qui n'appartiennent qu'au zona. Il est inutile, par conséquent, de réfuter ces auteurs qui n'ont décrit le zona que comme une variété de l'érysipèle; car si ce dernier, comme nous l'avons vu, se complique parfois des vésicules, celles-ci néanmoins sont irrégulières, et il est impossible de les confondre avec celles qu'on trouve dans le zona.
Pronostic. — Le zona n'est presque jamais grave, excepté pourtant dans les cas très-rares où la maladie est suivie de gangrène; on dit que quelquefois il a été critique.
Étiologie. — Le zona affecte plus souvent les hommes, les sujets jeunes, ceux dont la peau est blanche; il est plus fréquent dans les saisons chaudes et humides : on l'a vu quelquefois régner épidémiquement. Les causes qui le développent sont â peu près inconnues ; les seules dont H. Cazenave ait constaté ou plutôt soupçonné l'existence, sont les perturbations nerveuses et les influences morales.
Traitement. — Le repos, les bains tièdes, les boissons acidulés, les préparations d'opium si la cuisson empêche le sommeil, sont les seuls moyens qu'il convient généralement d'employer. On s'abstiendra d'appliquer aucun topique, et surtout des cataplasmes, car ils favorisent les ulcérations. M. Cazenave, pour prévenir le déchirement des vésicules, est dans l'habitude d'oindre avec un peu d'huile les parties malades, et de les saupoudrer ensuite avec de l'amidon sec. Il en résulte une espèce d'enduit inerte qui abrite la vésicule contre toute espèce de frottement, e( lui permet de suivre ses phases sans être suivie de déchirures et d'ulcérations. C'est donc là un moyen utile pour prévenir de petites complications, mais il n'abrège en rien la durée de l'affection.
Quelques personnes ont essayé de faire avorter le zona en cautérisant lés vésicules avec un crayon d'azotate d'argent; mais, quoi qu'on en ait dit, cette mé-
thode n*a pas grand avantage, et surtout elle n'abrège pas sensiblement la durée de la maladie. Nous en dirons autant des applications de collodion.
Les ulcérations succédant à la chute de croûtes seront pansées avec du cérat opiacé ou de Saturne, butile de dire que, chez les individus affaiblis par Tâge ou par la misère, surtout lorsque les ulcérations se forment ou que la gangrène est imminente, il faut seconder le traitement local par une médication générale : c'est ici que les toniques, le quinquina, le vin, sont spécialement indiqués.
Les douleurs névralgiques qui persistent plus ou moins longtemps après la guérison de la maladie seront surtout attaquées à l'aide d'un ou plusieurs vésicatoires volants. On pourrait aussi tenter contre elles les injections sous-cutanées avec la morphine ou l'atropine; enfin, à l'exemple de H. Bazin, on pourrait donner les préparations arsenicales à l'intérieur; elles lui ont réussi dans deux cas très-rebelles.
2» De rherpès circinatnt.
Vherpes eircinatus est caractérisé par des vésicules très-petites, siégeant sur un fond rouge et formant des anneaux ou des cercles complets dont le centre est intact.
Symptômes. — Une rougeur pouvant n'avoir que l'étendue d'une pièce d'un franc, ayant d'autres fois 5 ou 6 centimètres de diamètre, de forme ronde ou ovale, moins foncée au centre qu'à la périphérie, constitue le premier degré de la maladie. Bientôt la circonférence se garnit de vésicules très-petites et globuleuses; le liquide que celles-ci contiennent, d'abord transparent, se trouble ensuite; la dessiccation s'opère plus tard; enfin les croûtes tombent : la maladie est alors terminée, et il ne reste plus qu'une rougeur vive, qui disparait lentement. Le centre de l'anneau, où pourtant on ne voit jamais de vésicules, mais qui a*été le siège d'une rougeur plus ou moins vive, s'exfolie quelquefois.
L'herpès circinalus est une affection très-bénigne, ne produisant qu'un peu de cuisson ou de prurit; sa durée moyenne est de huit à dix jours; cependant, s'il exisie un grand noinbre d'anneaux et s'ils se sont développés successivement, la maladie peut se prolonger pendant deux ou trois septénaires.
Diagnostic. — Le diagnostic ne peut présenter, en général, aucune difficulté sérieuse. Nous verrons plus tard que si l'aspect de l'éruption herpétique, à certaines périodes, lui donne un peu de ressemblance avec la lèpre^ avec le lichen circumscriptus et avec le porrigo sciUulata, cependant il y a dans les caractères extérieurs de ces affections assez de dissemblance pour qu'un œil attentif les distingue aisément.
Ëtiologie. — Uherpes drcinatus affecte souvent les enfants et les jeunes personnes; les filles blondes, dont la peau est fine et blanche, y sont trèssujettes. Les anneaux herpétiques peuvent se développer sur toutes les parties du corps, mais on les voit surtout sur les joues et au menton.
Traitement. — Les lotions alcalines ou légèrement astringentes avec l'alun, avec le sulfate de zinc et le sous-acétate de plomb, sont le seul traitement qu'il convient d'opposer à cette affection légère.
3o De rherpès pblycténolde.
On donne le nom i'herpès phlyClénoide^ pMycténoïde miliaire^ à une éruption de vésicules agglomérées en plus ou moins grand nombre sur une peau endammée et disposées en plaques plus ou moins irrégulières.